Gaspillage alimentaire. Cette étude de 2022 qui tirait déjà la sonnette d'alarme et que le CESE reprend
Repris dans un récent avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le chiffre de 4,2 millions de tonnes de denrées alimentaires jetées par les ménages marocains en 2022 trouve son origine dans une étude onusienne consacrée aux pertes alimentaires au Maroc. Ce travail avait mis en lumière les principaux points de gaspillage dans les filières agricoles.
En 2022, une étude onusienne de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO) révélait que les ménages marocains avaient jeté environ 4,2 millions de tonnes de denrées alimentaires.
C'est ce même chiffre qui est évoqué dans l’avis récemment publié par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur les pertes et le gaspillage alimentaires au Maroc, mettant en évidence l’ampleur du phénomène.
Consacrée à l’analyse des pertes alimentaires dans le Royaume, cette étude visait en effet à identifier les points critiques de gaspillage le long de certaines chaînes de valeur agricoles et à en déterminer les causes. Elle s'était concentrée en particulier sur deux filières importantes pour l’agriculture nationale, à savoir le blé tendre et les dattes.
Une estimation fondée sur l’analyse des pertes alimentaires
Les travaux de la CESAO montrent que les pertes alimentaires surviennent à différentes étapes, depuis la production jusqu’au stockage et à la commercialisation. Dans la filière céréalière, les pertes les plus importantes sont observées au stade de la production, où elles peuvent atteindre environ 20% du volume récolté. Des pertes supplémentaires sont également enregistrées lors du stockage chez les collecteurs, estimées entre 5% et 7%, ainsi qu’au moment des transactions commerciales.
Dans la filière des dattes, les pertes se concentrent principalement au niveau des exploitations agricoles. Elles sont notamment liées aux attaques d’oiseaux, susceptibles d’affecter environ 15% des récoltes, ou encore aux infestations d’insectes comme la pyrale, responsables de pertes estimées à 10%. D’autres facteurs, tels que la chute des fruits, les dattes non récoltées ou les défauts de qualité, contribuent également à la réduction des volumes disponibles pour la consommation.
L’étude souligne toutefois que les données disponibles sur les pertes et le gaspillage alimentaires au Maroc demeurent limitées. Elle appelle ainsi à renforcer la collecte d’informations et les travaux de recherche afin de mieux quantifier les volumes concernés et d’orienter les politiques publiques. La mise en place de dispositifs de suivi et d’évaluation apparaît, dans ce sens, nécessaire pour améliorer la connaissance du phénomène et soutenir les stratégies de réduction des pertes alimentaires.
Un chiffre remis en perspective par l’avis du CESE
Dans son avis, le CESE a repris cette estimation pour alerter sur l’importance économique, sociale et environnementale du gaspillage alimentaire au Maroc. L’institution y appelle notamment à l’élaboration d’un plan d’action ciblé et à l’intégration de la réduction des pertes et du gaspillage au cœur d’une future stratégie nationale d’alimentation durable.
à lire aussi
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.
Article : Animation : Swinga relance sa série sur le Maroc et l'Algérie, dans les coulisses d’un retour très attendu
Trois ans après son premier succès, la série Maroc-Algérie d’Aji-Tfham repart avec un nouvel épisode. Un projet à 1,5 million de dirhams, financé en partie par le public et porté par une équipe en reconstruction. Détails.
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.