Maroc-France: Ce que pensent la CGEM et le MEDEF de la reprise des relations économiques
En marge du forum d'affaires des dirigeants des patronats marocain et français, intitulé "Ensemble vers un élan renouvelé des opportunités socio-économiques", Médias24 a échangé avec le vice-président général de la CGEM, Mehdi Tazi, et le président du MEDEF, Patrick Martin, sur l’impact de cette rencontre qui marque la relance des relations bilatérales sur le plan économique.
Lors de l’ouverture du forum d'affaires Maroc-France par la ministre marocaine de l’Economie et des finances et par son homologue français, Nadia Fettah a déclaré que cet événement s’inscrivait dans une volonté commune "de renouveler le partenariat ", tandis que Bruno Le Maire l’a qualifié de "renaissance des relations" après une période de froideur qui a connu son épilogue lors des récentes visites du ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné et de son collègue chargé du commerce extérieur, Frank Riester.
"Une reprise qui s’inscrit dans un bon timing"
Invité à commenter cette reprise, le vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, nous a déclaré que ce forum allait accélérer la coopération économique après plusieurs années de baisse d’intensité des relations entre les entreprises des deux pays.
"Pendant cette période, le Maroc a cependant fait beaucoup de progrès en termes de portage de grands projets structurants. Il est ainsi devenu l’une des cinq plateformes de production d’énergie décarbonée les plus compétitives au monde. On peut donc parler d’un alignement des astres grâce à la vision élaborée par Sa Majesté, dont nous allons commencer à récolter les fruits", a souligné Mehdi Tazi, qui tout en se réjouissant d'une relance qui s’inscrit dans un timing mondial de décarbonation espère que les promesses françaises d'investissements au Maroc se concrétiseront réellement.
"Le rapprochement économique ouvrira la voie à des avancées politiques"
À la question de savoir si la reprise devrait passer par des investissements français dans les provinces du Sud, le vice-président général de la CGEM a tenu à préciser que les opérateurs privés marocains s’inscrivent totalement dans le cap fixé par le souverain à l’ensemble des partenaires économiques du Royaume; à savoir que le Sahara marocain est le prisme par lequel le Maroc évaluera désormais toutes ses relations étatiques.
Sur le changement de position politique de la France sur la question du Sahara marocain souhaité par le Maroc, Mehdi Tazi n’a pas exclu que le renforcement actuel des relations économiques bilatérales finisse par lui ouvrir la voie, à l’image de pays comme "l’Espagne et les États-Unis, qui ont pris ce virage en s'inscrivant dans le cours de l’histoire".
Et de se féliciter de la proposition inédite du gouvernement français de vouloir partager avec le Maroc son expertise nucléaire qui constituerait, selon lui, un gage de confiance très fort augurant d’autres avancées majeures pour l'avenir.
"Nos organisations patronales n’ont jamais coupé les ponts"
Tout aussi optimiste sur la redynamisation actuelle des relations économiques, le président du MEDEF, Patrick Martin, a tenu à rappeler que "malgré une situation diplomatique flottante pendant la période de froideur politique, les ponts n’ont jamais été coupés entre les opérateurs du secteur privé".
Durant tout ce temps, les deux organisations patronales auront en effet continué à communiquer dans le cadre d’une diplomatie économique active, a-t-il précisé.
Reconnaissant "un peu de retenue" dans les échanges bilatéraux avant la reprise, le patron des patrons français s’est dit persuadé que le réchauffement actuel des liens économiques facilitera celui des rapports politiques, à l’instar de ce qui s’était passé entre la France et l’Italie lors de l’épisode des gilets jaunes, où les organisations patronales avaient largement contribué au rapprochement des deux gouvernements.
"Le patronat est prêt à investir dans les provinces du Sud du Maroc"
La multiplication des visites de ministres français au Maroc va permettre d’inaugurer une nouvelle phase d’accélération des partenariats économiques win win dans les grands projets structurants marocains dans les domaines industriels, énergétiques, financiers et des infrastructures, a encore souligné Patrick Martin.
"De par leur solide expérience à l’international, un grand nombre d’entreprises françaises ont en effet toute légitimité pour se positionner, dans le cadre d’une saine concurrence, sur tous les grands projets actuels du Maroc", a estimé Patrick Martin.
Et de préciser que le patronat français est prêt à s’impliquer dans des appels d'offres et à investir sur tout le territoire marocain, y compris dans les provinces du Sud.
"Le partage de l’expertise nucléaire avec le Maroc, un vrai signe de confiance"
Enfin, sur la proposition française de partager son expertise nucléaire avec le Maroc, Patrick Martin a estimé que le partage d’un enjeu aussi sensible, sous contrôle exclusif de l’État français, est une marque significative de l’engagement et de la confiance de la France dans son partenaire séculaire marocain.
"Sachant qu'une puissance nucléaire comme la France ne peut pas permettre à tous les pays de la planète d’accéder à ce type d’énergie à cause des potentielles dérives en termes de menace atomique, la proposition d'équiper le Maroc en centrales nucléaires est un signe extrêmement fort qui ne trompe pas sur la solidité des liens bilatéraux", a conclu le président du patronat français en ajoutant que cette proposition témoigne de la volonté française de reprendre et de renforcer la coopération bilatérale.
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