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DROIT

Foncier : à Aïn Sebaâ, la famille Slaoui confrontée au gel d’un terrain valorisé à 61 MDH

Classée en zone verte dans le nouveau plan d’aménagement entré en vigueur en février 2026, une parcelle de 4.700 m2, pourtant reconnue par la justice, se retrouve aujourd’hui inexploitée, interrompant un projet d’investissement et relançant un contentieux ancien.

Aïn Sebaâ : après des décennies de litige, un terrain à nouveau gelé
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Le 30 mars 2026 à 19h05 | Modifié 31 mars 2026 à 8h08

À Casablanca, la famille Slaoui derrière la société “Franco-marocaine d’élevage”, affirme se retrouver aujourd’hui privée de l’intégralité de son foncier à Aïn Sebaâ, soit près de 4 hectares progressivement perdus au fil de plusieurs décennies, dans un contexte de procédures administratives et judiciaires prolongées. Le dernier épisode en date, lié au plan d’aménagement entré en vigueur en février 2026, cristallise un contentieux ancien et relance les interrogations sur la gestion foncière dans cette zone industrielle stratégique de Casablanca.

Cet article ne porte pas sur la totalité du terrain progressivement réquisitionné depuis les années 1960, ni sur les longues batailles judiciaires engagées par la famille, notamment depuis les années 1990, ni même sur les décisions de justice qui ont reconnu des droits au profit de la société, ouvrant la voie à une indemnisation financière. Selon les documents fournis par la famille, le montant arrêté par la justice s’établit à 13.810.829,28 DH. Cette somme, assurent les intéressés, n’a toujours pas été versée, même partiellement.

Il s’agit ici de se concentrer sur la dernière parcelle de terrain encore exploitable, d'une superficie de 4.700 m² que la justice a reconnue comme devant être restituée à la société. Situé à proximité du tribunal de première instance de Aïn Sebaâ, ce foncier constituait, selon les déclarations recueillies par nos soins, le dernier actif mobilisable pour un projet d’investissement.

Une dernière parcelle

D’après la famille, une note de renseignement délivrée en juin 2025 autorisait une constructibilité à hauteur de 34% de la superficie, le reste devant être réservé à des aménagements non bâtis. Sur cette base, un projet combinant complexe sportif, espaces commerciaux, restauration et pépinière avait été envisagé par la famille. Des démarches avaient été engagées auprès d’un géomètre pour la délimitation des parcelles ainsi qu’auprès de la conservation foncière en vue de la régularisation administrative.

Cependant, entre la publication de la note de renseignement en 2025 et le plan d’aménagement entré en vigueur par la suite, la situation a évolué. Le terrain a été classé en zone verte, entraînant, de facto, une impossibilité d’exploitation ou de valorisation.

Ce reclassement a, selon les mêmes sources, interrompu l’ensemble des démarches en cours. Une opposition a été formulée par le conseil juridique de la famille, sans qu’une réponse n’ait été apportée à ce jour.

“Le classement en zone verte implique, dans le cadre réglementaire en vigueur, des restrictions strictes”, nous indique-t-on. La famille souligne notamment “l’impossibilité d’engager des actions judiciaires effectives pendant la durée d’application du plan d’aménagement, soit une période pouvant atteindre 20 ans, compte tenu des mécanismes de révision (tous les 10 ans, renouvelables une fois)”.

Cette situation est perçue par les intéressés comme un “blocage durable”, intervenant après plusieurs décennies de procédures. Elle soulève, selon eux, une difficulté majeure : l’impossibilité de disposer du bien, sans pour autant bénéficier d’une indemnisation.

L’utilité publique

Au-delà de la situation individuelle, le dossier met en lumière une problématique plus large liée à la qualification d’”utilité publique”. Le classement en zone verte repose sur cette notion, sans que ses critères d’appréciation ne soient explicitement détaillés dans le cadre des échanges évoqués.

La famille fait valoir, de son côté, que le projet envisagé - intégrant équipements sportifs, espaces de loisirs et offre commerciale - répond également à une forme d’intérêt général. Cette divergence d’interprétation alimente l’incompréhension exprimée quant aux choix d’aménagement retenus.

Un autre point soulevé concerne l’usage des terrains précédemment acquis par l’administration dans la même zone. Selon les déclarations recueillies, la première expropriation de 1 hectare 40 Ca, datant de 1961, a été partiellement affectée à la construction d’une mosquée et d’une école, tandis que le reste demeure non exploité à ce jour. La famille estime que cette surface pourrait, le cas échéant, remplir les fonctions assignées à une zone verte.

Par ailleurs, les interlocuteurs institutionnels identifiés - ministère de l’Intérieur, agence urbaine - sont décrits comme difficilement accessibles. Une saisine du médiateur du Royaume a également été effectuée, mais n’a pas permis d’établir un contact avec le ministère de l’Intérieur, selon les éléments communiqués.

Une valeur de 61 MDH

Sur le plan économique, la famille avance qu’une offre d’acquisition du terrain a été formulée à hauteur de 13.000 DH le mètre carré, valorisant l’actif à plus de 61 millions de DH.

Dans ce contexte, deux issues sont envisagées par les ayants droit : soit le versement d’une indemnisation par l’administration, soit un retour au statut antérieur du terrain tel qu’il ressortait des documents d’urbanisme de juin 2025.

Ce dossier intervient dans un contexte où d’autres litiges fonciers ont récemment émergé dans la même zone d’Aïn Sebaâ, alimentant les interrogations sur les pratiques d’aménagement et les mécanismes de gestion du foncier urbain.

Sans préjuger du fond des situations, ces affaires mettent en évidence des tensions récurrentes entre intérêts privés, planification urbaine et cadres juridiques, dans un secteur à forte pression foncière.

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Le 30 mars 2026 à 19h05

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