img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Quoi de neuf

Un palais à Marrakech, l’ultime refuge d’Epstein à 27,7 millions de dollars

Alors que l’étau judiciaire se resserrait sur lui à New York, Jeffrey Epstein jouait ses dernières cartes au Maroc. Une enquête de Reuters, basée sur des documents du Département de la Justice (DOJ) américain, révèle que le financier a tenté frénétiquement d’acquérir un célèbre palais de Marrakech, à peine quelques jours avant son arrestation en juillet 2019.

Avancées du palais des congrès et du parc industriel de Marrakech
Les deux projets du Conseil régional de Marrakech
N.K.
Le 20 février 2026 à 16h22 | Modifié 20 février 2026 à 16h22

Il s'appelle "Bin Ennakhil", soit, littéralement, "Au milieu des palmiers". Situé dans l'un des quartiers les plus prisés de Marrakech, ce domaine de 4,6 hectares devait être le nouveau sanctuaire de Jeffrey Epstein.

Mais derrière les murs ocre et les 2.000 palmiers du domaine – qui lui donnent son nom – se cache une opération financière trouble de 27,7 millions de dollars, menée par le courtier américain Charles Schwab, et incluant des virements effectués sans provision.

Un palais de mille et une nuits pour un prédateur en fuite ?

Les détails de la propriété, exhumés des dossiers du DOJ, donnent le vertige. Bin Ennakhil est un véritable monument à la démesure :

- Superficie : plus de six terrains de football (plus grand que le Washington Square Park de New York).

- Architecture : 60 fontaines en marbre, des murs drapés d'or, un spa hammam complet, une piscine extérieure et un jacuzzi.

- Végétation : des centaines d'oliviers et une forêt de palmiers.

Pour Epstein, Marrakech n'était pas un choix de dernière minute. Marc Leon, l'agent immobilier local en charge de la transaction, a confié à Reuters que le financier tentait d'acquérir ce palais depuis 2011. Les négociations sur le prix et les termes s’étaient étirées sur près d'une décennie, avant de s'accélérer brutalement au printemps 2019.

L’offensive financière de juin 2019

Le 26 juin 2019, la société d’Epstein, Southern Trust, ordonne un premier virement de 12,7 millions de dollars vers le compte suisse (chez Julius Baer) de l'agent immobilier Marc Leon. Le lendemain, la transaction est brusquement annulée, Epstein jugeant les conditions de vente "non convenables".

Mais l'urgence semble reprendre le dessus. Le 4 juillet 2019, soit quarante-huit heures avant son arrestation à l'aéroport de Teterboro (New Jersey), Epstein signe personnellement une nouvelle demande de virement de 14,95 millions de dollars. Schwab exécute l'ordre, bien que le compte soit alors techniquement à découvert, le premier virement n'ayant pas encore été recrédité.

Marrakech, un "risque de fuite" pour les autorités

Pourquoi une telle précipitation pour un palais au Maroc ? Dans un rapport d'activité suspecte (SAR) rédigé après l'arrestation, Schwab a admis ses inquiétudes auprès du Trésor américain. La banque craignait qu'Epstein ne cherche à s'établir dans un pays sans traité d'extradition simple, ou qu'il ne représente un "risque de fuite" majeur avant son audience de libération sous caution.

Marc Leon, l'agent de Marrakech, défend aujourd'hui son rôle. "Epstein avait purgé sa peine [pour sa condamnation de 2008]. Rien ne s'opposait à ce qu'il tente d'acheter une propriété au Maroc. Nous ne pouvions pas savoir qu'il continuait ses crimes terribles".

Le dénouement : des signatures dans l'ombre

Même après l'incarcération d'Epstein le 6 juillet, ses associés à Marrakech et aux États-Unis ne semblaient pas avoir abandonné le projet immédiatement. Le 9 juillet, Richard Kahn, le comptable d'Epstein, demandait finalement l'annulation du virement de 14,95 millions. Étrangement, des associés non identifiés posent alors à Schwab la question de savoir si les futurs transferts nécessiteraient toujours deux signatures, suggérant que d'autres fonds devaient encore transiter vers le Maroc.

Epstein ne verra jamais "Bin Ennakhil". En août 2019, il se donne la mort en prison. Avec ses murs dorés et ses jardins d'oliviers, le palais des "mille et une nuits" de Marrakech a, depuis, trouvé un autre acquéreur, fermant ainsi le dernier chapitre marocain de l'un des plus grands scandales financiers et criminels du siècle.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
N.K.
Le 20 février 2026 à 16h22

à lire aussi

BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom
BUSINESS

Article : BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom

Le rachat de la participation de BNP Paribas dans la BMCI, s’il est validé par les instances de régulation, ouvrirait la voie à une fusion avec Crédit du Maroc. Que pèserait alors le nouvel ensemble ? Et comment rebattrait-il les cartes du secteur bancaire ? Si toute projection précise reste délicate, une fusion ne se résumant pas à l’addition mécanique des indicateurs, nous vous proposons une première lecture indicative de la recomposition du paysage bancaire qui pourrait se dessiner.

Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain
ECONOMIE

Article : Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain

Depuis vingt-cinq ans, le taux d’activité recule continuellement, révélant une sortie silencieuse d’une partie de la population en âge de travailler du marché du travail. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde rural, chez les femmes et parmi les jeunes.

Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer
Defense

Article : Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer

Après une longue période de déclassement naval, le Maroc a engagé, sous le règne de Mohammed VI, une modernisation progressive de sa Marine royale. Loin d’une course aux bâtiments lourds, Rabat privilégie une flotte plus agile, adaptée à la surveillance d’un vaste domaine maritime et aux menaces asymétriques. Une doctrine de souveraineté fondée moins sur l’affichage de puissance que sur l’efficacité opérationnelle.

Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Quoi de neuf

Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques

Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.

Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara
DIPLOMATIE

Article : Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara

Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.

Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
BUSINESS

Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc

Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité