Au Maroc, le stress hydrique est situé entre 25% et 70% (ONU)
Selon le nouveau rapport mondial de l'ONU sur la mise en valeur des ressources en eau en 2019, le Maroc est confronté au stress hydrique. La région arabe est la plus touchée au monde.
Les tendances énoncées par l'ONU indiquent que, malgré les progrès réalisés dans divers secteurs depuis le début du millénaire, beaucoup reste à faire afin d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) de "ne laisser personne pour compte".
L’utilisation de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années 1980. Cette augmentation régulière résulte principalement de la hausse de la demande dans les pays en développement et les économies émergentes (même si l’utilisation de l’eau par habitant dans la majorité de ces pays reste très inférieure à celle des pays développés, ils commencent tout juste à combler leur retard). Elle est alimentée par la croissance démographique, associée au développement socioéconomique et à l’évolution des modes de consommation.
L’agriculture (y compris l’irrigation, l’élevage et l’aquaculture) est de loin le plus grand consommateur de ressources en eau, puisqu’elle est à l’origine de 69% des prélèvements annuels d’eau dans le monde, contre 19% pour l’industrie (y compris la production d’électricité) et 12% pour les ménages.
La demande mondiale en eau devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2050, soit 20% à 30% de plus que le niveau actuel. Une grande partie de cette croissance sera imputée à une demande croissante de l’industrie et des ménages. La part de l’agriculture dans l’utilisation totale de l’eau devrait donc diminuer par rapport à d’autres secteurs, mais elle restera le plus gros utilisateur global au cours des prochaines décennies, tant en terme de prélèvement que de consommation.
Selon le nouveau rapport 2019 de l'ONU, plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique physique élevé.
Bien qu’au niveau mondial le stress hydrique ne se situe qu’à 11%, 31 pays sont confrontés à un stress hydrique compris entre 25% (soit le seuil minimal de stress hydrique), et 70%, dont le Maroc.
Dans 22 pays, le stress hydrique est supérieur à 70%.
Le stress hydrique physique désigne ici le rapport entre la quantité totale d’eau douce prélevée annuellement par tous les grands secteurs, y compris les besoins environnementaux en eau, et la quantité totale de ressources renouvelables en eau douce. Il est exprimé en pourcentage.
L’augmentation du stress hydrique traduit donc une utilisation considérable des ressources en eau, comportant des répercussions plus lourdes sur la durabilité des ressources, ainsi qu’un risque accru de conflits entre les utilisateurs.
La région arabe est la plus touchée au monde
Selon l'ONU, la région arabe est la plus touchée par le stress hydrique au monde. Les ressources renouvelables totales du monde en eau s’élèvent à une moyenne de 7.453 m3 par an et par habitant, tandis qu’elles s’élèvent seulement à 736 m3 par habitant et par an dans la région arabe, selon les dernières données disponibles.
La pénurie d’eau, par personne, s’intensifie, et continuera de l'être avec la croissance démographique et les changements climatiques.
Ces tendances ont contribué à l’appauvrissement des nappes phréatiques, à la perte de terres arables pour la production agricole, et au déplacement de personnes lorsque les ressources en eau étaient insuffisantes pour permettre la santé, le bien-être et les moyens de subsistance.
Dans l’ensemble de la région arabe en 2015, 51 millions de personnes (9% de la population totale) n’avaient pas accès à des services élémentaires d’eau potable, et 73% d’entre eux vivaient en milieu rural.
Les pays les moins avancés (PMA) de la région arabe souffrent du plus grand déséquilibre d’équité en ce qui concerne l’accès aux services élémentaires d’approvisionnement en eau et d’assainissement, en particulier en milieu rural.
En Mauritanie, 86% de la population urbaine a accès aux services élémentaires d’eau potable, contre seulement 45% en milieu rural. Il existe également des disparités dans l’accès rural et urbain aux services élémentaires d’eau potable au Yémen (85% en milieu urbain, 63% en milieu rural) et au Soudan (73% en milieu urbain, 51% en milieu rural) en 2015, et elles se sont sans doute aggravées depuis au vu des conflits continus.
La situation ne se limite toutefois pas aux PMA. Au Maroc, l’accès aux services élémentaires d’eau en milieu urbain atteint 96%, contre seulement 65% dans les zones rurales du pays.

Proportion de la population utilisant des services d’eau gérés en toute sécurité, limités, non améliorés, ou d’eaux de surface, 2015
Lire aussi: Accès à l'eau potable: l'ONU dresse le bilan des oubliés
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