Sahara : le polisario dit accepter de “discuter” de l'autonomie, ouverture réelle ou manœuvre tactique ?
Pour la première fois, le polisario se dit disposé à accepter que la proposition d’autonomie marocaine puisse être intégrée à une éventuelle consultation, "à condition qu’elle ne constitue pas la seule option".
Des mots inhabituels, prononcés dans un lieu symbolique, devant un public soigneusement choisi. Le représentant du polisario Mohamed Yeslem Beisat a déclaré devant une délégation d'activistes et de responsables politiques espagnols réunis à Tindouf que son mouvement était prêt à "discuter de toute proposition, de toute option, de tout scénario", y compris, explicitement, le plan d'autonomie marocain. En d'autres termes, l'indépendance n'est plus la seule option.
C’est donc avec ces mots, repris par la presse espagnole, que le représentant du mouvement séparatiste, Mohamed Yeslem Beisat, a exposé sa position devant une délégation de responsables politiques et d’activistes espagnols réunis dans les camps de Tindouf, une première dans le discours du mouvement séparatiste.
Parmi ces options figure explicitement la proposition d’autonomie marocaine. "L’autonomie comme option soumise au peuple sahraoui peut être discutée et acceptée, mais nous n’accepterons jamais qu’elle soit la seule solution imposée", a-t-il précisé.
Beisat reconnaît par ailleurs que les siens ne peuvent pas "faire de l’indépendance la seule option, pas plus que le plan d’autonomie marocain ne peut l’être".
Il reconnaît également le rôle des États-Unis comme médiateur dans le processus, malgré la position historique de Washington en faveur de Rabat. "Le fait que les États-Unis assurent la médiation redonne à ce dossier plus d’importance, plus de visibilité et surtout ravive l’espoir", ajoute Sayed, convaincu que l’impasse de 2021 est désormais dépassée.
Ces déclarations interviennent alors que les négociations menées sous l’égide des Nations unies, avec le soutien des États-Unis, entrent dans une nouvelle phase après trois rounds de discussions, deux tenus à Washington et un à Madrid.
Le processus est désormais entré dans une "période de contacts bilatéraux, d’échanges de documents et de visites sur le terrain", en vue d’un éventuel quatrième cycle. "Les Américains insistent pour qu’en mai ou en avril nous passions à une autre vitesse dans la recherche d’un accord", évoquent des sources concordantes.
Manoeuvre, opération de communication ou inflexion réelle? Restons prudents, l'avenir nous le dira.
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