Dr Taoufik Talhaoui
Cadre chercheur au Maroc.Une semaine difficile pour le MASI
La première semaine de mars 2026 a été particulièrement éprouvante pour l’indice boursier marocain, le MASI. La presse nationale a largement commenté le repli du marché, dans un contexte international marqué par l’escalade militaire au Moyen-Orient opposant les États-Unis et Israël à l'Iran. Ce conflit a provoqué une flambée des prix du pétrole sur les marchés internationaux, le baril ayant bondi de plus de 10% dans les premiers jours de la crise, ravivant les craintes d’un choc énergétique mondial.
Dans un pays fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, comme le Maroc, cette hausse du pétrole alimente les inquiétudes quant à l’évolution de la facture énergétique et ses répercussions sur l’économie nationale. Dans ce climat d’incertitude géopolitique et économique, les investisseurs ont fait preuve de prudence, entraînant une correction notable du marché actions marocain au cours de cette période.
Conjoncture économique mondiale & géopolitique
La semaine du 28 février au 7 mars 2026 a été dominée par une forte montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, impliquant notamment les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette escalade militaire a ravivé les craintes d’un choc énergétique et d’un ralentissement de la croissance mondiale. Les marchés financiers internationaux ont réagi par un mouvement d’aversion au risque, obligeant les investisseurs à se repositionner sur les actifs refuges tels que le dollar et les métaux précieux.
Dans ce contexte, le dollar américain s’est apprécié, atteignant son plus haut niveau depuis environ six semaines face aux principales devises. Cette évolution reflète les anticipations d’une politique monétaire américaine qui pourrait rester restrictive plus longtemps afin de contenir l’inflation persistante.
Sur le plan énergétique, les tensions régionales ont contribué à une hausse des prix du pétrole, le Brent a franchi le seuil des 90 dollars le baril, alimentant les inquiétudes concernant les coûts de l’énergie et l’inflation mondiale.
Parallèlement, les marchés boursiers internationaux ont évolué dans un climat d’attentisme. Les indices boursiers ont affiché des replis, notamment après la publication des statistiques d’emploi aux États-Unis, un indicateur clé pour la politique monétaire de la Réserve fédérale. En Europe, les investisseurs restent attentifs aux conséquences économiques des tensions géopolitiques et à la trajectoire de l’inflation.
Indicateurs macroéconomiques & conjoncture nationale
L’économie marocaine continue d’évoluer dans un environnement international incertain, marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés financiers. Selon les dernières estimations macroéconomiques, la croissance économique du Maroc pourrait atteindre environ 4,7 % en 2025 et 5 % en 2026, soutenue par la reprise de l’activité agricole et la progression des secteurs non agricoles, notamment l’industrie, les services et la construction.
Le cadre macroéconomique du Maroc demeure globalement stable. En 2025, l’inflation a été contenue à moins de 1 %, tandis que le déficit budgétaire de 60,5 milliards de dirhams, a connu une légère amélioration par rapport à l’année 2024. Le taux de chômage, quant à lui, il s’est stabilisé à 13 %, en amélioration par rapport à 2024. À la fin de l’année 2025, l’encours des avoirs officiels de réserve s’est élevé à 443,3 milliards de dirhams, soit une hausse de 18 % en glissement annuel par rapport à 2024.
L’économie marocaine bénéficie également d’investissements structurants liés à plusieurs projets stratégiques, notamment dans les infrastructures, l’énergie et les préparatifs de la Coupe du Monde 2030, que le Maroc organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Ces investissements devraient soutenir l’activité économique et l’emploi au cours des prochaines années.
Toutefois, la poursuite de l’escalade du conflit actuel au Moyen Orient pourrait provoquer une hausse des cours du pétrole, ce qui alourdirait la facture énergétique du Maroc et augmenterait le coût des importations. L’économie marocaine étant fortement dépendante des importations d’hydrocarbures (environ 90 % des besoins énergétiques), toute hausse du prix du pétrole se répercute directement sur cette économie. Cette situation peut entraîner un retour de l’inflation importée, une hausse des prix des carburants et du transport, et donc une pression sur le pouvoir d’achat.
Bourse de Casablanca – Performances et tendances
La Bourse de Casablanca a traversé une semaine particulièrement volatile, fortement impactée par les tensions géopolitiques internationales. L’indice de référence MASI a enregistré une baisse hebdomadaire de 5,75%, clôturant à 17.097 points, ce qui constitue l’une des plus fortes corrections hebdomadaires depuis avril 2025.
Cette correction a été principalement tirée par les grandes capitalisations, qui ont concentré l’essentiel des volumes d’échanges et subi un désengagement notable des investisseurs. Plusieurs valeurs phares ont enregistré des replis significatifs :
- Attijariwafa Bank : recul d’environ 3%
- IAM : baisse d’environ 6%
- TGCC : chute de 10%
- SGTM : repli proche de 11%
- Marsa Maroc : repli d’environ 8%.
À l’échelle sectorielle, le BTP, l’immobilier, la distribution ainsi que le pétrole et le gaz ont enregistré de plus fortes baisses. Dans ce contexte de volatilité, les valeurs minières ont toutefois fait preuve de résilience, profitant de la hausse des cours des métaux précieux. Des sociétés comme Managem et SMI ont ainsi enregistré des performances positives, reflétant l’attrait des investisseurs pour les actifs liés aux matières premières en période d’incertitude.
Globalement, la tendance du marché reste étroitement liée à l’évolution du contexte international. Les investisseurs demeurent prudents, surveillant particulièrement les développements géopolitiques au Moyen-Orient et leur impact potentiel sur les prix de l’énergie et les flux d’investissement.
La semaine du 28 février au 7 mars 2026 a été marquée par une forte montée des risques géopolitiques internationaux, entraînant une hausse de la volatilité sur les marchés financiers. La Bourse de Casablanca n’a pas échappé à cette dynamique, enregistrant une correction significative sous l’effet de l’aversion au risque des investisseurs.
Malgré ces turbulences à court terme, les fondamentaux macroéconomiques du Maroc demeurent globalement solides, soutenus par des perspectives de croissance favorables et par des investissements structurants dans les infrastructures et la transition énergétique.
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