Séismes. Comment le Maroc renforce son système national de surveillance
Après le séisme d’Al Haouz, le Maroc accélère la modernisation de son réseau national de surveillance sismique. Déploiement de nouvelles stations, capteurs de dernière génération, transmission satellitaire des données et système d’alerte en temps réel : une étude publiée dans le bulletin du Centre sismologique international met en lumière les progrès récents réalisés par l’Institut national de géophysique pour améliorer la détection et le suivi de l’activité sismique dans le Royaume.
L’amélioration du réseau marocain de surveillance sismique vient d'être mise en lumière dans le dernier volume du bulletin du Centre sismologique international (ISC).
Cette parution est d'autant plus significative que cette organisation internationale est reconnue mondialement dans l’établissement de normes internationales relatives à l’information sismique ISF.
L’étude a été réalisée par d'éminents chercheurs en sismologie de l'Institut national de géophysique (ING), à savoir Youssef Timoulali, Mohamed Kasmi et le directeur de l'institut, Nacer Jabour.
Elle traite de l’évolution historique, des réflexions scientifiques en relation avec la nature de l’aléa sismique menaçant le Maroc, ainsi que de la modernisation récente des infrastructures de surveillance et d’alerte sismique, particulièrement après le séisme d’Al Haouz.
Ce dernier a démontré que l’Atlas est capable de générer d’importants séismes, alors qu’il était historiquement caractérisé par une sismicité modérée (de magnitude comprise entre 4 et 6). Il rappelle également l’importance d'une recherche scientifique active pour soutenir le système de suivi actuel et, par conséquent, les politiques publiques de résilience face au risque sismique.
Les stations en cours d’installation sont les suivantes, du nord vers le sud : Asilah-Larache, aux environs de Sefrou-Fès, aux environs de Jorf El Malha-Sidi Slimane, barrage Al Massira, aux environs de Beni Mellal, entre Agadir et Taroudant.

Elles s'ajouteront aux réseaux marocains, qui comptent 36 stations sismiques opérationnelles, 23 accélérographes et 9 stations relais.
De son côté, le réseau des accélérographes est déployé pour surveiller les mouvements forts du sol et les infrastructures, notamment les barrages, en collaboration avec la direction des infrastructures hydrauliques. Son expansion actuelle s'étend notamment aux centres urbains et aux sites d'infrastructures critiques (ponts, barrages, zones industrielles sensibles).
Afin d’optimiser son réseau de surveillance, l'ING, relevant du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), a progressivement modernisé son infrastructure sismique. Cette évolution s'appuie sur l'intégration de la technologie numérique à large bande, de la télémétrie par satellite, et de capteurs synchronisés par GPS, permettant un enregistrement continu des mouvements du sol sur une vaste gamme de fréquences.
Menée principalement entre 2012 et 2025, cette transition technologique repose sur la transmission satellitaire des données. Ce chantier, toujours en cours, marque un tournant vers un réseau 100% numérique et fonctionnant en temps réel. À ce jour, 36 des 50 stations prévues sont déjà actives.
Elles élargissent drastiquement la couverture nationale, ciblant en priorité les régions isolées et à fort risque sismique telles que le Haut Atlas et le Rif.
En ce qui concerne le traitement des données sismiques, un aspect central de la modernisation du réseau réside dans la mise en place du système de surveillance en temps réel Antelope (Boulder Real Time Technologies).
Ce dernier permet l'intégration fluide des flux de télémétrie avec la détection des événements en temps réel, la détermination de l'hypocentre, l'estimation de la magnitude et la génération automatique d'alertes, améliorant ainsi considérablement les performances opérationnelles du système marocain de surveillance sismique. Une avancée majeure qui décuple les performances du réseau marocain de suivi et d’alerte de l’activité sismique.
En réponse à la tragédie d'Al Haouz, un fonds de 9 millions de DH a été conjointement mobilisé en 2024 par l'UNESCO et le gouvernement du Japon dans le cadre du projet de renforcement de la résilience du Maroc face aux séismes.
Ce projet piloté par le CNRST a ainsi permis l'installation de 10 nouveaux capteurs sismiques et le remplacement d'au moins 10 autres équipements jugés obsolètes ou défaillants afin de renforcer le dispositif de surveillance sur l’axe Agadir-Azilal, une zone à haut risque, et d'étendre le réseau de détection à l’échelle nationale.
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