Leqembi : le nouvel espoir contre Alzheimer, commercialisé en Europe et aux États-Unis
Après l’autorisation de mise sur le marché accordée en avril dernier par la Commission européenne, le nouveau traitement contre Alzheimer entame désormais la phase de commercialisation. Développé par Biogen et Eisai, le Leqembi est déjà disponible en Autriche, sera lancé en Allemagne début septembre, puis aux États-Unis en octobre.
Après des années de recherches, d’essais cliniques et de refus successifs, un traitement contre la maladie d’Alzheimer vient d’être approuvé des deux côtés de l’Atlantique. Développé par les laboratoires américain Biogen et japonais Eisai, le Leqembi a obtenu, le 15 avril 2025, l’autorisation de mise sur le marché de la Commission européenne.
Le médicament a déjà été lancé en Autriche le 25 août 2025 et sera disponible en Allemagne dès le 1er septembre.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a également donné son aval, avec une commercialisation prévue à partir du 6 octobre 2025. Son prix de lancement a été fixé à environ 375 dollars par auto-injecteur sur le marché américain.
Le Leqembi se distingue comme le premier traitement anti-amyloïde proposant une injection à domicile grâce à sa formule Leqembi Iqlik, conçue pour assurer la continuité du traitement après les 18 mois initiaux.
Comment se déroule le traitement ?
Disponible uniquement sur prescription, le Leqembi s’administre sous forme de perfusion intraveineuse toutes les deux semaines. Son initiation et son suivi doivent être assurés par un médecin expérimenté dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, avec un recours régulier à l’IRM. Des IRM sont obligatoires avant le début du traitement, puis avant la 5e, 7e et 14e perfusion.
L’état cognitif du patient doit être évalué tous les six mois. Le traitement est interrompu si la maladie progresse vers un stade modéré ou si aucun bénéfice n’est constaté.
Lors d’une étude menée sur 1.795 patients atteints d’Alzheimer précoce, le Leqembi a montré qu’il ralentissait le déclin cognitif par rapport au placebo. L’efficacité a été mesurée grâce à l’échelle CDR-SB, qui évalue la sévérité de la maladie sur une échelle de 0 à 18. Dans un sous-groupe de 1.521 patients porteurs d’un ou d'aucun gène ApoE4, le score moyen a progressé de 1,22 avec le Leqembi contre 1,76 avec le placebo après 18 mois de traitement, traduisant un ralentissement notable de la perte cognitive.
Le mécanisme d’action du Leqembi
La maladie d’Alzheimer est marquée par l’accumulation dans le cerveau de plaques composées de protéine amyloïde bêta, responsables de perturbations du fonctionnement cérébral.
Le Leqembi contient du lecanemab, un anticorps monoclonal qui se fixe à ces protéines amyloïdes et contribue à réduire les dépôts, ralentissant ainsi la progression de la maladie.
Des effets secondaires à surveiller
Le traitement impose un suivi médical strict, notamment par IRM, afin de détecter des anomalies appelées ARIA (amyloid-related imaging abnormalities), pouvant provoquer des gonflements ou des micro-hémorragies cérébrales.
Les effets indésirables les plus fréquents (chez plus d’un patient sur dix) incluent des réactions liées aux perfusions, des maux de tête et des micro-hémorragies cérébrales (ARIA-H). Jusqu’à 10% des patients peuvent également développer un œdème cérébral (ARIA-E).
Le Leqembi est contre-indiqué chez les personnes souffrant de troubles de la coagulation non contrôlés, sous anticoagulants, ou dont l’IRM révèle des antécédents d’hémorragies cérébrales, plus de quatre micro-saignements, une sidérose corticale superficielle ou un œdème vasogénique.
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