Généralisation de la protection sociale : un coût annuel de 51 milliards de DH
Le coût estimé pour la généralisation de la protection sociale à horizon 2025 est de 51 milliards de DH annuellement. Sur cette enveloppe, 28 MMDH proviendront des cotisations et 23 MMDH de l'Etat.
Mohamed Benchaâboun, le ministre de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'administration a présenté le projet de loi-cadre sur la protection sociale à la chambre des conseillers ce 22 février.
Lors de sa présentation, le ministre a communiqué pour la première fois le coût estimé de cette réforme qui doit être déployée entre 2021 et 2025 et qui doit s'articuler autour de quatre axes avec des échéances précises :
- La généralisation de l’Assurance maladie obligatoire, à fin 2022, au profit de 22 millions personnes supplémentaires qui bénéficieront d'une assurance couvrant les frais de traitement, de médicaments et d’hospitalisation.
- La généralisation des allocations familiales durant les années 2023 et 2024 au profit des familles qui n'en profitent pas selon les textes en vigueur. Ces familles bénéficieront selon le cas d'indemnités forfaitaires ou d'indemnités de protection des dangers relatifs à l'enfance (déperdition scolaire) ciblant 7 millions d'enfants en âge de scolarité.
- L’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraite pour inclure environ 5 millions de personnes qui exercent un emploi et ne bénéficient d’aucune pension à horizon 2025.
- La généralisation de l’indemnité pour perte d'emploi durant l'année 2025 pour couvrir toute personne exerçant un emploi stable.
Le coût de l'ensemble de ces chantiers est estimé à 51 MMDH annuellement, a révélé le ministre. Il faut 14 MMDH pour l'AMO, 20 MMDH pour la généralisation des allocations familiales, 16 MMDH pour la généralisation de la retraite et enfin 1 MMDH pour l'indemnité pour perte d'emploi (IPE).
23 MMDH à la charge de l'Etat annuellement
Quid alors du financement de cette importante enveloppe financière sachant que le financement est l'une des principales problématiques à laquelle l'Etat doit trouver des solutions pérennes ?
Le projet de loi-cadre sur la protection sociale a défini dans son article 11 les piliers sur lesquels reposera le financement de la réforme dans sa globalité. Deux mécanismes y sont cités :
- un mécanisme basé sur l'affiliation pour les personnes capables de cotiser dans le financement de la protection sociale. Il s'agit des cotisations des assurés.
- un mécanisme basé sur la solidarité en faveur des personnes n'ayant pas la capacité de supporter les droits d'affiliation. Il s'agit du budget pris en charge par l'Etat.
Dans sa présentation de ce jour, le ministre des Finances explique que sur les 51 MMDH nécessaires pour ce grand chantier, 28 MMDH seront apportés par les cotisations des assurés et 23 MMDH par l'Etat dans le cadre du mécanisme basé sur la solidarité en faveur des personnes n'ayant pas la capacité de cotiser.
Autrement dit, au terme de 2025, l'Etat devra consacrer annuellement une enveloppe de 23 MMDH pour la protection sociale. Cette enveloppe sera puisée, selon les propos du ministre :
- du budget de l'Etat
- des recettes fiscales réservées au financement de la protection sociale (ex. : taxe sur la solidarité décidée en 2021)
- des ressources dégagées suite à la réforme de la compensation,
- toutes les autres ressources qui peuvent être mobilisées en vertu de textes législatifs ou réglementaires.

Les Ramédistes intégrés dans le système en 2022
Mohamed Benchaâboun a également détaillé le calendrier d'exécution de la réforme globale et celui spécifique à la généralisation de l'AMO.
Ainsi, comme annoncé auparavant, la réforme globale de la protection sociale démarre cette année pour s'achever en 2025.

En ce qui concerne le chantier de la généralisation de l'AMO, le ministre révèle les dates d'intégration de certaines professions à forte population comme les commerçants, les agriculteurs ou les artisans traditionnels.
Ainsi, l'on apprend que l'intégration des 800.000 commerçants (soumis au régime du CPU) à l'AMO se fera au cours de ce premier trimestre.
Celle des agriculteurs (1,6 million de bénéficiaires) et artisans traditionnels (500.000 bénéficiaires) au cours des deuxième et troisième trimestres. L'intégration des professionnels du transport et des opérateurs des professions réglementées se fera au cours du second semestre de l'année 2021.
Il explique aussi que l'intégration des bénéficiaires du Ramed ne se fera qu'en 2022. D'ici là, les ramédistes continueront à bénéficier du système actuel.

À découvrir
à lire aussi
Article : Ligue des champions de la CAF : l’AS FAR élimine la RS Berkane et rejoint Mamelodi Sundowns en finale
Battu 1-0 à l’extérieur, le club rbati a validé son billet grâce à son succès 2-0 à l’aller, retrouvant l’ultime rendez-vous continental pour la première fois depuis 1985, où il avait été sacré.
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.