Hausse des cours du carburant : répercussion partielle de la hausse pour le gasoil et supérieure pour l'essence (Conseil de la concurrence)
Dans une récente note du Conseil de la concurrence analysant la période du 1ᵉʳ au 16 mars 2026, le régulateur décortique la corrélation entre la hausse des cours mondiaux et les tarifs pratiqués à la pompe au niveau national. L'institution relève des dynamiques de transmission différenciées selon les produits et s’interroge sur la pérennité du système d’ajustement bimensuel des prix.
Les hausses appliquées par les distributeurs de carburant lors de la première quinzaine du mois de mars sont-elles justifiées ? C'est la question que se posait le Marocain en voyant les prix augmenter le 1ᵉʳ mars.
Le Conseil de la concurrence fait preuve de réactivité en publiant une note, ce mardi 31 mars, la veille d'une nouvelle hausse annoncée, pour répondre à cette question.
Voici la conclusion du Conseil :
- Malgré la hausse soutenue des cotations internationales du gasoil et de l’essence raffinés au cours de la période allant du 1ᵉʳ mars au 16 mars 2026, la transmission de ces évolutions aux prix à la pompe au Maroc apparaît différenciée selon les produits.
- Pour le gasoil, l’augmentation enregistrée au niveau des cotations internationales n’a pas été complètement répercutée sur les prix de vente, avec une différence significative s’établissant à -0,89 DH/L.
- Pour l’essence, ladite transmission a été supérieure à l’augmentation enregistrée au niveau international (+0,17 DH/L).
Gasoil et Essence : deux logiques de répercussion distinctes
L'analyse des données recueillies auprès des acteurs du secteur montre que la transmission des hausses internationales n'a pas été uniforme:
- Le gasoil : entre le 1ᵉʳ et le 16 mars, les cotations internationales (CIF) ont grimpé de +2,92 DH/L. En revanche, le prix de vente à la pompe n’a augmenté que de +2,03 DH/L. Le Conseil note ainsi un taux de répercussion partiel de 69,5%.
- L’essence : À l'inverse, alors que les cours mondiaux progressaient de +1,26 DH/L, les prix à la pompe ont enregistré une hausse plus marquée de +1,43 DH/L. Cela représente un écart positif de +0,17 DH/L en faveur des distributeurs par rapport à la variation internationale.

Source : Établi sur la base des données fournies par le ministère de la Transition énergétique et du développement durable.
Vers une remise en question de l'ajustement bimensuel ?
Le Conseil s'est également penché sur l'organisation même du marché. Il ressort des auditions que les opérateurs maintiennent l'usage d'un changement de prix les 1er et 16 de chaque mois.
Cette pratique, héritée de l'ancienne réglementation, repose sur une formule de calcul indexée sur la moyenne des cotations de la quinzaine précédente. Si ce système offre une visibilité aux acteurs économiques, le Conseil souligne qu'il peut favoriser des dynamiques de prix similaires entre les opérateurs.
L'institution a ainsi annoncé engager des échanges avec le secteur pour explorer une évolution de ce calendrier afin de renforcer la dynamique concurrentielle.
Un alignement des prix dicté par la concurrence locale
Enfin, la note apporte un éclairage sur le comportement des stations-service. Malgré des différences dans les prix de cession appliqués par les distributeurs en amont (pouvant aller jusqu'à 0,20 DH/L pour le gasoil), les prix au détail finissent souvent par se rapprocher.
Le Conseil explique ce phénomène par la nature "essentiellement locale" de la concurrence. Les gérants de stations-service ont tendance à ajuster leurs tarifs en fonction de leur environnement immédiat, ce qui conduit à un alignement des prix à l'échelle locale.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.