Le plaidoyer de Omar Hilale pour une approche globale de la préservation du patrimoine culturel en cas de conflit armé
L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a plaidé, le mardi 25 juin à Rabat, en faveur de l'achèvement de l'universalisation de la Convention de La Haye 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé, et de ses protocoles.
"La communauté internationale gagnerait à adopter une approche globale, holistique et intégrée qui favorise la préservation du patrimoine culturel pendant les crises humanitaires" en vue d’assurer une meilleure protection du patrimoine culturel en temps de crises humanitaires, a souligné Omar Hilale, qui s'exprimait lors d'un colloque international sur "la protection du patrimoine culturel lors des crises humanitaires et la question de l'effectivité", organisé à Rabat en commémoration du 70e anniversaire de la Convention de La Haye de 1954.
Il a, dans ce sens, insisté sur l'importance de la promotion du dialogue interculturel, du renforcement de la coopération internationale, de la sensibilisation des populations locales sur l'importance de la préservation du patrimoine culturel et de la planification des formations pour les acteurs humanitaires.
Dans sa présentation axée sur le "rôle de l’ONU dans la protection des biens culturels lors des crises humanitaires", l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU a indiqué que "les Etats membres doivent se doter de législations nationales efficaces pour la mise en œuvre de la Convention de La Haye de 1954 et de ses protocoles, afin que leurs armées veillent, en cas de conflit, au respect de leurs obligations en vertu de cette Convention".
"L'ONU devrait établir des directives claires et précises destinées aux opérations de maintien de la paix afin d'intégrer le patrimoine culturel dans leurs missions, y compris des protocoles de protection, la documentation et la prévention des dommages au patrimoine culturel", a-t-il poursuivi.
Omar Hilale a, en outre, mis en exergue le rôle de l’intelligence artificielle dans la surveillance des sites culturels en temps réel par le biais des données historiques pour élaborer des plans futurs de prévention des risques, notamment en repérant les anomalies et en prévenant les dommages.
"L’IA peut aussi contribuer à la préservation de l'histoire et sa transmission aux générations futures, à travers la documentation des données et la génération de sites virtuels", a-t-il poursuivi.
Omar Hilale a, à ce propos, noté que le Maroc s'active sans relâche pour la préservation du patrimoine culturel mondial, rappelant, à cet égard, la ratification par le Royaume de toutes les Conventions de l'Unesco en matière de protection et de préservation du patrimoine culturel.
412 sites historiques endommagés en Ukraine
Lors de ce colloque, Omar Hilale a cité l'exemple des attaques contre le patrimoine humain commun en raison de l'intolérance, en évoquant les "tentatives de judaïsation de Jérusalem", qu'il a qualifiées d'actes "condamnables et dangereux, face auxquels le monde reste impuissant". Il a ajouté que cette situation est exacerbée par l'aggravation des conflits et des crises, mentionnant les conséquences de la guerre à Gaza et en Ukraine, où de nombreuses mosquées et églises ont été détruites, dénombrant, en Ukraine seulement, 137 édifices religieux, 31 musées et 191 immeubles historiques.
Dans ce contexte, Omar Hilale a rappelé l'importance du droit international qui doit protéger ce patrimoine, affirmant qu'il ne suffit pas de s'engager dans des conventions, mais qu'il doit y avoir des mécanismes nationaux et des lois conformes aux protocoles internationaux dans ce domaine.
Compte tenu de la situation actuelle, marquée par les crises et les violations, et afin de mieux protéger le patrimoine humain, Omar Hilale a affirmé que la communauté internationale doit être active pour généraliser la Convention de La Haye et tous les protocoles associés. Il a exhorté les États à œuvrer au niveau du droit national pour promulguer des lois protégeant le patrimoine et conformes aux lois internationales établies à cet effet.
Initié en collaboration avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, ce colloque s’inscrit dans le cadre de la commémoration par la communauté internationale du 70e anniversaire de l’adoption en 1954 de la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.
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