Crédit du Maroc a présenté, ce 13 février, ses résultats annuels au titre de l’exercice 2025. "Notre croissance est équilibrée. Elle est portée par l’ensemble de nos métiers, nos métiers historiques comme nos nouveaux métiers", souligne Ali Benkirane, président du directoire de Crédit du Maroc.
Selon lui, cette dynamique s’accompagne d’une progression des emplois dans des conditions de risque maîtrisées, tandis que la collecte affiche des niveaux très satisfaisants. Le président insiste sur le positionnement du groupe.
Une activité commerciale en nette accélération en 2025
Moncef Alaoui, membre du directoire en charge de la Banque commerciale, est revenu sur la dynamique commerciale de la banque et sur la stratégie déployée, en lien avec le groupe Holmarcom, pour accompagner le financement de l’économie marocaine.
Il a rappelé la progression soutenue des crédits à la clientèle. "Entre 2023 et 2024, ceux-ci ont augmenté de 10%, avant d’enregistrer une nouvelle hausse de 11% entre 2024 et 2025, soit une évolution en volume d’environ 11 MMDH. Cette trajectoire traduit, selon lui, la constance de l’action commerciale de la banque et son engagement durable dans le financement de l’économie".
Sur le volet de la collecte globale, la banque affiche également des évolutions solides. "Celle-ci a progressé de 10,2% entre 2023 et 2024, puis de 7,8% entre 2024 et 2025. Cette croissance est portée principalement par les ressources de bilan et s’inscrit dans une stratégie visant à élargir le portefeuille clients et à renforcer la base clientèle".
Concernant les particuliers, "le développement des crédits, notamment sur le segment de l’Habitat, s’inscrit dans la dynamique observée au niveau du secteur. Les encours de crédits Habitat sont passés de 16,6 MMDH en 2023 à 17,2 MMDH en 2024, avant d’atteindre 17,8 MMDH en 2025, soit une progression de 3,3% entre 2024 et 2025. Ces évolutions reflètent, selon le management, l’attention portée au financement des ménages, dans le cadre de la stratégie de 'banque de la famille'".
Les crédits à la consommation affichent également une évolution soutenue. Les encours ont progressé de 11,7% entre 2023 et 2024, une tendance qui s’est poursuivie entre 2024 et 2025, confirmant la dynamique de développement de cette activité.
Du côté de la collecte bilan, les encours des comptes à vue ont augmenté de 10,6% entre 2023 et 2024, pour atteindre 39 MMDH, puis de 11,6% entre 2024 et 2025, à 44,5 MMDH. Cette progression s’inscrit dans la stratégie de développement de la base clients sur le marché du retail.
"La collecte hors bilan affiche, elle aussi, des performances notables. Les encours OPCVM ont progressé de 15,2% entre 2023 et 2024, pour atteindre 10,6 MMDH, avant de s’établir à 11,7 MMDH en 2025. L’assurance-vie est restée globalement stable entre 2023 et 2024, avant de connaître une accélération marquée en 2025, portée par les synergies mises en place avec la filiale assurance du groupe", explique-t-il.
Moncef Alaoui a souligné l’importance stratégique de l’accompagnement des clients corporate, en particulier dans le financement de l’investissement. Les crédits à l’équipement ont progressé de 25% entre 2023 et 2024, puis de 16% entre 2024 et 2025. L’activité leasing, indissociable du financement des investissements des entreprises, affiche une croissance significative, avec des encours atteignant 3,5 MMDH en 2025, contre 1,5 MMDH en 2021.
Les encours dédiés à la promotion immobilière ont également évolué à un rythme soutenu. La banque concentre son financement sur des projets structurants, avec une progression de 32% entre 2023 et 2024, et de 16% entre 2024 et 2025. Enfin, sur l’activité court terme, les évolutions enregistrées entre 2024 et 2025 sont jugées en ligne avec la stratégie de la banque, visant à accompagner les entreprises dans le financement de leur fonds de roulement.
Une performance financière en nette amélioration, portée par le PNB et la maîtrise des risques
"L’année 2025 marque le franchissement d’un nouveau seuil en matière de performance financière, confirmant à la fois la solidité du modèle économique et la capacité de la banque à délivrer une croissance durable à moyen et long terme", estime Hanane Laala, directrice du pôle Finance de Crédit du Maroc.
"Sur le plan des principaux agrégats, le produit net bancaire atteint 3,5 MMDH, en progression de 8%, une croissance portée à la fois par la banque et par l’ensemble de ses filiales. Les charges générales d’exploitation ressortent à 1,6 MMDH, en hausse contenue de 3%, malgré un contexte d’investissements soutenus et de transformation accélérée".
Cette combinaison se traduit par une nette amélioration du résultat brut d’exploitation, en progression de 12,8%, pour s’établir à 1,9 MMDH. Le coût du risque confirme, pour la deuxième année consécutive, sa tendance baissière. Il recule de 3,8% pour atteindre 383 MDH.
"Dans ce contexte, la capacité bénéficiaire de la banque se renforce sensiblement. Le résultat net consolidé s’établit à 864 MDH, en hausse de 16,5%. Sur le plan prudentiel, les ratios demeurent largement supérieurs aux exigences réglementaires, avec un ratio Tier 1 à 12,16% et un ratio de solvabilité globale en amélioration à 14,8%".
