Foot. Centres de formation : penser aussi aux 40% qui ne deviendront pas professionnels
SPORT-ÉTUDES. Entre l'aménagement des horaires et les cours de soutien, le nouveau modèle sport-études lancé par la Fédération royale marocaine de football garantit à chaque jeune un parcours scolaire complet, tout en offrant des débouchés dans les métiers du sport à ceux qui n’atteindront pas le haut niveau.
Même si le ballon rond reste le cœur battant du nouveau programme de formation, lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la scolarité n’est pas négligée pour autant. Et pour cause, tous les jeunes ne réussissent malheureusement pas à vivre de leur passion.
Géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le programme sport-études prépare ses recrues pour le football de haut niveau, mais leur assure également une scolarité complète, du collège au lycée. D’autant que l’un ne va pas sans l’autre.
"Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Il faut avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré et organisé. Aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre”, explique à Médias24 Demba Mbaye, directeur technique du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane.


De fait, lorsqu’ils déchaussent leurs crampons, c’est généralement pour redevenir des élèves, le matin ou l’après-midi, selon un planning qui diffère d’une structure à l'autre. Parmi les quatre centres fédéraux et les onze clubs professionnels dont les académies participent au nouveau programme de formation, certains disposent de salles de classe où des enseignants prodiguent des cours aux apprenants.
C’est notamment le cas des centres de formation du Raja Athletic Club et de la Renaissance sportive de Berkane. Pour d’autres, à l’image de l’Académie du Fath Union Sport (FUS), des cours de rattrapage et de soutien sont programmés, mais au quotidien les jeunes se déplacent dans les établissements scolaires.
En plus des enseignants, les directeurs pédagogiques suivent à la lettre le parcours scolaire des jeunes, car “la scolarité est le pilier central de notre projet de formation”, affirme Brahim El Yamani, directeur technique du centre de formation du FUS. “Si un jeune s’absente des cours le matin pour une raison ou une autre, il ne s’entraîne pas l’après-midi”.
Une position compréhensible, car aussi talentueux qu'ils soient, les jeunes footballeuses et footballeurs en herbe n’auront pas tous la chance de signer en pro. Dès lors, éviter tout décrochage scolaire est impératif. “Nous pensons constamment à notre avenir sportif. Mais nous devons obtenir un diplôme au cas où nous ne réussirions pas dans le foot”, souligne Karim Saadi, attaquant en catégorie U17 à l’Académie du Raja.
“Allier le sport et les études n’est pas toujours évident”, assume Rougui Abdelaziz, directeur pédagogique du centre de formation de la RSB. “En particulier lorsqu’il y a des déplacements. Raison pour laquelle nous avons mis en place plusieurs mesures administratives et pédagogiques, dont l’enseignement à distance et les cours de renforcement”, poursuit-il.
Pour l’heure, même s’il n’est pas aisé d’allier au quotidien la pratique footballistique et le parcours scolaire, les résultats sont pour le moins encourageants. “L’année dernière, nous avons enregistré un taux de réussite proche de 100% au collège comme au lycée”, se félicite notre interlocuteur.

Des filières dans les métiers du sport
Concernant les élèves qui éprouvent des difficultés, “on essaie d’être pragmatique et au moins de donner au joueur ce dont il a besoin pour faire une carrière de haut niveau. Certains éléments prennent des cours de langue, d’autres sont trop en retard au niveau scolaire pour espérer obtenir leur baccalauréat et sont orientés vers la formation professionnelle”, affirme Demba Mbaye.
En effet, des institutions comme la Fondation Mohammed VI pour la santé, l'OCP et l’UM6P ont prévu des filières dans les métiers du sport. Les jeunes qui n’auront pas la chance de signer un contrat professionnel auront l’opportunité d’obtenir des diplômes. Car même dans les meilleurs modèles internationaux, seuls 60% des jeunes issus des centres de formation signent un contrat professionnel.
“Nous avons donc pensé aux 40% restants dès la genèse du projet”, assure le directeur général d’Evosport. “En ce sens, nous œuvrons avec la FRMF et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports au développement des programmes sport-études, pour assurer un équilibre entre la performance sportive et académique”.
“À l’UM6P, des cursus axés sur les métiers du sport voient le jour pour structurer l’offre de formation post-bac. Les centres de formation regroupent déjà de nombreux jeunes qui excellent sur le plan académique, et le but est de leur offrir la possibilité d’allier excellence sportive et académique pour aboutir à des modèles de réussite intégrée”, conclut Ismaïl Lyoubi.
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