Formation professionnelle : lorsque le public dépasse le privé.
D’après les chiffres de la fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP), l’effectif des inscrits a baissé de 20.000 en 13 ans, se situant actuellement à 65.000 étudiants. Victime, selon la même source, de l’absence de coordination entre le privé et l’OFPPT. Qu’en est-il vraiment ?
La formation professionnelle privée s’en sort mal au Maroc.
La baisse des effectifs dans les centres de formation privés inquiète Abdeslam Benhara, le président de la FMEP. Selon lui, la fermeture de 300 établissements privés est motivée par le fait que le secteur compte 50% des sièges pédagogiques vacants, en plus de l’absence de l’encouragement et de l’orientation dans le secteur.
Parallèlement, le secteur public connaît un essor considérable. En effet, l’Office de formation professionnelle a proposé une offre de 310.000 places au titre de l’année 2012/2013.
Pour Larbi Bencheikh, directeur général de l’OFPPT, il y a un seul mot d’ordre : la compétitivité. « Nous proposons des formations solides et adaptées à la demande du marché, et ce dans plusieurs domaines, le dernier en date concerne les métiers de l’aéronautique. Le public nous reconnaît notre rigueur car, au-delà de la formation, nous assurons le suivi des étudiants formés,» nous confie le DG de l’OFPPT, sans manquer de préciser que « même avec la grande capacité d’accueil des centres, la demande reste supérieure à l’offre. »
Par ailleurs, et concernant l’absence de coordination, notre source préfère n’émettre aucun commentaire, et nous renvoie vers le ministère de tutelle, en charge de la formation professionnelle.
Nous avons donc pris contact avec Driss El Yacoubi, chef de la direction de la coordination pédagogique au sein du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle. Ce dernier n’a pas manqué de mettre l’accent sur l’autonomie administrative de l’OFPPT qui « dispose d’un conseil d’administration composé de représentants de l’Etat, d’entreprises et des syndicats, ce qui lui assure une autonomie de gestion» et pointe du doigt le principal souci des établissements de formation privés : «la fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé réclame une répartition des filières entre l’office et les établissements privés. Mais ce n’est absolument pas possible ; le Maroc n’évolue pas dans une économie dirigée, il ne peut donc pas y avoir aucune exclusivité pour le secteur privé».
Au-delà de la qualité de la formation, sa gratuité reste le principal atout. Dans ce sens, et afin de réguler le secteur de la formation professionnelle, le ministère a mis en place un programme d’encouragement du secteur privé, en appuyant, financièrement, les étudiants souhaitant intégrer les centres de formations privés. Ainsi, le tiers du prix de la formation est versé aux établissements privés, partie financée par le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle.
Au final, et afin boucler la boucle, nous avons essayé de joindre la FMEP, par téléphone, pour en savoir davantage sur les effets des mesures ministérielles d’encouragement, mais en vain. On peut dire qu’ils ont perdu le fil… du moins au standard.
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