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Football

CAN 2025 : accusations sans preuves et escalade verbale, la Fédération sénégalaise passe à l’attaque

Ce jeudi 26 mars, les salons de la capitale française ont servi de ring médiatique à la Fédération sénégalaise de football. Mené par son président Abdoulaye Fall, le camp sénégalais a déployé une stratégie de communication d'une agressivité rare pour tenter de renverser sa défaite administrative face au Maroc. 

CAN 2025 : accusations sans preuves et escalade verbale, la Fédération sénégalaise passe à l’attaque
N.K.
Le 26 mars 2026 à 16h47 | Modifié 26 mars 2026 à 16h54

Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, a donné le ton d'une conférence de presse placée sous le signe de la confrontation. "L'heure est grave. Nous sommes face au braquage administratif le plus grossier et le plus inique de l'histoire du sport !"

Pour le dirigeant sénégalais, il ne s'agit plus de droit mais "d'honneur national". Il a d'ailleurs franchi une ligne rouge en qualifiant les 18 supporters sénégalais incarcérés au Maroc d'"otages d'un chantage diplomatique inacceptable". Une déclaration choc qui ressemble à une tentative maladroite de politiser un dossier strictement disciplinaire pour s’attirer la sympathie de l’opinion internationale. Tout y est passé : "geôles marocaines, chantage marocain, otages, croisade..."

Coordonnateur du collectif d’avocats représentant la Fédération sénégalaise, Me Cédou Diane n'a pas fait non plus dans la dentelle. Utilisant des formules "coup de poing" pour discréditer la Confédération africaine de football (CAF) et la partie marocaine, il a lancé : "Cette décision n'est pas de la justice, c'est un attentat ! Un attentat aux droits de la défense, un attentat au football et à la discipline sportive !"

Sans présenter aucune preuve ni argumentaire juridique, l’avocat a ensuite fustigé ce qu'il qualifie de manœuvre souterraine du Maroc. "Vous vous rendez compte de ce que le Maroc a fait faire à la CAF, que ce soit par surprise, par malice ou par un autre procédé, si le monde du football laisse faire, si le TAS [Tribunal arbitral du sport, ndlr] laisse passer cela, le vainqueur de la prochaine Coupe du monde pourrait se décider également dans des cabinets d'avocats parisiens, américains ou africains ! Ce n'est plus la peine de faire des académies de football, formez des grands avocats pour avoir des étoiles sur vos maillots !"

Interrogé sur ses arguments, Me Diane invoque une prétendue irrationalité du Jury d'appel de la CAF. "Lorsque la décision ne peut pas être comprise par la raison, lorsqu'elle défie toutes les lois du jeu, toutes les règles de procédure et d'éthique, il y a des raisons légitimes de se poser des questions et d'investiguer". Tout en affirmant "ne pas accuser pour l'instant le Royaume du Maroc", le collectif a brandi le communiqué officiel du gouvernement sénégalais appelant à une enquête pénale internationale sur des "soupçons de corruption".

L’incroyable bluff du "point 9" : le Sénégal s'autoproclame champion

Pour galvaniser ses troupes, la FSF a élaboré une théorie juridique surprenante. Selon Me Diane, le Maroc avait formulé quatre demandes précises à la CAF :

- Constater le retrait du Sénégal ;

- Valider la victoire 3-0 sur tapis vert ;

- Retirer le titre de champion au Sénégal ;

- Exiger la restitution des médailles et du prize money.

Selon l'analyse de la FSF, si le Jury d'appel a accordé les deux premiers points, il a explicitement rejeté les points 3 et 4 au titre du "Point 9"du dispositif. "C’est inscrit dans le marbre en version anglaise et française : il n'y a aucune décision de restitution de trophée, aucune mesure déclarant le Maroc champion ! Juridiquement, le Sénégal est toujours champion d'Afrique !", a clamé l'avocat (*).

Il est même allé jusqu'à la provocation : "Si j'étais l'avocat du Maroc, je formerais appel dans les dernières vingt-quatre heures pour réclamer la coupe, car devant le Jury d'appel, ils ont perdu sur ce point ! "

À Rabat, cette lecture suscite l’incrédulité : une victoire par forfait 3-0 entraîne, de fait, l'attribution des titres liés au match. Mais pour Dakar, cette faille supposée, couplée au fait que la décision n'est pas encore "motivée" par écrit justifie l'exhibition du trophée prévue ce samedi 28 mars au Stade de France. Cf. notre révélation en note de fin d'article.

Traque mondiale et "médaille empoisonnée"

L'offensive a poursuivi dans la même veine avec l'intervention de Me Pierre-Olivier Sur, ancien bâtonnier de Paris et membre du collectif. Ce dernier a fustigé la quête marocaine d'une "médaille empoisonnée".

"Le sport, ce n'est pas le tapis vert. Nous allons chercher les raisons de ce poison. Peut-être est-ce de la corruption ? En tout cas, ça s'appelle le pénal international", a-t-il lancé.

Le collectif a confirmé la mise en place d'une équipe dédiée à une "traque pénale" contre les cinq membres du Jury d’appel. Des plaintes sont en cours de dépôt à New York, Washington et Berne. Pourquoi les États-Unis ? La manœuvre semble claire : intimider les instances sportives en agitant le spectre d'enquêtes criminelles mondiales.

Le pari des "deux mois" au TAS

Sur le plan de la procédure, le Sénégal mise sur la vitesse. Me Serge Vittoz, avocat suisse également membre de l'équipe juridique sénégalaise, a précisé que la FSF exigeait une procédure accélérée. "L'objectif est d'avoir une décision dans les deux mois". Cependant, si le Maroc ou la CAF s'opposent à cette célérité, la FSF demandera des "mesures provisionnelles" pour suspendre les effets de la décision du Jury d'appel.

En dépit de l'imbroglio, Abdoulaye Fall a confirmé un acte de défi envers les instances de la CAF : le trophée sera présenté au public ce samedi au Stade de France.

Le Tribunal arbitral du sport a annoncé, le mercredi 25 mars, la réception de l’appel de la Fédération sénégalaise de football. Selon les propres précisions de l'organisation basée à Lausanne (Suisse), cette procédure vise l'annulation de la décision rendue le 17 mars par le Jury d’appel de la Confédération africaine de football, qui avait acté la victoire du Maroc (3-0) à la suite d'un forfait du Sénégal.

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(*) En réalité, la formulation marocaine est complètement différente. Médias24 est en mesure de révéler la formulation exacte figurant dans la requête marocaine. La voici :

La FRMF demande de "proclamer la sélection nationale du Maroc championne de la Coupe d’Afrique des nations TotalEnergies 2025, avec toutes les conséquences qui en découlent en termes notamment de (i) palmarès (ii) remise du trophée officiel de la CAN à la sélection du Maroc (iii) remise des médailles officielles des vainqueurs de la CAN aux joueurs de la sélection marocaine et (iv) dotations financières (Prize Money) en tant que vainqueur de la CAN".

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N.K.
Le 26 mars 2026 à 16h47

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