Achraf Hakimi renvoyé en procès pour viol présumé : son avocate annonce un appel et se confie à Médias24
Sauf rebondissement procédural, la décision rendue par la magistrate instructrice ouvre la voie à une audience criminelle. Jointe par nos soins, la défense du joueur livre son analyse d’un dossier qu’elle juge "lacunaire".
Accusé depuis près de trois ans d'un viol présumé, le défenseur du Paris Saint-Germain et international marocain, Achraf Hakimi, va finalement être renvoyé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, où les faits dénoncés auraient été commis.
C'est ce que vient d'annoncer le joueur lui-même dans un post publié ce mardi 24 février 2026 sur les réseaux sociaux, juste après avoir été notifié de l’ordonnance rendue par la juge d’instruction du tribunal judiciaire compétent pour cette affaire, à savoir celui de Nanterre (situé lui-même dans le département des Hauts-de-Seine).
Aujourd’hui une accusation de viol suffit à justifier un procès alors même que je la conteste et que tout démontre qu’elle est fausse. C’est aussi injuste pour les innocents que pour les victimes sincères. J’attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate…
— Achraf Hakimi (@AchrafHakimi) February 24, 2026
Et on le voit à travers cette publication, Achraf Hakimi continue de soutenir mordicus son innocence.
Son de cloche que l'on retrouve aussi du côté de son avocate attitrée, Me Fanny Colin, jointe par Médias24, qui nous a d'abord transmis par écrit la réaction suivante : "Un procès est ordonné en présence d’une accusation qui repose sur la seule parole d’une femme qui a fait obstacle à toutes les investigations, qui a refusé tous les examens médicaux et recherches ADN, qui a refusé l’exploitation de son téléphone portable, qui a refusé de donner le nom d’un témoin clé. Une femme dont deux expertises psychologiques successives ont révélé le manque de lucidité sur les faits qu’elle prétend dénoncer, et encore l’absence de tout symptôme post-traumatique. Le tout alors qu’elle a tenté de dissimuler à l’autorité judiciaire plusieurs messages échangés avec l’une de ses amies projetant de "dépouiller" (sic) monsieur Hakimi. C’est déterminés et combatifs que nous attendons ce procès pour que justice soit rendue".
Et Me Fanny Colin de nous révéler aussi qu'Achraf Hakimi avait l'intention de faire appel de l'ordonnance de mise en accusation délivrée par le juge d'instruction, comme le prévoit le Code de procédure pénale français. Cela signifie concrètement que le début du procès pourrait encore être retardé "de six à huit mois" selon l'estimation personnelle de notre interlocutrice. Un non-lieu pouvant, toutefois, aussi être prononcé.
Retour sur trois années de procédure
Mais reprenons depuis le début pour bien comprendre de quoi il s'agit en l'occurrence. C'est très exactement le 26 février 2023 que le feuilleton s'enclenche après qu'une jeune femme de 24 ans s'est présentée au commissariat de Nogent-sur-Marne, dans le Val de Marne, pour faire sa déclaration de viol à l'encontre d'Achraf Hakimi.
Dès le lendemain, le parquet de Nanterre, déjà sus-cité, ouvre une enquête préliminaire – via la Sûreté territoriale, un service de la police nationale française. Et après qu'une information judiciaire, menée par un juge d'instruction, a également été diligentée, et qu'Achraf Hakimi a été une première fois auditionné, cela aboutit dans un délai de quatre jours à une mise en examen officielle.
En d'autres termes, à ce moment de la procédure judiciaire, la justice estime qu’il existe des éléments suffisamment sérieux pour que le Lion de l'Atlas soit placé sous ce statut.
Mais cela, on l'a déjà dit précédemment, la défense du joueur le conteste depuis le début. Une ligne qu'elle a maintenue tout au long des quelque 29 mois – du 3 mars 2023 au 1ᵉʳ août 2025 – qu'a duré la mise en examen conduite au niveau du tribunal judiciaire de Nanterre, "preuves" à l'appui.
