Mounir Jazouli, la figure 2.0 du Groupement des annonceurs du Maroc
Vice-président du Groupement des Annonceurs du Maroc de 2011 à 2014, et président durant deux mandats de 2014 à 2019, Mounir Jazouli a été l’un des défenseurs du digital à une époque où ce secteur n’en était qu’à ses premiers pas dans le pays. Il insiste désormais sur les formations aux nouveaux métiers.
"Le digital est aujourd’hui une évidence, il n’est plus sujet à débat", affirme Mounir Jazouli, qui a marqué de son empreinte le paysage du digital au Maroc, notamment en sa qualité de vice-président puis président du Groupement des Annonceurs du Maroc, et qui chapeaute le Pôle Communication & Relations institutionnelles à Bank of Africa. Sa vision avant-gardiste l’a propulsé en pionnier du digital, à une époque où ce domaine n’en était qu’à ses balbutiements.
"Le digital s’est introduit dans notre quotidien ; il devient de plus en plus le nouveau standard de communication, de travail et de consommation", rappelle-t-il.
Selon lui, le débat doit se concentrer aujourd’hui sur le développement des compétences et des savoirs nécessaires pour naviguer efficacement dans cet écosystème en constante évolution. "De nouveaux métiers voient le jour et viennent accompagner et soutenir l’expansion d’une nouvelle ère digitale", souligne Mounir Jazouli. En effet, l’adoption généralisée du digital a ouvert la voie à des spécialisations telles que l’analyse de données, la sécurité informatique, le développement de solutions basées sur l’IA et bien d’autres. Ces métiers, "autrefois considérés comme futuristes ou comme des niches, sont aujourd’hui au cœur de l’économie numérique".
Aujourd’hui aussi il est question du Web 3.0 et même du Web 4.0, qui constituent "le nouveau front sur lequel des pionniers se projettent", ajoute Mounir Jazouli. Il explique qu’avec ces technologies sous-jacentes comme la blockchain, la décentralisation ou la tokenisation, le Web 3.0 ouvre la voie à des applications et services innovants qui révolutionnent de nombreux secteurs.
Pour cela, l’engagement envers l’éducation et la formation sur ces nouveaux rôles professionnels est primordial pour préparer les professionnels marocains à cette nouvelle vague d’innovations. "Le développement de compétences spécifiques au Web 3.0, telles que la programmation de contrats intelligents, la gestion de projets basés sur la blockchain ou l’IA générative, est essentiel pour saisir les opportunités actuelles et futures qu’offre cette évolution", insiste Mounir Jazouli.
Le Digital Summit, plateforme de partage et de sensibilisation sur le 2.0
C’est sous son impulsion que le Moroccan Digital Summit a vu le jour en décembre 2014 à Casablanca, pour accompagner le début d’une nouvelle ère pour le digital au Maroc. Le succès retentissant de cette première édition, réunissant plus de 450 participants, avait mis en lumière l’écosystème digital naissant et encouragé Jazouli à étendre sa vision à l’échelle africaine avec lors de la deuxième édition de l’African Digital Summit. Avec plus de 800 participants venus de divers pays africains, l’événement a gagné en envergure et en influence. D’ailleurs, cette initiative a été saluée sur la scène internationale, lorsqu’elle a été primée par la Fédération mondiale des annonceurs (WFA) en 2018 à Tokyo, lors de la Semaine mondiale du marketing.
"Le Moroccan Digital Summit, qui est ensuite devenu l’African Digital Summit, a non seulement sensibilisé à l’importance du digital, mais a également stimulé une prise de conscience collective sur la nécessité d’accélérer la transformation digitale des entreprises", affirme Mounir Jazouli.
A l’époque, face à l’usage des nouvelles technologies, les annonceurs marocains pouvaient être classée en trois grandes catégories.
La première est celle des précurseurs. Dotés d’une vision claire de l’avenir, ils n’ont pas hésité à investir significativement dans les technologies en allouant les ressources et les budgets nécessaires pour accompagner leur transition numérique.
La seconde catégorie regroupait ceux qui ont adopté une démarche plus superficielle et hésitante vis-à-vis du digital. "Sans stratégie digitale cohérente ni investissement substantiel en termes de moyens et de ressources, leurs efforts se limitaient souvent à des actions ponctuelles, comme le lancement d’un réseau social, la création d’une page internet ou le recours à la publicité display", se souvient Mounir Jazouli.
Enfin, la troisième catégorie incluait ceux qui "restaient fermés à l’idée même du digital, y compris certains grands groupes marocains", note-t-on. Il explique que cette réticence pouvait être attribuée à divers facteurs, comme la méconnaissance des potentiels offerts par le digital, une résistance au changement ou une sous-estimation des impacts à long terme de la digitalisation sur leur secteur.
Dans ce cadre, Mounir Jazouli affirme que le Digital Summit a joué un rôle crucial en ouvrant le débat sur le numérique au grand public et aux entreprises, en apportant de la clarté et en traçant la voie à suivre. Il a mis en lumière l’accélération rapide des évolutions technologiques et a souligné l’importance de rester à jour avec les tendances.
"Il a permis l’échange d’idées et l’utilisation de l’intelligence collective pour décrypter les complexités du digital, et équipé les participants d’outils pour la prise de décision stratégique, comme l’Étude du Digital, qui a été présentée lors de l’événement et a mis en évidence des insights profonds sur les tendances pour permettre aux acteurs du secteur de structurer leur réflexion stratégique."
De même, "le partage des cas de réussite a encouragé l’adoption de meilleures pratiques et inspiré les virages digitaux au sein de la communauté digitale".
En somme, "les African Digital Summit ont agi comme un véritable catalyseur, voire une locomotive, pour la transformation numérique au Maroc, impulsant une dynamique que d’autres acteurs publics et privés ont brillamment poursuivie en sensibilisant les entreprises aux enjeux du digital", conclut Mounir Jazouli.
Les initiatives de Mounir Jazouli pour une publicité inclusive et responsable
Mounir Jazouli a été un leader impactant dans l’histoire du GAM. Plusieurs projets importants ont été concrétisés sous sa houlette. On peut citer l’organisation, en partenariat avec la Fédération mondiale des annonceurs, d’un des plus grands évènements mondiaux du marketing, le Global Marketer Week, pour la première fois en Afrique, à Marrakech, en 2015, avec plus de 450 participants issus d’une trentaine de pays.
Il cite également "un autre projet qui [lui] tenait à cœur : l’inclusion des PME dans les activités du GAM, dans l’objectif de décentraliser nos activités, de démocratiser l’accès à l’expertise en publicité pour les TPME dans les régions et de favoriser le partage d’expérience et d’expertise entre les grandes entreprises du GAM et ces acteurs économiques régionaux", affirme-t-il. Il a ainsi initié une série de rencontres régionales baptisée "Les Matinées PME.com", qui se tenaient hors de l’axe Casablanca-Rabat, dans des villes comme Tanger ou Marrakech.
Mounir Jazouli témoigne également d’un engagement profond pour le social. Il a mis en œuvre des projets phares liés à des sujets sociétaux comme "la contribution à l’Observatoire national de l’image de la femme dans les médias avec plusieurs départements ministériels, et la contribution à l’initiative du 'Trophée Tilila', portée par le comité parité de 2M", souligne-t-il. Ces projets, ainsi que d’autres dans la protection des données personnelles et la propriété intellectuelle, témoignent de sa volonté d’adresser des enjeux sociétaux et stratégiques essentiels pour les marques et la société dans son ensemble.
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