Bain de foule pour Akhannouch et le RNI à Dakhla
A Dakhla, dans un fief traditionnellement istiqlalien, le RNI a réuni environ 4.000 personnes sous une tente chauffée à blanc, au propre comme au figuré. Le parti continue à grignoter du terrain, à deux ans et demi des élections de 2021.
Depuis quelques semaines, le RNI avait décidé de tenir des réunions du bureau politique ainsi que des meetings publics, dans les régions. Ce furent Tanger, puis Azilal, Fquih Ben Salah, Taourirt, Nador et maintenant Dakhla. La prochaine étape sera Essaouira.
A Dakhla, ce samedi 23 février 2019, le chapiteau est planté sur la grande place de la ville. Il y a facilement 4.000 personnes à l’intérieur, malgré la chaleur plus tenace que les climatiseurs. Manifestement issues des couches moyennes ou moyennes supérieures. Et une présence féminine plutôt nombreuse.
“4.000 personnes dans une petite ville, c’est beaucoup. C’est toute la ville ou presque“, affirme un membre du bureau politique. Il évoque une “montée en puissance du parti, une participation nombreuse et féminine dans les derniers meetings tenus, notamment Nador, Azilal et Fquih Ben Salah“.
Le RNI revendique aujourd’hui 120.000 adhérents, chacun doté d’une carte à puce reliée à une appli dédiée. L’objectif est d’atteindre 200.000 membres d’ici 2021.
La nouvelle vie du parti a commencé fin 2016. L’année 2017 a été consacrée “à la refondation, à changer les statuts et les structures, organiser le congrès national puis les congrès régionaux“. L’année 2018 et maintenant 2019 sont les années de terrain, où “le discours politique est décliné“.
Le discours en question avait été révélé il y a une année à Agadir. Le document s’appelle “la voie de la confiance“. Le mot “confiance“ est destiné à répliquer aux “populistes de l’autre bord dont le discours ne vise qu’à saper la confiance au sein de la société marocaine“.
Le document qui est la plateforme du parti, insiste sur trois leviers fondamentaux pour améliorer la vie des gens : l’emploi, la santé, l’éducation. Trois domaines dans lesquels le RNI propose sa lecture et ses réformes.
Dans deux ans, le Maroc entamera son année électorale. D’ici là, seuls le PJD, le RNI et l’Istiqlal auront mené un travail régulier sur le terrain. L’Istiqlal est lesté par l’héritage Chabat et par ses propres contradictions, comme on l’a vu dans son discours sur les langues étrangères dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques.
L’Istiqlal considère le PJD comme un concurrent direct et ne veut pas lui abandonner le monopole de l’ancrage traditionaliste. Ce positionnement gène le PJD et peut aider le parti de Allal à récupérer beaucoup d’électeurs mécontents qui avaient choisi le vote sanction contre Chabat.
Le RNI, lui, a un positionnement de démocratie sociale.
A ce stade, les élections de 2021 seront un match PJD-RNI, avec un gros outsider qu’est l’Istiqlal. Mais d’ici 2021, les choses pourront changer. On est encore trop loin du vote et aucune position n’est figée.
En plus du trio de tête, trois autres partis continueront à exister sur le terrain, d’une manière certaine : USFP, MP et PAM. Deux partis resteront des formations d’appoint : l’UC et le PPS.
A Dakhla, Akhannouch a évoqué l’emploi. Il a promis que d’ici trois ans, le taux de chômage de la région baissera de 4 points, pour descendre à 6%. Il a rappelé trois projets en cours de création, avec au total 16.500 emplois à la clé dans un horizon de trois ans au maximum: 5.000 hectares irrigués par le dessalement d’eau de mer (10.000 emplois), aquaculture (2.500 emplois) et usines de transformation de produits de la pêche (4.000 emplois).
Ses deux autres messages concernent le blocage du projet de loi-cadre sur l’éducation, toujours en commission parlementaire, à cause d’un article autorisant l’enseignement des matières scientifiques et techniques dans différentes langues y compris étrangères. Akhannouch accuse ceux qui bloquent cet article de le faire pour des raisons purement idéologiques tout en inscrivant leurs enfants dans des écoles bilingues ou trilingues.
Son second message, c’est que les différentes mesures en faveur des couches précaires et de lutte contre la pauvreté et les inégalités, relèvent du Roi Mohammed VI : INDH, Tayssir, couverture sociale des pêcheurs, Fonds de cohésion sociale, aide aux veuves et le prochain registre social unifié qui sera prêt fin 2019. Mesures qui bénéficieront aux Marocains ciblés selon des critères précis et sans tenir compte de leur vote.
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