Gazoduc Nigeria-Maroc. Précisions au sujet des levées de fonds envisagées
Selon Bloomberg, l’ONHYM prépare sa première levée de fonds depuis sa transformation en société anonyme pour financer une partie du gazoduc Nigeria-Maroc. Mais, selon une source autorisée au sein de l’Office jointe par Médias24, le montage envisagé passerait par une société de projet dédiée, appelée à être constituée avec NNPC Limited.
Selon une information de Bloomberg, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) prépare une levée de fonds destinée à financer une partie du gazoduc Nigeria-Maroc, projet estimé à 25 milliards de dollars. L’opération serait la première du genre depuis la transformation de l'établissement en société anonyme.
Jointe par Médias24, une source autorisée au sein de l’ONHYM apporte toutefois des précisions sur le montage envisagé. Sans exclure un recours au marché, cette source indique que celui-ci ne serait pas porté directement par l’ONHYM, mais par une société de projet dédiée, appelée à être constituée avec le partenaire nigérian du projet, la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Limited).
Cette société de projet s’inscrirait dans l’architecture institutionnelle prévue par l’accord intergouvernemental relatif au gazoduc Nigeria-Maroc. Adopté en décembre 2024 lors du sommet de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO), cet accord encadre les droits et obligations des États participants. Sa signature officielle est toujours attendue en 2026, selon Reuters, qui cite la directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra.
Le dispositif prévoit deux entités complémentaires. La première est la Haute Autorité du gazoduc, instance à vocation politique réunissant, au niveau ministériel, des représentants des États participants. Elle doit constituer le cadre de coordination stratégique et de décision entre les treize pays impliqués dans le projet.
La seconde est la société de projet, entité opérationnelle chargée de la mise en œuvre concrète du gazoduc. Elle aura notamment pour mission de structurer le financement, de mener les levées de fonds, de piloter la construction et d’assurer la réalisation du projet dans ses différentes phases.
C’est donc cette structure dédiée, et non directement l’ONHYM, qui aurait vocation à porter le futur montage financier. Selon la même source, le montant, la nature et le calendrier de la première levée de fonds devraient être précisés ultérieurement, de même que l’échéance retenue pour réunir les 25 milliards de dollars nécessaires au financement global du projet.
Engagé depuis 2018, le gazoduc Nigeria-Maroc est conçu comme un corridor gazier de près de 6.900 kilomètres, mêlant tronçons terrestres et offshore.
Pour l’ONHYM, ce projet constitue un levier structurant, à la fois pour l’accès à l’énergie sur le continent africain et pour la diversification des approvisionnements en gaz vers l’Europe.
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