Bourse de Casablanca. +38% de bénéfices en 2025, une année record portée par le boom minier et le cycle d’infrastructures

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Par | Le 7/4/2026 à 15:32
Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont franchi un nouveau cap en 2025, avec une masse bénéficiaire dépassant les 50 milliards de dirhams. Au-delà de ce niveau record, la croissance des résultats s’appuie sur des moteurs clairement identifiés, dominés par les mines, le BTP et les banques, dans un contexte opérationnel et macroéconomique favorable.

En 2025, les entreprises cotées à la Bourse de Casablanca ont dégagé près de 52 MMDH de résultats nets, un niveau record, en hausse de plus de 38% par rapport à 2024, où le total atteignait 37,7 MMDH.

Une performance largement anticipée par le marché, dans un contexte particulièrement favorable à la cote, marqué par une amélioration globale de l’activité et des conditions économiques plus soutenues.

Il faut savoir qu’en quatre ans, le résultat net part du groupe (RNPG) de la cote a quasiment doublé. Ce bond traduit moins un simple effet de croisière qu’un approfondissement de dynamiques sectorielles déjà à l’œuvre dans l’économie marocaine.

En données publiées, la progression du RNPG ressort nettement, mais elle reste en partie affectée par un effet de base lié à la résolution du litige entre Maroc Telecom et Wana, qui pèse sur la comparaison entre les deux exercices.

Dans ce contexte, une lecture retraitée permet de mieux apprécier la dynamique sous-jacente. La croissance du RNPG s’établit ainsi autour de 22%, un rythme qui confirme une progression soutenue des performances opérationnelles des sociétés cotées.

Cette évolution s’accompagne d’une progression de l’activité et d’une meilleure tenue des marges dans plusieurs secteurs, dans un environnement économique plus favorable.

Bourse de Casablanca. +38% de bénéfices en 2025, une année record portée par le boom minier et le cycle d’infrastructures

Une contribution sectorielle dominée par les mines, les banques et le BTP

L’analyse détaillée de la formation de la croissance bénéficiaire met en évidence une hiérarchie claire des contributeurs en 2025.

Hors effet Maroc Telecom, le secteur minier enregistre la contribution la plus élevée, avec +2,8 MMDH, soit une progression de 352% sur un an.

Cette performance s’inscrit dans un contexte de forte hausse des cours des métaux et repose essentiellement sur Managem, dont le résultat net part du groupe a progressé de 2,4 MMDH, sous l’effet conjugué de la montée en puissance des projets et d’un environnement de prix favorable.

Le secteur bancaire suit avec une contribution de 2,4 MMDH, soutenue par la progression de l’activité et une amélioration du coût du risque, dans un contexte de normalisation progressive des conditions monétaires.

Le BTP complète ce trio avec un apport de 2,3 MMDH, porté par un environnement sectoriel favorable marqué par l’accélération des chantiers d’infrastructure et la préparation des échéances internationales à horizon 2030. Cette dynamique bénéficie à l’ensemble des acteurs du secteur, avec des contributions significatives de SGTM (+752 MDH), Ciments du Maroc (+467 MDH), TGCC (+430 MDH) et LafargeHolcim Maroc (+340 MDH).

Au-delà de ces trois secteurs, d’autres participent à la dynamique globale, à commencer, certes, par les télécommunications, avec une contribution élevée liée à la normalisation du résultat de Maroc Telecom, comme déjà évoqué, après la résolution du litige avec Wana. Les assurances, la distribution et la santé affichent également des contributions positives, à des niveaux plus modérés, ce qui montre une diffusion progressive de la croissance au reste de la cote.

En parallèle, certains segments enregistrent des contributions négatives, notamment l’électricité et le pétrole & gaz, venant partiellement atténuer la progression globale.

Une dynamique portée par des trajectoires opérationnelles différenciées

Derrière la progression globale des bénéfices, les moteurs opérationnels diffèrent sensiblement d’un secteur à l’autre, avec des trajectoires qui ne relèvent ni des mêmes cycles ni des mêmes leviers.

Dans les mines, la croissance prend une dimension exceptionnelle. Managem voit son résultat net part du groupe passer de 620 millions de DH à plus de 3 MMDH, soit une multiplication par près de cinq. Cette performance repose sur un double effet volume et prix, avec l’entrée en production de nouveaux projets, notamment Boto et Tizert, qui changent d’échelle le profil du groupe, tout en s’accompagnant d’une nette amélioration des marges, portées à 44%.

Le BTP évolue dans une logique différente, davantage liée à l’intensité du cycle domestique. La montée en charge des chantiers se traduit directement dans les résultats. SGTM affiche ainsi un RNPG de 1.342 MDH, en hausse de 2,3 fois, tandis que TGCC voit son résultat opérationnel progresser à 2.257 MDH (+2,47x) , portée par des contrats à plus forte valeur ajoutée. Dans le même temps, Ciments du Maroc enregistre un résultat net de 1.402 MDH (+49,9%), dans un contexte d’amélioration des volumes et de maîtrise des coûts.

Du côté des banques, la progression s’inscrit dans une trajectoire plus régulière. Les résultats évoluent à un rythme à deux chiffres, avec Attijariwafa bank à 10.645 MDH (+12%), Bank of Africa à 3.814 MDH (+11,3%) et CIH Bank à 1.089 MDH (+24,4%) . Cette dynamique repose sur la croissance des encours et une amélioration progressive du coût du risque, dans un environnement économique plus porteur.

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