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Debunk. Le Maroc a-t-il vraiment payé un milliard de dollars au “Board of Peace” de Trump ?

Une question qui se pose depuis une déclaration ambigüe du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à la cérémonie inaugurale du Conseil.

Donald Trump et Nasser Bourita à Davos (janvier 2026), Board of Peace (Conseil de Paix)
Donald Trump et Nasser Bourita. Le 22 janvier 2026 à Davos (Suisse).
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Le 25 février 2026 à 18h14 | Modifié 26 février 2026 à 9h33

Le 19 février 2026, le Maroc ainsi que 46 autres pays prenaient part à la réunion inaugurale du Conseil de paix à l'Institut des États-Unis pour la paix, à Washington.

Un événement où le Royaume a été représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, auteur d'un court discours formulant les engagements que prenait Rabat en choisissant d'intégrer cette nouvelle organisation internationale lancée par le président américain, Donald Trump.

Mais il est une phrase, en particulier, prononcée à cette occasion par le chef de la diplomatie marocaine qui suscite depuis lors un casse-tête chez les commentateurs : celle où il annonce que "⁠le Maroc a déjà effectué la toute première contribution financière au Conseil de paix". De quelle contribution s'agit-il exactement ?

Ce sont, ainsi, deux éléments séparés dont la conjonction est venue brouiller les esprits : le premier, c'est la somme d'un milliard de dollars que les États invités à faire partie du Conseil de paix se doivent de débourser s'ils souhaitent obtenir un siège permanent ; et le deuxième, ce sont les montants que les membres du même Conseil peuvent engager dans la bande de Gaza, dans le cadre des efforts de reconstruction prévus par ses soins dans le territoire palestinien. L'un n'a rien à voir avec l'autre, mais de son côté Nasser Bourita n'a, à travers son intervention, pas vraiment aidé à démêler l'écheveau.

Ce qui est sûr, et cela Médias24 le tient d'une source diplomatique américaine haut placée, c'est que toutes les contributions dont il a été question lors de la réunion du 19 février sont, en plus d'être "volontaires", "considérées comme faisant partie de l'engagement envers Gaza". Et cela rejoint de toute façon le propos tenu, ce jour-là, par Donald Trump qui, lorsqu'il avait cité le Maroc aux côtés de huit autres pays comme contributeur à une première cagnotte de 7 milliards de dollars, c'était au titre du "relief package" (plan d'aide) pour Gaza.

Mais cela n'empêche pas de se poser la question de savoir si, en même temps, la partie marocaine n'a pas sorti de sa poche le milliard de dollars nécessaire pour s'assurer une adhésion définitive au Conseil de paix.

En tout cas, la charte du Conseil de paix, dévoilée le 18 janvier 2026, est formelle, dans son article 2.2 : "Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente Charte, renouvelable par le président. La durée de trois ans du mandat ne s’applique pas aux États membres qui versent plus de 1.000.000.000 dollars américains en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte."

Ce qui implique que si l'ambition réelle au Maroc est de demeurer au Conseil de paix, il a encore jusqu'au 22 janvier 2027, première date anniversaire de son lancement officiel à Davos (Suisse). A moins que ce ne soit déjà fait ou en cours.

Pour revenir aux 7 milliards dont avait parlé Donald Trump, on en connaît la ventilation partielle du fait que certains pays ont déjà dévoilé leur contribution propre :

  • L'Arabie saoudite : 1 milliard de dollars.
  • Les Émirats arabes unis : 1,2 milliard.
  • Le Koweït : 1 milliard.
  • Le Qatar : 1 milliard.

Ce qui laisse aux cinq pays restants – le Maroc, en plus de l'Azerbaïdjan, Bahreïn, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan – 2,8 milliards de dollars. Mais combien exactement proviennent des caisses publiques marocaines ?

À cette question, notre interlocuteur américain nous a renvoyés vers "le gouvernement du Maroc", mais ce dernier se terre dans le silence malgré nos multiples relances. Le problème étant que cela est susceptible de donner une photographie trompeuse de la situation réelle des engagements financiers du pays.

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Le 25 février 2026 à 18h14

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