"Cela fait plus de vingt ans que j'exerce, et je peux vous dire que je n'ai jamais vu cela", nous déclare Me Fanny Colin, qui est avocate au barreau de Paris depuis janvier 2005.
Les arguments de la défense
Et d'insister sur le manque de preuves qui, selon elle, accablent son client. Pêle-mêle, on peut lister les points suivants, sur lesquels sa réaction mentionnée plus haut revient en partie :
- Au tout départ, pour commencer, la victime présumée s'est contentée d'une simple déclaration au commissariat, et elle n'avait donc pas porté plainte avant l’ouverture des investigations par le parquet.
- Ensuite, fait fondamental, aucune preuve matérielle de pénétration n’a été établie. Et pour cause : la plaignante a tout bonnement refusé un examen gynécologique à deux reprises, en sus d'un prélèvement ADN.
- Son téléphone portable n’a pu être saisi pour une exploitation complète du fait qu'elle s'y est opposée, la plaignante l'ayant seulement présenté pour consultation temporaire.
- Élément "téléphonique" toujours, des messages échangés avec une amie mentionnent l’idée de "dépouiller" Achraf Hakimi. Pour la défense de la plaignante, une simple "plaisanterie", mais pas pour celle d'Achraf Hakimi qui y voit bel et bien un élément nodal.
- En outre, l'enquête a révélé que l’identité d’une troisième personne présente lors du dîner précédant les faits n’avait pas été communiquée. Un point qui a alimenté les contestations de Me Fanny Colin sur la vérification de certains éléments de contexte, cruciaux à ses yeux.
- Enfin, les expertises psychologiques réalisées ont grandement mis en question la fiabilité du récit de la plaignante, et par là même son bien-fondé.
Ce qui fait dire à Me Fanny Colin qu'en dernière analyse, "le dossier repose strictement sur un faisceau lacunaire de déclarations, d'auditions et d'échanges ainsi que de messages, davantage que sur un élément scientifique décisif".
Et c'est, partant, qu'elle s'est dite, au cours de notre échange, "sidérée" une fois qu'elle a eu vent de l'ordonnance du juge d'instruction, qui a donc finalement choisi de donner raison au parquet de Nanterre en suivant sa recommandation de renvoi devant la cour criminelle départementale.
Et Me Fanny Colin de se poser la question de savoir si, quelque part, la "notoriété" d'Achraf Hakimi n'avait pas pesé dans la balance. "Je m'interroge, en toute sincérité", nous confie-t-elle.
Une affaire à forte exposition médiatique
Il faut dire aussi que du fait du statut d'Achraf Hakimi, l'affaire a connu une exposition médiatique planétaire.
Le 14 janvier 2026, à deux jours de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), The Athletic, média électronique sportif filiale du quotidien américain The New York Times, lui avait consacré un article avec l'intitulé suivant : "Achraf Hakimi est le visage de cette CAN. Mais une ombre plane au-dessus de lui."
Achraf Hakimi is the face of this AFCON.
His shirts dominate the market stalls in the medinas of Rabat and Marrakech and his face is plastered across advertising billboards.
He is the reigning men's African player of the year and the host nation's star man.
Yet amid all the… pic.twitter.com/Ss8xvujG9w
— The Athletic | Football (@TheAthleticFC) January 14, 2026
"Article à charge", selon Me Fanny Colin, qui nous a indiqué qu'elle avait correspondu avec l'auteur pour qu'il intègre sa réponse. "Mais malheureusement, il n'a pas voulu en tenir compte", regrette-t-elle.
À titre indicatif, Achraf Hakimi risque, selon le Code pénal français, 15 ans de réclusion criminelle.
Peu avant une confrontation amicale face au Brésil, pour laquelle il avait convoqué le joueur, le sélectionneur national, Walid Regragui, lui avait apporté, en mars 2023, son "soutien" formel.
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