Start-ups innovantes: beaucoup d’annonces pour de timides résultats
Soutien des PME, accompagnement des start-ups, création d’écosystèmes,… les initiatives se multiplient mais, pour le moment, les retombées en faveur des entreprises innovantes demeurent assez timides.
La fin du mois d’octobre a vu le lancement du fonds Innov’ Invest, dédié au financement des porteurs de projet innovants. Een début de semaine dernière, Skhirate a abrité les travaux du ‘’Forum de haut niveau pour la promotion des start-ups dans le monde arabe’’. Là encore, les déclarations ont fusé, le consensus a été établi – une fois de plus, sur la nécessité de mettre en place un environnement propice à l’éclosion et l’épanouissement de ces structures innovantes.
Sauf que dans la réalité, force est de constater que dans le Maroc d’aujourd’hui, le fondateur d’une start-up peine à décrocher un financement pour lancer son activité.
Les banques sont toujours réticentes face aux start-ups, le rapport au risque étant jugé trop élevé. Pour un jeune porteur de projet – avec de bonnes idées mais peu de garanties, le capital-amorçage représente la meilleure option pour lancer son entreprise.
Ce type d’investissement intervient – sous d’autres cieux, en amont de la création de la start-up. C’est le tout premier apport qui permet à l’entreprise innovante de voir le jour. Un mode de financement qui a connu un joli succès dans certaines économies en développement - notamment le Rwanda, le Chili, le Kenya ainsi que la Malaisie.
Mais pas au Maroc. Selon les dernières statistiques de l’Amic (Association marocaine des investisseurs en capital), le capital-amorçage ne représente que 2% des investissements en capital-risque dans le royaume.
La forme juridique est le premier frein au financement des start-ups. Au sein de l’Amic, on nous confie que les professionnels du capital-risque investissent très rarement dans une SARL, qui est pourtant la forme juridique privilégiée par la majorité des créateurs d’entreprises.
Autre constatation, alors que l’on parle à tout-va de soutenir les start-ups innovantes, la ventilation sectorielle du capital-amorçage démontre que les entreprises des NTIC représentent à peine 8% des bénéficiaires.
Dans le même ordre d’idées, lorsqu’on demande aux investisseurs de définir les secteurs dans lesquels ils comptent investir dans les cinq prochaines années, seuls 9% d’entre eux identifient les NTIC comme un créneau porteur d’investissement. Ce qui n’est pas très encourageant pour ‘’le développement d’entreprises innovantes’’, qui prend de plus en plus des airs de mantra économique totalement vide de substance.
Afin d’identifier les incitations et meilleures pratiques financières, règlementaires et fiscales susceptibles de contribuer à l’essor des start-ups innovantes, l’Amic vient d’initier une étude en partenariat avec le cabinet de consulting Grant Thornton. Les recommandations devraient tomber au cours du 1er trimestre 2018.
Si, du côté du ministère de l’Economie et des Finances, on assure vouloir tout mettre en place pour favoriser le décollage des start-ups, on peut légitimement s’interroger sur la portée - dans le contexte économique actuel, de la récente création du fonds Innov’ Invest, ou encore du projet de loi sur le crowdfunding. Pour motiver les investisseurs, des incitations concrètes devront être mises en place, notamment d’ordre fiscal. Ce qui n’est pas gagné quand on connaît la frilosité de la tutelle pour tout ce qui a trait à la fiscalité.
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