Industrie textile : après les critiques de Mezzour, la colère des professionnels
L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement monte au créneau après des déclarations du ministre de l’Industrie évoquant une absence du textile dans le débat sur la politique industrielle. L'AMITH appelle à une vision industrielle claire reconnaissant le poids économique et social du secteur.
L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) a réagi aux récentes déclarations du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, évoquant une absence du secteur textile dans le débat sur la politique industrielle. Les professionnels expriment leur incompréhension face à des propos qu’ils jugent en décalage avec la réalité économique et industrielle du pays.
Selon l’AMITH, l’industrie textile et de l'habillement demeure aujourd’hui l’un des principaux employeurs industriels au Maroc, avec plus de 230.000 emplois directs, des milliers d’entreprises et un rôle déterminant dans l’activité économique de plusieurs régions. Au-delà de l’emploi, le secteur constitue également un pilier important des exportations manufacturières nationales, grâce à son intégration, depuis plusieurs décennies, dans les chaînes de valeur internationales, notamment avec les marchés européens.
Dans un environnement mondial marqué par une concurrence accrue, les industriels marocains continuent de défendre la position du Royaume face à des pays comme le Bangladesh, le Vietnam ou encore l’Égypte, souvent avantagés par des coûts énergétiques plus faibles et des politiques industrielles offensives, précise l'AMITH.
Malgré ces contraintes, les entreprises du secteur ont démontré leur capacité d’adaptation et de résilience, en investissant dans la modernisation des outils de production, la montée en gamme des produits et le développement de relations industrielles de proximité avec les donneurs d’ordre européens. Ces efforts ont permis au textile marocain de rester un acteur significatif des chaînes d’approvisionnement internationales et de contribuer à la crédibilité du Maroc en tant que plateforme industrielle compétitive.
Dans ce contexte, les professionnels s’étonnent que le textile soit présenté comme absent du débat sur la politique industrielle, alors qu’il constitue l’un des piliers historiques de l’industrialisation du pays et qu’il continue de porter une part importante de l’emploi industriel.
L’AMITH rappelle que la compétitivité du secteur repose sur plusieurs facteurs structurants, notamment les coûts énergétiques, la logistique, le cadre réglementaire et l’environnement des affaires. Autant de leviers qui, selon elle, méritent un débat ouvert et constructif afin de consolider la position industrielle du Maroc dans un contexte international de plus en plus exigeant.
Les professionnels soulignent qu’ils ne demandent ni privilèges ni protection particulière, mais plaident pour une vision industrielle claire, cohérente et inclusive, reconnaissant pleinement la contribution des secteurs historiques à la création d’emplois et à la génération d’exportations.
Dans un contexte marqué par la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales et l’intensification de la compétition entre plateformes industrielles, l’industrie textile constitue, selon l’AMITH, un atout stratégique pour le Maroc, qu’il serait risqué de sous-estimer. L’association estime que "si un secteur qui porte plus de 230.000 emplois n’a plus sa place dans le débat industriel, alors c’est le débat industriel lui-même qu’il faut aujourd’hui ouvrir".
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