Sahara : ce qui pourrait changer dans l’architecture politique du territoire
Au cours des discussions de ce début de semaine, des avancées ont été réalisées, selon les révélations médiatiques.
C'est dans le plus grand secret que se déroulent, ces 23 et 24 février 2026 aux États-Unis, les nouveaux rounds de pourparlers sur le Sahara marocain. À cet égard, difficile de savoir ce que les parties présentes, à savoir le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie ainsi que le mouvement séparatiste du polisario, peuvent bien précisément discuter.
Joint par nos soins, le département d'État a refusé de confirmer ne serait-ce que la tenue de cette deuxième réunion après celle de Madrid les 8 et 9 février 2025. Il s'est contenté de nous renvoyer à des déclarations publiées précédemment par la représentation permanente de l'Oncle Sam auprès des Nations unies et par le haut conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos.
En revanche, nos confrères de Yabiladi, toujours très au fait du sujet, viennent de révéler que certains points d'achoppement soulevés dans la capitale espagnole ont finalement pu être dépassés. Selon la même source, ils concernent essentiellement l'architecture législative de la future région autonome du Sahara.
Dans le détail, le futur parlement sahraoui serait constitué de trois groupes également pourvus en termes de nombre d'élus : celui des membres du polisario, celui des Sahraouis unionistes qui sont toujours restés attachés à leur marocanité, et celui des non-Sahraouis qui se sont graduellement installés dans les provinces du Sud. L'objectif étant, en théorie, d'éviter qu'un groupe en particulier en vienne à dominer le paysage politique local.
Et c'est, toujours d'après Yabiladi, à cette assemblée que reviendrait le choix d'élire le président de la région. Après son élection, ce dernier serait nommé par le Roi conformément à l'ordre constitutionnel national marocain.
Pour les autres postes de responsabilité, en seraient exclus, pour une durée de cinq ans, tous les résidents s'étant installés dans le Sahara au-delà de l'année 2015. À ce titre, les listes électorales établies pour le besoin du scrutin régional et local qu'avait alors organisé le Maroc – le 4 septembre 2015, très exactement – devraient servir de base pour déterminer qui serait concerné et qui ne le serait pas.
Last but not least, s'il est vrai que le territoire qui fait l'objet des tractations actuelles est celui décolonisé par l'Espagne en février 1976, il n'en reste pas moins que le Sahara marocain, culturellement et anthropologiquement parlant, commence plus au nord, au niveau de la région de Oued Noun, dont le chef-lieu actuel est Guelmim. Pourquoi exclure cette zone et la traiter à part ?
Ainsi, lorsque le Roi Mohammed VI annonçait, dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2015, le lancement du "nouveau modèle des provinces du Sud", il évoquait explicitement "la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun."
Or, selon Yabiladi, Guelmim Oued Noun devrait justement faire partie de la future région autonome.
Pourvu, bien sûr, qu'il y ait un accord définitif à ce propos, car ne l'oublions pas : toute décision prise lors des négociations menées sous la double égide des Nations unies et de Washington aura encore à être approuvée lors de la consultation référendaire qui devra faire adopter la future Constitution du Royaume du Maroc et, par la même occasion, la structure institutionnelle de la région autonome du Sahara.
à lire aussi
Article : BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom
Le rachat de la participation de BNP Paribas dans la BMCI, s’il est validé par les instances de régulation, ouvrirait la voie à une fusion avec Crédit du Maroc. Que pèserait alors le nouvel ensemble ? Et comment rebattrait-il les cartes du secteur bancaire ? Si toute projection précise reste délicate, une fusion ne se résumant pas à l’addition mécanique des indicateurs, nous vous proposons une première lecture indicative de la recomposition du paysage bancaire qui pourrait se dessiner.
Article : Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain
Depuis vingt-cinq ans, le taux d’activité recule continuellement, révélant une sortie silencieuse d’une partie de la population en âge de travailler du marché du travail. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde rural, chez les femmes et parmi les jeunes.
Article : Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer
Après une longue période de déclassement naval, le Maroc a engagé, sous le règne de Mohammed VI, une modernisation progressive de sa Marine royale. Loin d’une course aux bâtiments lourds, Rabat privilégie une flotte plus agile, adaptée à la surveillance d’un vaste domaine maritime et aux menaces asymétriques. Une doctrine de souveraineté fondée moins sur l’affichage de puissance que sur l’efficacité opérationnelle.
Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.
Article : Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara
Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.
Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.