Voici pourquoi le kilogramme de poulet dépassera les 20 DH en août
Stable depuis fin Ramadan, le prix du poulet pourrait augmenter dans une dizaine de jours, pour atteindre au mois d’août plus de 20 DH par kilogramme. Avec l'augmentation des prix de la viande rouge, les consommateurs sont plus nombreux à consommer la viande de volaille, impactant ainsi la demande à la hausse et, par ricochet, le prix.
Le prix du poulet devrait augmenter dans une dizaine de jours, apprend Médias24 auprès d’un membre de l’Association nationale des producteurs des viandes de volaille (APV), relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA).
Le poulet pourrait dépasser les 20 DH en août
"Le prix actuel du poulet chair, sortie ferme, varie entre 13 et 14 DH/ kg", explique notre source. "Si l’on rajoute la marge de transport et d’abattage par les riachats, le prix du kilogramme atteint jusqu’à 16 à 17 DH. Il s’agit du prix final payé par le consommateur".
"Dans une dizaine de jours, ce prix devrait augmenter pour atteindre 20 DH ou plus par kilogramme en août", prévoit par ailleurs notre interlocuteur.
Plusieurs facteurs sont responsables de cette hausse. D’abord la chaleur, qui impactera à la baisse la production, selon une autre source de l’APV jointe par nos soins. L’autre facteur cité a trait à la surconsommation durant l’été en raison du retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE), de l’arrivée des touristes, mais aussi du démarrage de la période des fêtes et des mariages.
Par ailleurs, "lorsque les prix avaient baissé vers la fin du mois de Ramadan, les investissements dans le secteur ainsi que la mise en place avaient également baissé, ce qui impactera négativement l’activité durant le mois d’août", ajoute notre première source.
La volaille impactée par la hausse des prix de la viande rouge
"La hausse des prix de la viande rouge cette année a également impacté l’activité dans le secteur de la volaille", poursuivent nos deux sources, "la volaille étant la seule alternative pour les consommateurs en termes de viande".
"Si l’on compare le prix d’un kilogramme de poulet et d’un kilogramme de viande rouge prêts à être cuits, la différence de prix est énorme. Elle est d’environ 100 DH. Le kilogramme de poulet pourrait coûter jusqu’à 17 DH contre 120 à 130 DH pour la viande ovine notamment".
En effet, comme annoncé dans des articles précédents par Médias24, les prix de la viande rouge atteignent des niveaux records cette année. Actuellement, au niveau des abattoirs de Casablanca, le prix de gros des bovins est de 95 DH/ kg contre 120 DH/kg pour la viande ovine. Selon les professionnels du secteur, cette tendance haussière devrait se poursuivre.
"Les consommateurs sont donc de plus en plus nombreux à consommer de la viande de volaille, ce qui impacte à la hausse la demande et les prix. Contrairement aux aliments composés par exemple, dont le prix dépend principalement du coût de production, le prix du poulet dépend de l’offre et de la demande".
Aliments composés : la baisse des prix des matières premières pas encore complètement répercutée au Maroc
Le prix des aliments composés est également l'un des éléments qui affectent le prix du poulet. Si ce dernier accuse une baisse depuis début 2023, il demeure encore élevé par rapport au prix des matières premières à l’international et au prix des aliments pratiqué en 2021-2022 au Maroc, déplorent les professionnels sondés par Médias24.
Selon notre source à l’APV, "malgré les baisses enregistrées depuis début 2023, les prix des aliments composés restent encore relativement élevés".
"Ces aliments sont composés de 65% de maïs et de 25% de soja. 90% des matières premières composant ces aliments sont ainsi importées, puisqu’elles ne sont pas produites au Maroc".
"Le prix de ces matières suit la Bourse de Chicago, qui a enregistré en 2021-2022 une hausse vertigineuse après la crise du Covid-19. Si la dégringolade a commencé en 2023, les prix pratiqués au Maroc restent encore élevés", regrette-t-il.
"La hausse enregistrée en 2021-2022 est estimée à environ 78%. À l’international, les prix des matières premières ont baissé d’environ 40%, contre une baisse répercutée au Maroc d’à peine 22% depuis le début de l'an passé. Il reste ainsi encore une grande marge" pour les producteurs de ces aliments.
Et notre source de poursuivre : "En 2021-2022 le prix du kilogramme des aliments composés, qui était initialement de 3,25 DH, est passé à 5,65 DH. Actuellement il est de 4,20 DH/ kg. La baisse des matières premières à l'international n’a donc pas encore été totalement répercutée au Maroc, ce qui impacte l’activité du secteur", et plus précisément le prix de revient du poulet sortie ferme.
"Si ce prix s’élevait à 10 DH/kg par exemple, les éleveurs auraient pu vendre le poulet chair sortie ferme à environ 12 DH/kg, et avoir la possibilité d’investir pour augmenter la production. En revanche, lorsque que le coût de revient avoisine les 16 DH/kg, comme c'est le cas actuellement, contre un prix de vente plus faible, les éleveurs travaillent à peine pour garder leurs salariés et maintenir leur activité. Ils n’investissent pas", d’autant qu’avec l’inflation, le pouvoir d’achat a drastiquement baissé.
Selon une autre source de l'Association, "la baisse des prix de ces aliments devrait se poursuivre durant les prochains mois".
"C’est ce qui est ressorti de la dernière assemblée générale de la FISA", assure le même interlocuteur. "La tendance baissière devrait ainsi se poursuivre jusqu'à la fin de l’année courante, puisque la récolte notamment aux Etats-Unis a augmenté. Les plus grands producteurs du pays ont obtenu de bons rendements en termes de production de matières premières".
À découvrir
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.