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Corbillards : nouvelles règles strictes du transport funéraire

Deux arrêtés publiés au Bulletin officiel actent la rupture avec le texte de 1970 et imposent une normalisation technique du transport funéraire : réfrigération obligatoire, exigences de bio-sécurité renforcées, classification des pathologies et encadrement précis des exhumations.

Corbillards : nouvelles règles strictes du transport funéraire
N.K.
Le 24 février 2026 à 16h03 | Modifié 25 février 2026 à 19h39

Le cadre légal régissant les funérailles au Maroc vient de vivre une mutation profonde. Avec la publication des arrêtés 1250.25 et 1251.25 de mai 2025 publiés au Bulletin officiel du 12 février 2026, le Royaume tourne la page du décret de 1970. La modernisation est technique (froid, hygiène, biosécurité), elle est aussi symbolique, marquant une volonté de standardisation et de sobriété visuelle dans l'espace public.

La compréhension générale du texte laisse entendre que l’usage, qui tolérait jusqu’ici des mentions telles que "Transport des morts musulmans" ou l’écriture des "deux témoignages" (la chahada), est désormais proscrit.

Selon l’article 5 du nouvel arrêté, les véhicules ne doivent plus comporter aucune inscription, publicité ou signe religieux. Seule la mention sobre "transport des morts" (نقل الأموات) est autorisée, accompagnée de deux bandes latérales vertes et de l'identification du propriétaire.

Or, une source sûre consultée par Médias24 nous a révélé qu'un nouvel arrêté est déjà programmé pour "compléter" celui déjà en vigueur. Et ce deuxième arrêté comprendra bien, selon l'ordre suivant, les formules « لا إله إلا الله محمد رسول الله » (Il n’y a de dieu que Dieu, Mohammed est le messager de Dieu), « كل نفس ذائقة الموت » (Toute âme goûtera la mort) et « نقل أموات المسلمين » (Transport des défunts musulmans).

Les inscriptions religieuses sur les corbillards seront maintenues, mais il ne s'agit nullement d'une exigence religieuse, comme nous l'explique Lahcen ben Brahim Skanfel, président du Conseil des oulémas local de Skhirate-Témara. Selon l'autorité religieuse, aucun texte sacré n'impose l'inscription de la chahada ou de l'appartenance religieuse sur la carrosserie des véhicules.

Le président du Conseil des oulémas souligne par ailleurs un principe fondamental du droit musulman selon lequel la préservation de la santé des corps prévaut sur la préservation des signes extérieurs de la religion.

À cet égard, M. Skanfel rappelle que le véritable respect dû aux défunts ne se manifeste pas par des inscriptions sur un véhicule, mais par la dignité apportée à leur préparation, à leur inhumation, aux prières qui les accompagnent et au respect sacré des tombes qui, en tant que "Habs" (biens de mainmorte), appartiennent exclusivement à leurs occupants.

Au-delà de l'image, la réforme instaure une classification précise des pathologies pour dicter le traitement des dépouilles. Les maladies de catégorie 1 (Ebola, peste, choléra, grippe aviaire) imposent désormais un cercueil de zinc scellé avec filtre et interdisent formellement la toilette mortuaire.

La catégorie 2 (rage, tuberculose active) exige un cercueil en bois de 30 mm sans lavage préalable. En revanche, le texte apporte une souplesse attendue pour la catégorie 3, autorisant désormais explicitement le lavage mortuaire pour les victimes du Covid-19, du SRAS ou de la méningite.

Le véhicule lui-même devient une unité technique de haute performance. L'arrêté de 2025 impose désormais un système de réfrigération obligatoire, des parois intérieures en polyester facilitant une désinfection totale après chaque trajet, et une cloison étanche vitrée isolant le conducteur. Ces exigences marquent une rupture nette avec le décret de 1970 qui se limitait à des normes de transport rudimentaires.

Par ailleurs, l'exhumation n'est plus laissée à la discrétion totale des autorités, mais obéit à des délais de "carence" liés à la persistance des virus dans le sol :

- Délai de 1 an : Covid-19, rage, tuberculose, méningites.

- Délai de 3 ans : choléra et tétanos.

- Délai de 5 ans : Ebola, peste, charbon, variole, maladie de Creutzfeldt-Jacob.

Lors de l'opération, les familles doivent respecter une distance de 2 mètres. Les agents doivent porter un équipement de protection intégrale (EPI) incluant des masques FFP2 et des combinaisons étanches.

Le nouveau cadre traite enfin de la question environnementale et vaccinale :

- Vaccination : les agents chargés des corps doivent obligatoirement être vaccinés contre l'hépatite virale, la méningite et le tétanos.

- Déchets dangereux : après une exhumation, l'ancien cercueil et les protections usagées doivent être détruits selon les protocoles des déchets dangereux.

- Le certificat de décès (arrêté 1251.25) : un modèle unique et standardisé est instauré pour tout le Royaume, permettant de déterminer immédiatement la catégorie de transport (1, 2 ou 3) dès la constatation du décès.

Polémique sur les corbillards : les inscriptions religieuses seront maintenues

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N.K.
Le 24 février 2026 à 16h03

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