Moudawana : “On s’attend à une égalité homme-femme parfaite dans les textes de loi” (Ghizlane Mamouni)
La campagne "Moudawana Kan Tsana", récemment lancée, entend renforcer la mobilisation citoyenne, surtout celle des femmes et des jeunes, nécessaire pour la réforme du Code de la Famille.
Un rassemblement d’associations et de citoyens engagés ont lancé, le 1er mars, une campagne de mobilisation dédiée à la réforme du Code de la famille, intitulée "Moudawana Kan Tsana". Elle a été lancée sur les réseaux sociaux, la radio, l’affichage urbain et la presse.
Contactée par Médias24, Ghizlane Mamouni, présidente de l’association Kif Mama Kif Baba, qui fait partie du rassemblement soutenant cette campagne, nous explique : "L’objectif derrière cette initiative, réalisée gratuitement et avec la bonne volonté des parties prenantes, est de créer un regroupement citoyen et bénévole pour que chacun puisse exprimer ce qu’il attend de cette réforme de la Moudawana".
"Nous sommes actuellement en train de réaliser des micros-trottoirs avec les jeunes pour que chacun exprime ses attentes", poursuit-elle. "Cette campagne prévoit beaucoup de contenus dans ce sens".
Le groupement a également organisé un sit-in le 8 mars à 17h30 sur la place Mohammed V à Casablanca pour susciter le débat autour de cette réforme.
Ghizlane Mamouni affirme "attendre la deadline du 26 mars pour voir comment orienter cette campagne". Initialement prévue pour une durée de 30 jours, elle pourra être prolongée, précise-t-elle.
Pour rappel, le Roi Mohammed VI a en effet fixé en septembre dernier un délai de six mois, qui prend fin le 26 mars, pour lui soumettre les propositions d’amendement avant l’élaboration, par le gouvernement, d’un projet de loi pour la réforme du Code de la famille.
"La contribution de chacun est importante"
Ghizlane Mamouni insiste sur un point : "La contribution de chacun est très importante. Chaque citoyen est ou sera concerné, un jour ou l’autre, par la Moudawana dans le cadre du mariage, du divorce, de l’héritage".
"Si l’on ne veut pas subir les règles de ceux qui sont plus nombreux, nous devons nous aussi nous faire nombreux. Notre défi est de réinvestir l’espace digital et de le concrétiser ; rester derrière l’écran ne suffit pas. Dès les années 2000, cet espace numérique a été accaparé par des mouvements conservateurs ou extrémistes qui ont alimenté la peur ou utilisé la religion à des fins politiques".
Cette avocate de profession appelle toutes les femmes et les jeunes à se manifester pour l’instauration d’une égalité homme-femme, et surtout pour la défense de l’intérêt supérieur de l’enfant.
"On s’attend à une égalité parfaite dans les textes de loi"
"En tant que féministe, je veux 100% d’égalité homme-femme dans les textes de loi. Les femmes ont les mêmes devoirs que les hommes, elle méritent naturellement les mêmes droits", revendique-t-elle. "Même après la réalisation d’une égalité parfaite dans les textes de loi, notre défi sera de faire en sorte que ces règles soient appliquées et de transformer nos consciences collectives. Le combat sera loin d’être terminé."
Kif Mama Kif Baba s’apprête à lancer une plateforme de formation en droit. "Pour permettre à chacun de connaître ses droits, mais aussi les injustices liées à ces droits". L’association est également incubatrice de défenseurs des droits humains. "Nous aidons les jeunes à appliquer et développer leurs idées", conclut-elle.
“Moudawana Kan Tsana”, une campagne de sensibilisation dédiée à la réforme du Code de la famille
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