Patrimoine géologique en péril : destruction et pillage d’une dalle portant des empreintes de ptérosaures, près de Midelt
Le paléontologue et professeur à l’université Ibn Zohr d’Agadir, Moussa Masrour, a récemment signalé un acte de vandalisme commis par des inconnus sur une dalle faisant l'objet d'une recherche scientifique par son équipe. Cette dalle présente à sa surface des traces de ptérosaures reconnus comme étant les premiers vertébrés volants de l’histoire de la Terre.
Dans une publication datant du 19 avril 2025, le professeur Moussa Masrour, professeur de paléontologie à l'université Ibn Zohr et directeur du musée de géologie et d'histoire d'Anza, a signalé qu’un site récemment découvert abritant principalement des pas de ptérosaures a été vandalisé par des inconnus qui ont découpé la dalle portant ces pas.
Selon Pr. Massrour, ce site entre Midelt et Mibladen a été découvert en octobre 2024 après une mission qu’il a menée avec un professeur de l’université de La Rioja en Espagne. Les chercheurs y avaient alors découvert des empreintes fossilisées de ptérosaures, premiers reptiles volants de l’histoire, ainsi que des traces de dinosaures.
Après avoir effectué les mesures et les photographies nécessaires, les travaux de recherche ont requis des images additionnelles pour la cartographie de la dalle et la reconstitution 3D. C’est à ce moment qu’ils ont constaté que la dalle portant des pas de ptérosaures avait été illégalement découpée et dérobée.
Distincts des dinosaures, les ptérosaures étaient des reptiles géants qui pouvaient atteindre des poids considérables, jusqu'à 250 kilogrammes pour certaines espèces. Ils furent les premiers vertébrés capables de voler, et des recherches scientifiques estiment que leur envol ne ressemblait pas au vol des oiseaux actuels. Ils auraient plutôt décollé du sol par un bond, comme les grenouilles.


"Le site a été littéralement pillé. Il est plus que temps que le Maroc prenne des mesures concrètes pour protéger son patrimoine géologique et archéologique. Il est urgent d’établir un inventaire national de ces sites et d’identifier ceux qui nécessitent une protection physique, par des clôtures et une surveillance permanente. C’est aujourd’hui la seule façon de préserver pour les générations futures ce qu’il reste de ce patrimoine unique et irremplaçable", a déclaré Pr. Moussa Masrour dans un communiqué.
Ce site vandalisé est semblable à celui d’Anza, à Agadir, où le même professeur a contribué, avec l’aide d’une association locale pour la valorisation et la protection du site, menacé auparavant, et par la création d’un musée de géologie et d’histoire d’Anza. En 2014, plus de 200 traces de dinosaures bipèdes et de reptiles volants ont été identifiées dans la roche du littoral d’Anza, représentant l'un des rares gisements d'âge crétacé supérieur d'empreintes de pas de dinosaures tridactyles en Afrique.
Cet acte de vandalisme intervient dans un contexte où le ministère de la Culture et le ministère de la Transition énergétique travaillent sur un projet de loi visant à renforcer la protection du patrimoine naturel, y compris géologique. Parmi les mesures envisagées figurent le recensement systématique des sites paléontologiques et géologiques d’intérêt, la mise en place de protections juridiques et physiques pour prévenir le pillage, la valorisation de ces sites à travers la création et la labellisation de géoparcs…
À ce jour, le Maroc ne compte qu’un seul géoparc reconnu par l’UNESCO (celui du M’Goun), tandis que sept autres sont en cours de développement. La future commission nationale pour le patrimoine géologique, dont la création est prévue dans le projet de loi, aura notamment pour mission d’accélérer la mise en place de ces géoparcs et de veiller à la préservation des sites sensibles.
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