Dans le détail, la performance du produit net bancaire repose sur l’ensemble de ses composantes. "La marge nette d’intérêt progresse de 10%, soutenue par une dynamique commerciale marquée, avec des encours globaux en hausse de 11%. Elle bénéficie également de la résilience de la structure bilancielle face aux fluctuations de taux, ainsi que d’une contribution des filiales en forte amélioration, en hausse de 28%, notamment sur les activités de leasing".
La marge sur commissions illustre la stratégie de diversification des revenus engagée par la banque. Elle s’appuie sur le développement des activités transactionnelles, mais aussi sur la montée en puissance des métiers filialisés, en particulier les activités de bourse, les placements en OPCVM et la bancassurance.
Concernant les opérations de marché, la performance est qualifiée de solide sur les deux dernières années. Le résultat atteint le seuil des 500 MDH, un niveau stabilisé en 2025 malgré un contexte de taux tendu. Cette performance repose à la fois sur le développement de la marge commerciale et sur un résultat de change en progression de plus de 11% sur l’exercice.
"S’agissant des charges générales d’exploitation, la politique de rationalisation des coûts engagée depuis plus de trois ans continue de produire ses effets. Leur évolution reste contenue à 3%, les principales hausses étant liées aux amortissements des projets d’investissement".
"La profitabilité s’inscrit ainsi en amélioration continue. Le résultat brut d’exploitation progresse de 12,8%, tandis que le coefficient d’exploitation recule de 228 points de base, pour s’établir à 46,3% en 2025, traduisant une amélioration tangible de l’efficacité opérationnelle".
Sur le volet du risque, "la banque poursuit une approche prudente et anticipative. Le coût du risque recule à 383 MDH, soit 61 points de base, en baisse de 9 points de base. Le taux de créances douteuses et litigieuses reste maîtrisé à 6,6%, en amélioration de 38 points de base, tandis que le taux de couverture progresse à plus de 89%".
"Au final, la solidité financière de la banque se confirme. Les fonds propres s’apprécient de 13,5% pour atteindre 8,3 MMDH, consolidant ainsi le ratio Tier 1 à 12,16% et le ratio de solvabilité globale à 14,8%".
In fine, le directoire proposera à l’assemblée générale ordinaire la distribution d’un dividende brut de 48 DH par action.
Gestion du risque et solidité financière et CDM Pay
Ali Benkirane affirme que Crédit du Maroc a bénéficié du contexte actuel, tout en insistant sur le maintien d’une approche prudente et anticipative. "La baisse observée du coût du risque ne remet pas en cause le renforcement continu de son dispositif de gestion des risques, conçu pour faire face à d’éventuels cycles économiques moins favorables".
"L’économie marocaine devrait évoluer, au cours des prochaines années, dans un cycle globalement favorable, soutenu par des indicateurs macroéconomiques jugés positifs. Dans ce cadre, la banque anticipe une année 2026 également favorable en matière de coût du risque, tout en maintenant des standards élevés en matière d’octroi, de suivi des engagements et de provisionnement, alignés sur les meilleures pratiques internationales".
Concernant CDM Pay, la filiale dédiée aux solutions de paiement créée récemment, la direction de Crédit du Maroc explique que ce projet a accéléré le processus de transformation de la banque sur les métiers du paiement. "Bien que non programmé initialement à court terme, le lancement de CDMP s’inscrit dans une dynamique de place, portée par les autorités de concurrence et l’ensemble du secteur bancaire".
Ali Benkirane indique avoir rapidement structuré une équipe dédiée au sein de la filiale, avec un dispositif commercial déjà actif auprès des commerçants et des entreprises, clientes et non clientes. Les premières réalisations sont jugées satisfaisantes, avec des parts de marché supérieures à 7%, tant en volume qu’en flux, à la suite de la reprise des portefeuilles de l’ancien partenaire.
SREP, gouvernance et pilotage des risques
Interrogée sur l’état d’avancement du projet SREP, Ali Benkirane souligne qu’il s’agit d’un projet structurant, bien au-delà d’un simple exercice de reporting réglementaire. Le dispositif est piloté au plus haut niveau, avec une équipe dédiée couvrant l’ensemble des dimensions prudentielles.
"C’est un chantier de gouvernance transverse, impliquant l’ensemble des activités et des risques. Les évaluations actuelles sont jugées positives et situées parmi les meilleures du marché, tout en laissant place à des axes d’amélioration", explique le président du directoire de Crédit du Maroc.
L’objectif affiché est de renforcer encore les dispositifs de pilotage, qu’il s’agisse du pilotage financier, de la gestion des risques, du contrôle interne, des risques cyber ou encore des risques climatiques, afin de hisser la banque parmi les meilleures évaluations SREP de la place.
La direction insiste enfin sur une approche sereine et constructive : le SREP est perçu non comme une contrainte, mais comme un levier d’amélioration continue, nourri par des échanges réguliers avec le régulateur, dans une logique de solidité, de durabilité et de performance à long terme.
Source: medias24.com
