Filière oléicole. Des mesures pour encourager l'importation d’huile d’olive
À cause des conditions climatiques défavorables, les acteurs de la filière oléicole s’attendent à une récolte d’olives inférieure à celle de la campagne précédente. Pour atténuer la hausse des prix redoutée par les consommateurs, le ministère de l’Agriculture envisage d'encourager l’importation d’huile d’olive en diversifiant les sources d'approvisionnement et en simplifiant les procédures de contrôle sanitaire.
En raison d'une baisse de la production d'olives causée par la sécheresse persistante, l'huile d'olive, jadis abondante et accessible, est désormais plus rare et coûteuse pour les consommateurs marocains. Les conditions climatiques difficiles affectent non seulement les récoltes, mais aussi la disponibilité et le prix de cet ingrédient incontournable de la cuisine marocaine. L'année dernière, le prix du litre d’huile d’olive a dépassé les 100 DH, soit presque trois fois plus qu'en 2021.
Cette année encore, la tendance haussière devrait se poursuivre, puisque la production risque d’être inférieure à celle de la campagne précédente. En vue de juguler une nouvelle hausse des prix, le ministère de l’Agriculture prévoit d’encourager davantage les importations. Contactée par Médias24, une source au sein de ce ministère assure que "pour l’instant, l’importation ne concernera que l’huile d’olive et non les olives".
Des informations confirmées par Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, au micro de nos confrères du média arabophone Goud.ma. "Les importations seront encouragées pour faire baisser les prix sur le marché intérieur, car nous constatons une baisse de près de 50% de la production d'olives depuis 2021, une tendance similaire observée dans plusieurs pays du bassin méditerranéen", a précisé Mohammed Sadiki.
En effet, à l’automne 2021, le Maroc avait enregistré une production record de 1,9 million de tonnes d’olives. En 2023, la récolte avait à peine dépassé le million de tonnes (1,07 million de tonnes). "Cette situation a conduit à l'interdiction d'exporter les olives en vrac, afin de privilégier leur transformation locale et de mieux approvisionner le marché national", indique le ministre de l’Agriculture dont le département envisage donc d’encourager l'importation d’huile d’olive.
Une décision qui est loin d’être inédite. "Importer n'est pas une nouvelle décision. L'importation est une pratique courante à laquelle nous recourons chaque année en fonction de la quantité produite localement et des prix aussi. Nous importons principalement de l'huile d'olive, très rarement des olives", nous expliquait dans un précédent article, Rachid Benali, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de l'olive (Interprolive).
"Cette année, nous cherchons également à diversifier les sources d'approvisionnement. Nous avons déjà des accords nous permettant d'importer à partir de certains pays sans droits de douane et nous travaillons à élargir ces accords à d'autres partenaires", assure le ministre de l’Agriculture.
"Enfin, nous mettons également en place des mesures pour simplifier les procédures de contrôle sanitaire, dans le but de favoriser davantage les importations", conclut Mohammed Sadiki.
Dans sa quête d'huile d'olive, le Maroc se tournera inévitablement vers cinq pays du pourtour méditerranéen, classés lors de la précédente campagne parmi les plus grands exportateurs de cette denrée selon la plateforme de référence, Reportlinker :
- l’Espagne : 944.000 tonnes exportées ;
- l’Italie : 307.000 t ;
- la Tunisie : 251.000 t ;
- la Grèce : 231.000 t ;
- le Portugal : 175.000 t.
Déjà élevé, le prix de l'huile d'olive risque de dépasser les 100 DH par litre
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