Huit des seize secteurs affichent un taux de croissance annuel moyen supérieur à celui de la valeur ajoutée globale
Publicité
2014-2024: les 8 secteurs qui dynamisent la croissance, les 8 secteurs qui la freinent
Entre 2014 et 2024, l’économie marocaine a connu une croissance inégale selon les secteurs. En se basant sur les taux annuels moyens, huit secteurs sur seize ont dépassé le rythme de la valeur ajoutée globale (4,1%), parmi lesquels l’agriculture et les services publics. À l’inverse, des secteurs clés comme l’industrie, le commerce et la construction évoluent en dessous de la moyenne.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 11 juin 2025 à 16h19
|
Modifié 11 juin 2025 à
19h49
Pour comprendre les dynamiques profondes d’une économie, il ne suffit pas d’en observer les agrégats globaux. C’est dans la lecture fine des structures sectorielles que se révèlent les forces motrices, les vulnérabilités persistantes et les marges de transformation.
À travers l’analyse des comptes nationaux du HCP sur la période 2014-2024, Médias24 propose une analyse approfondie de l’évolution des valeurs ajoutées sectorielles.
Medias24
Medias24
Comme expliqué dans l'article réservé au poids de l'industrie dans le PIB, pour évaluer la contribution de chaque secteur à l’économie, on peut adopter deux cadres de référence. Il est possible de rapporter la valeur ajoutée de chaque secteur soit au PIB nominal, soit à la valeur ajoutée totale.
La seconde méthode s’avère plus rigoureuse et plus fidèle à la réalité productive. Elle neutralise l’effet des impôts, qui ne constituent pas de la richesse créée, et permet une comparaison directe entre les secteurs. En revanche, la mesure fondée sur le PIB nominal inclut les impôts sur la production, dont la ventilation par secteur n’est pas disponible avec précision.
Ainsi, pour identifier les secteurs moteurs et ceux qui freinent la croissance économique, la méthode consiste à comparer leurs taux de croissance annuels moyens à celui de la valeur ajoutée globale (4,1%).
Les secteurs moteurs
Parmi les secteurs moteurs, c’est-à-dire ceux dont le taux de croissance annuel moyen (TACM) est supérieur à celui de la valeur ajoutée globale (4,1%), on en dénombre huit.
⇒En tête du classement, les services de recherche-développement et services rendus aux entreprises enregistrent un taux de croissance annuel moyen exceptionnel de 6,8%, bien au-dessus de la moyenne nationale.
Bien que leur poids économique reste limité, cette performance traduit un frémissement dans les domaines de l’innovation, de la sous-traitance technique et du conseil, autant de leviers clés pour une montée en gamme de l’économie marocaine.
⇒Le secteur de l’hébergement et de la restauration, avec une croissance annuelle de 5,9%, confirme son rôle dans la relance post-Covid, soutenu par la résilience du tourisme national et international. Ce dynamisme reflète à la fois un rattrapage conjoncturel et une transformation structurelle des capacités d’accueil du pays.
⇒La pêche et l’aquaculture affichent également une croissance de 5,5%. Leur contribution globale reste modeste, mais leur rôle dans certaines régions et leur potentiel exportateur leur confèrent un poids stratégique.
⇒Les activités de production et de distribution d’électricité, de gaz, d’eau et de gestion des déchets progressent à un rythme soutenu de 5,1%.
Cette performance soutenue reflète une intensification des investissements dans les infrastructures énergétiques et environnementales, notamment les réseaux urbains d’eau et d’assainissement.
⇒Les activités financières et d’assurance connaissent une croissance de 4,9%, supérieure à la moyenne de la valeur ajoutée globale, signalant une certaine résilience du système financier marocain malgré les défis de transformation numérique, de régulation accrue et de mutation du modèle bancaire.
⇒Le secteur agricole, avec un TCAM de 4,5%, dépasse légèrement la moyenne nationale malgré la forte volatilité interannuelle. Ce résultat globalement positif traduit l’effet des campagnes favorables, du développement de l’agriculture irriguée et de la modernisation progressive des exploitations.
⇒L’administration publique, avec une croissance annuelle moyenne de 4,4%, reste un acteur stabilisateur de la croissance, avec une évolution régulière liée à l’élargissement des services publics, à l’investissement social et aux réformes administratives.
⇒Enfin, le secteur industriel manufacturier enregistre un TCAM de 4,3%. Ce taux, légèrement supérieur à la moyenne nationale, traduit une performance respectable, mais insuffisante pour impulser une transformation structurelle : la croissance reste tirée par des segments spécifiques (automobile, aéronautique, agroalimentaire), mais limitée par une faible intégration locale et technologique.
Les secteurs en retrait : une inertie qui pèse sur la dynamique d’ensemble
À l’opposé, plusieurs secteurs enregistrent une croissance inférieure ou égale à 4,1%, ce qui les place en situation de frein relatif à la croissance structurelle.
⇒Le secteur du commerce, avec un TCAM exactement égal à 4,1%, n’atteint pas le seuil des secteurs moteurs. Ce rythme de croissance modéré suggère la maturité d'un secteur confronté à une transformation lente de ses circuits (digitalisation, grande distribution, logistique), mais également à des limites en matière de productivité et de structuration du commerce de proximité.
-oOo-
NB : Vous pouvez sélectionner les secteurs à afficher dans les Dashboards interactifs de Médias24, via le menu déroulant situé en haut à gauche (sélection multiple).
À découvrir
Si vous voulez que l'information se rapproche de vous
Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags :
Comptes nationaux 2024,
économie marocaine,
HCP,
PIB 2024,
valeur ajoutée agricole,
Valeur ajoutée industrielle,
Valeur ajoutée sectorielle
Par
Badr Elhamzaoui
Le 11 juin 2025 à 16h19
à lire aussi
Quoi de neuf
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
DIPLOMATIE
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.
NATION
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
CULTURE
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Defense
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Infrastructure
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.