Digitalisation des musées : “Le Maroc a un fort potentiel pour devenir un des leaders africains”
Préserver, valoriser et diffuser le patrimoine à grande échelle : pour Virtual Vision, la digitalisation des musées est devenue un levier stratégique pour moderniser l’accès à la culture au Maroc. Applications mobiles, visites virtuelles, smart cartels et réalité augmentée ouvrent de nouvelles perspectives pour le secteur.
En direct du GITEX Africa Morocco, Charrif Kharrou revient sur la manière dont les technologies immersives transforment la valorisation du patrimoine culturel. Représentant de Virtual Vision, start-up marocaine spécialisée dans la visite virtuelle, il détaille les projets en cours, les enjeux de démocratisation de l’accès à la culture et le potentiel du Maroc sur ce terrain.
- Médias24 : Avant d’entrer dans le cœur du sujet, pouvez-vous nous présenter Virtual Vision ?
Charriff Kahrrou : Virtual Vision est une start-up marocaine spécialisée dans la visite virtuelle et les technologies immersives. Nous accompagnons les entreprises et les institutions dans la valorisation de leurs espaces, en y ajoutant une touche d’interactivité, notamment pour les musées et les espaces culturels.
- Vous êtes au cœur de cette transformation numérique du secteur culturel. Pourquoi la digitalisation des musées est-elle devenue stratégique, en particulier dans un pays comme le Maroc ?
Parce qu’elle permet de préserver, valoriser et diffuser le patrimoine à grande échelle. Aujourd’hui, au Maroc, c’est un levier-clé pour moderniser l’accès à la culture et renforcer le rayonnement du pays à l’international.
- Virtual Vision travaille sur la digitalisation du patrimoine. Pouvez-vous nous présenter un projet concret mené au Maroc ?
Le projet que nous présentons sur le stand d’Orange en est un exemple concret. C’est le fruit d’un partenariat entre la Fondation nationale des musées et la Fondation Orange pour la digitalisation de l’ensemble des musées du Maroc. Ce projet est constitué de quatre phases. La première, c’est la refonte du site web, pour le mettre à niveau avec les technologies actuelles, en ajoutant l’IA et d’autres technologies, et en créant une page pour chaque musée.
- Quelle est la deuxième phase ?
Nous avons travaillé sur une application mobile pour rendre l’expérience du visiteur encore plus interactive. Cette application diffuse les actualités et les activités de la Fondation nationale des musées Elle est aussi dotée d’une technologie inédite au Maroc : les smart cartels.
- Que sont les smart cartels ?
Ce sont des cartels dotés de la technologie NFC avec un QR code, que l’on accroche près de chaque tableau ou de chaque œuvre d’art. Il suffit de scanner le QR code ou de toucher le cartel pour obtenir ensuite toutes les informations sur l’œuvre. Chaque œuvre consultée est aussi sauvegardée dans l’historique de visite de chaque utilisateur.
- Quelles autres fonctionnalités propose cette application mobile ?
Elle permet aussi de présenter une galerie de visites virtuelles pour les utilisateurs, avec les expositions permanentes et les expositions temporaires déjà passées. Elle aide également les utilisateurs à rechercher les œuvres d’art via la technologie de la réalité augmentée, avec des itinéraires qui les orientent jusqu’à l’œuvre souhaitée.
- Le Maroc peut-il devenir un leader régional, voire africain, dans la digitalisation du patrimoine culturel ?
Absolument. Le Maroc a un fort potentiel pour devenir l’un des leaders africains de la transformation digitale, à condition qu’il y ait les bons investissements. Ce qui renforce cette hypothèse, c’est la richesse du patrimoine marocain et sa dynamique digitale.
- Le digital permet-il de démocratiser l’accès à la culture, ou touche-t-il surtout des publics déjà familiers avec la culture ?
Non, cela va vraiment aider à démocratiser l’accès à la culture. Le fait de visiter un musée, pour les publics éloignés, pour d’autres tranches d’âge, pour les jeunes qui ne s’intéressent pas beaucoup à la culture, devient plus accessible. Avec l’informatisation et la digitalisation des musées, ils peuvent y avoir accès à partir de leur smartphone.
- La question de l’émotion et du ressenti dans un musée est centrale. Le risque avec le digital n’est-il pas de standardiser cette émotion, ou au contraire de créer une nouvelle forme d’émotion ?
Au contraire, c’est tout à fait différent. Ce sont vraiment deux choses différentes. Le fait de visiter virtuellement un musée donne une touche d’interactivité. Je pense que c’est complémentaire, parce que cela va donner envie à la personne de visiter réellement le musée.
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