La faillite du voyagiste Thomas Cook devrait impacter le Maroc
Impossible pour le moment d'évaluer cet impact sur le Maroc. Il y aura au moins une ardoise chez les hôteliers, notamment à Marrakech. En Tunisie, les impayés que subiront les hôteliers sont estimés à 60 millions d'euros.
Différentes sources marocaines professionnelles ou officielles, contactées par Médias24 dimanche, n'ont pas répondu à nos sollicitations. Il y aura évidemment un impact au Maroc.
Le plus ancien voyagiste du monde, le britannique Thomas Cook, s'est déclaré lundi en faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, déclenchant le rapatriement sans précédent de ses quelque 600.000 clients en vacances dans le monde.
We are sorry to announce that Thomas Cook has ceased trading with immediate effect.
This account will not be monitored.
Please visit https://t.co/WWiKkzLYQJ for further advice and information.#ThomasCook pic.twitter.com/Nf1X3jn97x
— Thomas Cook (@ThomasCookUK) September 23, 2019
Les autorités britanniques notamment vont devoir organiser le retour de 150.000 de leurs ressortissants, deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans. 4 vagues de retour sont prévues au départ de Marrakech pour les ressortissants britanniques, vers le Royaume Uni. Il s'agit des touristes devant à l'origine repartir les 25 et 28 septembre, les 2 et 5 octobre. Ces dates ne concernent que les voyageurs devant rentrer au Royaume Uni.
En Tunisie, des voyageurs britanniques ont été retenus par un hôtel qui a exigé le paiement avant le départ. Après intervention du ministère tunisien du Tourisme, ils ont pu repartir.
Sur le site spécial consacré aux mesures d'urgence pour le rapatriement des touristes, Thomas Cook UK conseille à ses clients se trouvant à l'étranger de "ne pas effectuer de paiement à [leur] hôtel, à moins d’instruction contraire de la part de l'Autorité britannique de l'aviation CAA."
Thomas Cook France commercialise de son côté 208 formules différentes de séjour au Maroc.
Thomas Cook Airlines devait lancer le 1er novembre prochain une liaison saisonnière Londres-Marrakech.
"Le gouvernement et l'Autorité de l'aviation lancent l'opération de rapatriement la plus importante pour des civils de l'histoire en temps de paix", a fait valoir le département britannique des Transports dans un communiqué.
Le groupe a expliqué que "malgré des efforts considérables" au cours du week-end, "les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financement possibles n'ont pas débouché sur un accord. Le conseil d'administration a donc conclu qu'il n'avait d'autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat".
En parallèle, l'Autorité britannique de l'aviation (CAA) a affirmé que Thomas Cook, "tour opérateur et compagnie d'aviation, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées".
Les cabinets AlixPartners et KPMG devraient être nommés administrateurs des différentes filiales du groupe.
Le patron du voyagiste, Peter Fankhauser, a souligné que "bien qu'un accord ait été déjà largement approuvé, une requête pour des fonds supplémentaires ces derniers jours a présenté une difficulté qui s'est révélée insurmontable".
Le destin du voyagiste s'est en effet joué en quelques jours: des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d'euros) de financements supplémentaires pour qu'un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain.
"C'est un profond regret pour le conseil d'administration et moi de ne pas avoir réussi. Je tiens à m'excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d'employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années", ajoute-t-il, déplorant aussi un "jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé".
Né en 1841, le tour opérateur indépendant le plus vieux du monde compte 22.000 employés dont 9.000 au Royaume-Uni qui vont beaucoup se retrouver au chômage dès lundi.
Le voyagiste très lourdement endetté a vu son horizon s'assombrir ces dernières années à cause de la concurrence acharnée des sites internet de voyage à bas prix et de la frilosité de touristes inquiets du Brexit notamment. Il avait annoncé une perte abyssale d'1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de quelque 10 milliards.
Opération Matterhorn
Les autorités britanniques ont activé un plan d'urgence surnommé "Opération Matterhorn", du nom d'une campagne de bombardement américaine lors de la deuxième guerre mondiale.
"Les clients qui sont à l'étranger doivent consulter le site www.thomascook.caa.co.uk et ne se rendre à l'aéroport que lorsqu'ils ont un vol alternatif confirmé", enjoint la CAA qui précise les numéros des lignes téléphoniques spéciales ouvertes pour aider les voyageurs (0300 303 2800 en Grande-Bretagne et Irlande, +44 1753 330 330 depuis l'étranger).
La CAA ajoute avoir sécurisé des avions spéciaux pour cette opération colossale qui devrait durer jusqu'au 6 octobre, même si certains touristes pourront rentrer par des vols commerciaux. Elle rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d'une directive européenne.
Cette législation s'applique aux autres membres de l'UE, notamment la France et l'Allemagne qui ont de gros contingents de clients de Thomas Cook, et ces derniers devraient bénéficier de fonds de garantie locaux.
"Vu l'ampleur de la situation, quelques perturbations sont inévitables, mais la CAA va faire son possible pour ramener les gens chez eux aussi près de la date prévue que possible", que ce soit pour les gens couverts par ATOL ou non.
La CAA relève que les clients ayant acheté un séjour qu'ils n'ont pas encore utilisé auront droit à "un remboursement complet", et que ceux qui sont coincés à l'étranger pourront aussi recouvrer les frais encourrus sur place si leur retour est retardé. (Avec AFP)
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