img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Garde de l’enfant et mariage mixte, un autre volet à réviser dans la Moudawana

La bataille autour de la garde de l’enfant est d’autant plus difficile en cas de mariage mixte. C’est ce que rappelle un récent cas à El Jadida, dévoilé par l’association "Touche pas à mon enfant". Celle-ci estime que la garde de l’enfant dans le mariage mixte est à revoir dans le cadre de la réforme en cours de la Moudawana.

Garde de l’enfant et mariage mixte, un autre volet à réviser dans la Moudawana
Par
Le 21 février 2024 à 16h40 | Modifié 22 février 2024 à 6h56

Dans un communiqué publié ce 21 février, l’association Touche pas à mon enfant “condamne l’application arbitraire de la procédure de révocation de la garde d’un enfant”. Elle fait référence à un récent cas à El Jadida, dans le cadre duquel une mère a perdu la garde de son enfant et se retrouve contrainte à exécuter cette décision, même si elle s’est pourvue en cassation.

De plus, l’absence du père étranger du territoire marocain soulève de nombreuses questions sur l’intérêt de retirer l’enfant à sa mère, mais aussi sur les réformes à prévoir dans le prochain Code de la famille pour mieux protéger l’enfant issu d’un mariage mixte.

Exécution malgré la suspension

Dans cette affaire, une mère a été révoquée de son droit de garde sur sa fille âgée de 7 ans. La décision prononcée en premier ressort a été confirmée par la cour d’appel d’El Jadida, avant que la mère ne se pourvoie en cassation. Une telle mesure suspend de facto l’exécution du jugement, conformément à l’article 361 du Code de procédure civile. Mais cette disposition n’est pas respectée dans le cas d’espèce. C’est en partie ce que dénonce l’association.

De plus, le père, citoyen d’un pays du Golfe, qui réside en dehors du territoire marocain, a mandaté un tiers afin que l’enfant lui soit remise. Pour l’association, “cela mettra en danger son bien-être et portera atteinte à sa dignité en tant qu’enfant marocaine”.

“C’est pourquoi l’organisation exprime son soutien inconditionnel à l’enfant et s’engage à recourir à tous les moyens légaux et militants pour rétablir la situation dans sa normalité, préserver sa dignité et garantir ses droits”, lit-on dans ledit document.

Contacté par nos soins, Me Hicham Hartoum, qui représente l’organisation, indique que “les décisions de justice sont sacrées mais qu’il est possible de faire un recours lorsqu’on en est insatisfait”. Selon lui, “il faut considérer que cette enfant est comme notre fille à tous” et prendre en compte les particularités de cette affaire où “la révocation de la garde a été basée sur des photos de la mère qui ont été prises par son mari pendant la période de mariage. Chose qui n’a pas été prise en compte ni en premier ni en second ressort”, déplore Me Hartoum.

“Le père a pris ces photos et les a gardées pour menacer la mère avec, puis pour lui faire révoquer son droit de garde”, poursuit-il.

Dans tous les cas, même si ces jugements ont été en défaveur de la mère, celle-ci s’est pourvue en cassation, ce qui implique, selon notre interlocuteur “une suspension d’exécution du jugement. Et ce, selon l’article 361 du Code de procédure civile”.

“Si certains peuvent dire que cela ne s’applique pas à la révocation de la garde, car elle ne fait pas partie du statut personnel, il faut leur rappeler que c’est la chambre du statut personnel qui a prononcé cette décision. Et celui qui veut faire exécuter ce jugement doit d’abord présenter un certificat négatif selon lequel il n’y a pas de pourvoi en cassation”, précise Me Hartoum.

Mariage mixte : la nécessaire infrastructure juridique

Par ailleurs, il estime que “même s’il n’y avait pas de pourvoi en cassation, on ne peut pas donner l’enfant à un tiers. Son père, étant un étranger, ne peut pas se rendre sur le territoire marocain pour l’instant. Il a donc établi une procuration au profit d’une tierce personne pour que celle-ci récupère l’enfant en attendant l’arrivée du père sur le sol marocain”.

Or, pour Me Hartoum, "il faut au moins que l’enfant reste avec sa mère en attendant l’arrivée du père. Surtout que dans le cas d'espèce, la mère s’est pourvue en cassation. Selon cet avocat, il est nécessaire d'attendre que la plus haute juridiction du Royaume rende son arrêt. Si celui-ci confirme la révocation de la garde, dans ce cas le père récupérera l’enfant”.

Une telle situation pose problème et nécessite l’intervention du législateur. Pour Me Hartoum, “le législateur a institué le mariage mixte, il doit également instituer l’infrastructure juridique qui va avec. Car il faut savoir que si le parent qui détient la garde est un étranger et qu’il prend l’enfant et s’en va dans son pays d’origine, l’autre parent ne pourra voir son enfant que s’il y a un accord bilatéral entre le Maroc et le pays d’origine du parent qui a la garde. Et même en cas d’accord bilatéral entre les deux pays, il faut que le parent obtienne le visa et tout document nécessaire pour se rendre au pays étranger”. Autrement dit, il n’y a pas de mesure spéciale ou de facilité pour les parents qui se trouvent dans de telles situations.

Pour Me Hartoum, “le prochain Code de la famille doit s’arrêter sur le mariage mixte et régler ce genre de problématique à travers cette réforme”.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 21 février 2024 à 16h40

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité