Croissance inférieure aux prévisions: 2,8% en 2018
Net ralentissement de la croissance en 2018: +2,8% contre des prévisions de 3% et plus. Le tassement de la valeur ajoutée agricole n’a pas été compensé par l’amélioration du PIB non agricole qui croît toujours lentement.
Le ralentissement économique se confirme. Il est même plus prononcé que prévu.
Le HCP a publié le 31 mars, les comptes nationaux du quatrième trimestre 2018. La compilation de ces chiffres avec ceux des trois trimestres précédents permet de déterminer la croissance de toute l’année 2018.
Selon les calculs de Médias24, la croissance a fortement ralenti, passant de 4,1% en 2017 à 2,8% en 2018. C’est moins que les prévisions de Bank Al-Maghrib (3,1%) et du HCP (3%).
Il s'agit de calculs provisoires. Les chiffres définitifs que publiera le HCP dans quelques semaines peuvent présenter un léger écart.
Cette situation s’explique par le tassement de la valeur ajoutée agricole (+3,2% contre +15,20%) suite à un effet de base après la bonne campagne agricole 2016-2017.
Tassement non compensé par l’amélioration de la valeur ajoutée non agricole qui évolue toujours lentement : +2,9% contre +2,7%.
Le PIB non agricole (VA + les impôts nets des subventions) a crû de 2,8% contre 2,7% une année auparavant.
Le BTP, le transport, les télécoms, les services personnels et aux entreprises ainsi que l’éducation, santé et action sociale ont marqué le pas en 2018.
Le commerce, le tourisme, l’eau/électricité et l’industrie se sont maintenus.
En tenant compte de la variation des prix (+1,7%), le PIB en valeur affiche une progression de 4,5% après 4,9% en 2017, année de faible inflation (+0,8%).
Dégradation du besoin de financement de l'économie
Du côté de la demande, la croissance de la consommation des ménages s’est stabilisée à 3,5%, celle des administrations a ralenti à 1,5% après 1,8%.
L’investissement (formation brute du capital fixe) s’est amélioré de 3,6%, à 345 milliards de DH (intégrant la variation des stocks).
Le commerce extérieur a, lui, connu une augmentation des importations plus importante que celle des exportations (+24,5 milliards de DH contre +16,9 milliards de DH).
Dans ces conditions, le besoin de financement de l’économie s’est aggravé de 63%, à 64,6 milliards de DH. Il représente 5,8% du PIB en valeur contre 3,7% en 2017.
Cette dégradation résulte d’une baisse de l’épargne nationale de 1%, à 304 milliards de DH conjuguée à une hausse de l’investissement (en valeur) de 6,3%, à 368 milliards de DH (plus de 33% du PIB).
La baisse de l’épargne nationale s’explique par le tassement des revenus, notamment ceux provenant de l’étranger (MRE) et le maintien du trend haussier de la consommation des ménages.
Pour rappel, l’année 2019 devrait connaître un ralentissement encore plus marqué. Suite aux risques qui pèsent sur la campagne agricole 2018-2019 et à la lente reprise des activités non agricoles, Bank Al-Maghrib prévoit une croissance de 2,7%. Le HCP, lui, s’attend à 2,9% mais cette prévision sera actualisée en juillet prochain.
>>Lire aussi: Croissance: 2020, l’année de la reprise ?
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