Amzazi-Syndicats: La grève nationale des enseignants est maintenue
La réunion entre le ministère de l'Education nationale et les syndicats du secteur s'est-elle soldée par un nouvel échec? C'est en tous les cas ce que laisse entendre le SG de la FNE. La grève nationale prévue du 26 au 28 mars était le principal point de discussion. Le ministère demande aux syndicats de l'annuler, ces derniers refusent.
Le ministre de l'Education nationale s'est réuni ce lundi 25 mars avec les six syndicats les plus représentatifs du secteur : FNE, UMT, FDT, UGTM, CDT et l'UNTM. Aucun représentant de la Coordination nationale des enseignants contractuels n'était présent à cette réunion.
Dans une interview accordée à Médias 24, Saaid Amzazi avait expliqué que le ministère a toujours eu comme interlocuteurs des institutions. "On ne peut pas s’amuser à rencontrer toutes les coordinations qui se créent chaque jour".
Selon une source proche du dossier, cette réunion "entre dans le cadre des réunions périodiques tenues entre le ministère de l'Education nationale et les syndicats les plus représentatifs de l'enseignement". Elle était convenue depuis la réunion du 25 février.
"Un arrêt collectif du travail"
Au cours de cette rencontre, M. Amzazi a informé les syndicats que les propositions qui ont émané des commissions mixtes ont été communiquées au gouvernement et qu'elles sont en cours d'étude. Le ministre a également rappelé la volonté du ministère de traiter tous les dossiers revendicatifs des syndicats, et de faire de son mieux pour proposer des offres avantageuses pour les deux parties.
M. Amzazi a également demandé aux syndicats d'annuler la grève de 72 heures, qui démarre mardi 26 mars (jusqu'au 28 mars), pour ne pas compromettre davantage le droit à la scolarité des élèves.
Par ailleurs, notre source note que la Coordination nationale des enseignants contractuels n'a pas un statut juridique et n'a, de ce fait, pas le droit de proclamer une grève. Les ex-contractuels ne sont donc pas en grève. Il s'agit d'un arrêt collectif de travail. Le ministère a ainsi le droit d'entamer la procédure d'abandon de poste, sans avertissement.
Selon notre interlocuteur, pour l'instant cette procédure n'a encore été entamée contre aucun enseignant contractuel, malgré leurs absences répétitives.
Un listing des enseignants absents est fait quotidiennement au niveau des AREFs. Des avertissements ont été envoyés à certains enseignants. Si ces derniers refusent de regagner leurs postes dans sept jours, la procédure d'abandon de poste sera entamée contre eux.
Un énième échec pour les syndicats
Selon le Secrétaire général de la FNE, Abderrazak El Idrissi, le principal point discuté lors de la réunion, qui a duré 3 heures, est la grève de 72 heures qui débute mardi. Les Syndicats refusent de l'annuler. La grève aura donc bien lieu du 26 au 28 mars. Elle concerne toutes les catégories d'enseignants.
Joint au téléphone par Médias24, M. Idrissi estime qu'il n'y a rien de nouveau du côté des ex-contractuels.
Rappelons que des milliers d'ex-contractuels ont manifesté le samedi 23 et dimanche 24 mars à Rabat.
La manifestation qui a eu lieu samedi a été marquée par l'intervention des forces de l'ordre, après deux heures de négociation, pour disperser les enseignants qui voulaient camper devant le parlement à Rabat pour protester contre leur statut. Les Syndicats dénoncent "la violence" de la police face aux manifestants.
Dimanche, une marche nationale a également été organisée à Rabat par les ex-contractuels.
Selon le SG de la FNE, les Syndicats ne sont pas contre le recrutement régional, mais à condition d'intégrer la Fonction publique. "Des concours pour le recrutement régional avaient été organisés en 2014 et 2015. Les candidats retenus suivaient des formations dans les Centres régionaux des métiers de l'éducation et de la formation (CRMEF). Ils étaient ensuite recrutés dans les régions concernées, tout en intégrant la Fonction publique".
Rappelons que les ex-contractuels ont désormais les mêmes droits que les enseignants de la fonction publique. Seuls points de différence: le système de retraite - un point qui sera réglé dans le futur- et la mobilité régionale au lieu de la mobilité nationale. Notons qu'à ce niveau, "le ministère est prêt à étudier des cas spécifiques comme le rapprochement de conjoint".
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