Bénéfices des banques : Attijariwafa franchit les 10 milliards, Saham double sa mise, voici la nouvelle hiérarchie

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Par | Le 13/4/2026 à 11:15
Avec près de 22 MMDH de bénéfices pour les seules banques cotées et jusqu’à 24 MMDH en intégrant les non cotées, le secteur bancaire s’impose comme le principal contributeur à la masse bénéficiaire de la Bourse de Casablanca. Derrière cette performance, des dynamiques contrastées selon les établissements, mais des fondamentaux globalement en nette amélioration.

Les banques marocaines confirment, une nouvelle fois, leur poids structurant au sein de la Bourse de Casablanca. En 2025, les établissements cotés ont généré près de 22 MMDH de résultat net part du groupe (RNPG), en progression de 12,6% par rapport à 2024, dans un contexte marqué par une reprise progressive de l’activité et une amélioration des fondamentaux.

Rapportée à la masse bénéficiaire globale des sociétés cotées, qui dépasse les 50 MMDH, la contribution du secteur bancaire s’élève à environ 44%, confirmant sa position dominante dans la création de valeur sur le marché.

Or, en intégrant les performances des banques non cotées, notamment Saham Bank et le Crédit agricole, le secteur bancaire dans son ensemble affiche un RNPG proche de 24 MMDH. Un niveau qui traduit une amélioration nette des résultats, portée à la fois par la dynamique commerciale et une meilleure maîtrise des risques.

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Des résultats en hausse, mais des dynamiques très différentes

Dans le détail, toutes les banques sont globalement en hausse, mais pas au même rythme. Attijariwafa bank reste largement en tête et dépasse désormais les 10 MMDH de RNPG, à 10,6 milliards de DH. Elle tire clairement la croissance du secteur, avec à elle seule plus d’un milliard de dirhams de bénéfices supplémentaires sur un an.

Derrière, la BCP et Bank of Africa restent solides, avec des progressions respectives de 8,6% et 11,3%. On est sur une croissance normale, portée par l’activité.

Mais là où ça devient intéressant, c’est sur les autres profils. Saham Bank, par exemple, a plus que doublé son RNPG, passant de 795 millions de DH à 1,7 MMDH. C’est de loin la plus forte progression en valeur relative, avec un vrai changement de dimension.

Dans le même sens, CIH Bank continue sur sa lancée avec une hausse de 24,4%, au-dessus du milliard de dirhams. Ensuite, CDM progresse de 16,6%, BMCI de 33,7%, et surtout CFG qui affiche +41,2%. Quant au Crédit Agricole, il est quasiment stable (+1,9%), ce qui tranche avec le reste du secteur.

Une amélioration portée par tous les leviers

Cette progression ne vient pas d’un seul facteur. La marge d’intérêt, les commissions et les activités de marché sont toutes en hausse (+7,6%, +6,6% et +0,8%). Donc l’activité est bien orientée dans l’ensemble.

Mais surtout, les banques ont continué à maîtriser leurs charges et à améliorer le coût du risque, qui recule de 6,5%. Et c’est ce qui fait vraiment la différence au niveau du résultat net.

Par ailleurs, les autres indicateurs des banques confirment cette dynamique. Le produit net bancaire cumulé atteint plus de 100 MMDH en 2025, en progression par rapport à 2024, avec une croissance généralisée sur l’ensemble du secteur. Les trois grandes banques, Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa, concentrent à elles seules près de 80% du PNB, ce qui confirme le poids structurel des leaders dans la formation des revenus.

Dans le même temps, les crédits poursuivent leur progression, avec un encours global qui dépasse 1.400 MMDH, tiré notamment par les financements à l’équipement. Les dépôts suivent la même tendance, atteignant près de 1.600 MMDH, avec une hausse portée en grande partie par les ressources à vue, moins coûteuses, ce qui soutient directement les marges des banques.

Au final, ce sont l’ensemble des fondamentaux qui s’améliorent, avec une activité en hausse, une base de ressources plus favorable et un environnement de taux qui reste globalement porteur, venant consolider la progression des bénéfices en 2025.

Une dynamique portée par un environnement macro favorable

Au-delà des performances individuelles, la progression des bénéfices en 2025 s’inscrit aussi dans un environnement macroéconomique globalement favorable. L’économie nationale a évolué dans un cadre plus porteur, soutenue par l’action des pouvoirs publics et un contexte monétaire accommodant. Malgré les chocs accumulés ces dernières années, la croissance est restée solide, notamment grâce à la bonne tenue des secteurs non agricoles, tandis qu’un redressement de l’activité agricole est attendu.

Dans le même temps, l’inflation est restée maîtrisée, ce qui a permis de maintenir des conditions de financement relativement attractives. Or, ce point joue directement sur la dynamique du crédit et de l’investissement. Ainsi, les banques ont évolué dans un contexte plus favorable, avec des ressources en hausse tirées par les dépôts à vue et l’épargne, et une progression des crédits à l’économie, notamment sur l’équipement, l’immobilier et la consommation.

Dans ce cadre, l’amélioration des résultats du secteur apparaît moins comme un simple effet conjoncturel que comme le reflet d’un environnement globalement plus porteur pour l’activité bancaire.

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