Nador West Med. Sous-traitant de la SGTM, ShibataFenderTeam éclaire son choix de production hors Maroc
Interrogée par Médias24, l’entreprise allemande apporte des précisions sur l’organisation industrielle mise en place pour ce chantier stratégique, en lien avec ses contraintes d’approvisionnement et son modèle de production, tout en évoquant le rôle joué localement sur certains volets du projet.
Le 11 mars 2026, ShibataFenderTeam, entreprise allemande spécialisée dans la conception et la fourniture de dispositifs destinés à absorber l’impact des navires à l’accostage et à protéger les infrastructures portuaires, annonçait avoir contribué à l’équipement de plusieurs quais de Nador West Med, dans le cadre des travaux réalisés par le groupe de BTP national, SGTM, pour la construction d’une partie des infrastructures du futur complexe.
Associée à ce méga-projet de la façade méditerranéenne marocaine depuis 2022, la société indiquait, dans un communiqué détaillé, avoir déployé ses solutions sur environ 1.520 mètres de quai, répartis entre le terminal à conteneurs, le quai Ro-Ro consacré au transport maritime de véhicules et de remorques, le terminal vrac réservé aux marchandises chargées sans conteneurs, les quais pétroliers utilisés pour les hydrocarbures, ainsi qu’un quai de service alloué aux besoins techniques du port.
Mais le communiqué du 11 mars laissait en suspens une question importante : celle d’une éventuelle production locale. En effet, s’il détaillait le périmètre du lot, les terminaux concernés et l’accompagnement technique assuré pendant l’exécution puis l’installation, il ne disait rien de l’origine industrielle des équipements. De quoi alimenter certaines spéculations autour d’une possible localisation industrielle, au moins partielle, au Maroc.
Consultées par Médias24, des sources autorisées au sein de ShibataFenderTeam nous ont cependant précisé que, pour ce projet, "la fabrication a été réalisée (...) en Malaisie", où la société dispose déjà d'une unité de production. Et ce choix, celle-ci le justifie simplement par le fait qu'il se trouve que le pays d’Asie du Sud-Est est situé en plein dans les grands bassins d’approvisionnement en caoutchouc naturel, matière première centrale dans ce que l'on appelle dans le jargon les systèmes de défense portuaire. "En alignant la production sur la disponibilité des matières, nous optimisons à la fois la qualité des produits et l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement", justifie-t-on.
Cela n’empêche que, selon les mêmes sources, des acteurs locaux ont été mobilisés sur certains volets techniques et commerciaux à chaque étape du projet dans le cadre d’une approche présentée comme "collaborative et internationale", sans toutefois que plus de précisions ne nous aient été données à ce propos. Ainsi, ShibataFenderTeam fait valoir que les équipes dont elle dispose sur place, fortes "d’une longue expérience au Maroc et en Afrique du Nord", ont assuré la communication, l’alignement technique et le suivi de l’intégration. Une organisation qui, met-on en avant, permet d’articuler l’expertise d’ingénierie internationale avec l’exécution du projet, tout en répondant aux exigences de qualité et de performance du chantier.
S'agissant plus généralement de son partenariat avec SGTM, ShibataFenderTeam a tenu à rappeler qu'elle a été choisie au bout "d’un processus d’appel d’offres structuré et concurrentiel", qui avait vu "plusieurs fournisseurs expérimentés participer à la phase de mise en concurrence". "Notre contribution a reposé sur une combinaison d’expérience avérée sur des projets de grande échelle, d’expertise technique et de capacité à fournir des solutions fiables et performantes dans le cadre d’une offre globale équilibrée", expose-t-on.
En plus de la fourniture des équipements, ShibataFenderTeam précise également que son rôle a consisté à adapter en continu ses solutions aux contraintes du chantier. Concrètement, le groupe explique être intervenu "dès les premières phases du projet" pour dimensionner ses systèmes en fonction des caractéristiques des quais et des navires attendus, puis les avoir ajustés au fur et à mesure de l’évolution des plans et des exigences techniques. Cette approche, selon l’entreprise, visait à garantir "une intégration optimale des systèmes dans les structures portuaires", mais aussi leur adéquation avec les conditions réelles d’exploitation une fois le port en service.
Pensé comme un prolongement du modèle Tanger Med, mais un peu plus à l’est, près de la ville de Nador (région de l'Oriental), Nador West Med affiche, à titre de rappel, une capacité annuelle de démarrage de 5 millions de conteneurs et de 35 millions de tonnes de vrac liquide et solide, en plus d'un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) qui doit être le tout premier du Royaume. Selon les indications données le 28 janvier 2026 par le Cabinet royal, les infrastructures de base du complexe sont désormais achevées, avec 5,4 km de digues, 4 km de quais et quatre postes énergétiques.
Dans ce cadre, SGTM s’inscrit dans un dispositif plus large engagé depuis avril 2016 pour la réalisation des principales infrastructures du port. Engagée dans un consortium aux côtés de la société turque STFA et le groupe belge Jan De Nul, elle avait décroché le marché de la première tranche pour un montant de 7,61 milliards de dirham.
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.