Pharmacies : grèves nationales en série contre la libéralisation du capital
Les pharmaciens annoncent des grèves nationales successives en protestation contre la recommandation d'ouverture de capital imputée au Conseil de la concurrence pour améliorer la situation du secteur pharmaceutique. La date de la première grève sera annoncée ultérieurement.
Trois centrales syndicales des pharmaciens d’officine annoncent, ce lundi 2 mars 2026, un accord unanime pour l’organisation de grèves nationales successives, avec une augmentation progressive de leur durée.
Un conseil fédéral regroupant les syndicats régionaux de différentes villes du Royaume sera tenu dans les prochains jours afin de fixer la date de la première grève nationale.
Les trois centrales, à savoir la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc, annoncent également l'organisation de réunions de coordination avec les conseils des étudiants de toutes les facultés de pharmacie du Royaume, en vue de mener des actions communes.
"Une mobilisation générale et une préparation à toutes les formes de protestation, y compris les plus inédites, sont envisagées pour défendre l’avenir du pharmacien", indiquent-elles dans un communiqué conjoint.
L'annonce de ces grèves intervient à la suite d'une réunion récente qui a rassemblé les présidents des trois centrales. Celles-ci réitèrent leur rejet catégorique de la recommandation évoquée par le Conseil de la concurrence dans son étude relative à la libéralisation du capital des pharmacies.
Elles dénoncent également "l’attitude du président du Conseil de la concurrence [Ahmed Rahhou, ndlr], marquée par l’exclusion injustifiée et délibérée des représentations syndicales, ainsi que le non-respect de ses engagements, à l’approche de la fin de son mandat à la tête du Conseil". Les centrales syndicales font référence à la réunion tenue le 16 février dernier avec le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens.
"Le patient est une ligne rouge"
Les trois centrales syndicales rejettent également catégoriquement toute orientation visant à "marchandiser" le médicament à travers l’ouverture du capital des pharmacies aux capitaux et aux grandes entreprises. "La pharmacie est avant tout un établissement de santé, et l’indépendance du pharmacien au sein de son officine constitue", selon elles, "la seule garantie d’une consultation neutre, à l’abri d’une logique de profit dictée par les lobbies financiers".
L’ouverture du capital des pharmacies aux sociétés commerciales reviendrait, selon elles, à livrer la santé des Marocains à ceux qui paient le plus. Elles refusent que le médicament devienne une marchandise soumise à la loi de l’offre et de la demande, et que le patient soit réduit à un "chiffre d’affaires" dans les registres d’entreprises qui ne voient dans la santé que des chiffres et des profits.
"La protection de la sécurité sanitaire est une priorité"
"La spécificité de la profession impose la présence d’un pharmacien citoyen, mobilisé même au cœur des montagnes et des zones reculées. Une "libéralisation sauvage entraînerait", selon elles, "une concentration des capitaux dans les grandes villes, laissant les habitants des zones rurales et enclavées dans une situation d’isolement sanitaire préoccupante", ajoute le communiqué.
Elles affirment défendre non seulement la pharmacie en tant qu’établissement de santé, mais également le droit du citoyen à trouver son médicament et à bénéficier d’un conseil à proximité de son lieu de résidence, notamment dans les régions qui souffrent encore de marginalisation et de fragilités en matière d’équité territoriale en santé.
Elles soulignent, enfin, que la réforme du secteur doit passer par la révision et le traitement des nombreux dysfonctionnements que connaît la profession, afin de garantir la pérennité et le développement des pharmacies, et non par leur immersion dans une concurrence déséquilibrée et chaotique.
"Les pharmaciens du Maroc ne resteront pas les bras croisés, et notre détermination ne faiblira pas face aux tentatives de démantèlement de l’édifice de la profession. Nous avons toujours privilégié, par patriotisme et sagesse, la voie du dialogue et de la paix sociale. Mais si les tentatives d’imposer des réformes toxiques menaçant l’avenir du pharmacien et la santé du patient persistent, nos actions de lutte pour défendre notre profession seront sans précédent", mettent-elles en garde.
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