Desertec : conférence de la dernière chance au Maroc
Les collaborateurs du projet Desertec se réunissent les 30 et 31 octobre prochains à Skhirat avec pour objectif de relier les réseaux électriques de l'Europe et de la région MENA. Pourtant, les récents retraits de certains partenaires ont suscité l'inquiétude des professionnels sur sa viabilité.
Le projet Desertec repose sur l'idée qu'un km2 de désert reçoit annuellement une énergie solaire équivalent à 1,5 million de barils de pétrole. Né de l'initiative de la branche allemande du Club de Rome, le projet a séduit de nombreux organismes, entreprises et centres de recherche de par le monde.
Mais des divergences de gouvernance ont mis Desertec au point mort, si bien que la fondation Desertec, une ONG créée en 2009 pour chapeauter le projet, a annoncé son retrait officiel le 1er juillet dernier.
Dii (Desertec industrial initiative), consortium industriel basé à Munich et à l'origine du projet, a accepté d'éclaircir la conjoncture actuelle.
Déjà les retraits de Siemens et Bosch du tour de table en 2012 avaient été annonciateur d'une panne stratégique dans le projet Desertec. “Certains de nos collaborateurs avaient initialement prévu de se joindre à nous pour une période de 2 ans ; c'est le cas de Siemens et Bosch”, explique Noëlie Vegas, attachée de presse auprès de Dii.
“Quant au retrait de la fondation Desertec, qui était actionnaire et cofondatrice du projet, il a été décidé par souci de neutralité puisqu'il s'agit d'une ONG. Il n'a d'ailleurs pas d'impact sur notre travail quotidien”.
Le retrait de l’ONG cofondatrice du projet n’aurait aucun impact sur la marche du projet
Dii met en avant les nombreux partenariats conclus récemment, notamment avec les Saoudiens ACWA Power ou encore avec la compagnie nationale algérienne Sonalgaz.
“Le consortium a été prolongé lors de la dernière réunion ordinaire qui s'est tenue en septembre”, ajoute Mme Vegas. “L'objectif de cette quatrième conférence internationale de Dii à Skhirat est de réunir tous nos partenaires et étudier ensemble la pertinence économique des différents projets élaborés ou en cours d'élaboration”.
Dii a en effet lancé un projet de financement pour attirer les entreprises de taille moyenne, qui allouera un budget de 50 millions d'euros pour développer une vingtaine de projets de 2 à 5 gigawatts. L'attachée de presse précise également que la feuille de route décidée en juin dernier et les recommandations fixées par le consortium, seront discutées lors de la conférence de Skhirat. Elle tient également à rappeler que le consortium ne finance aucun projet directement : “Dii joue le rôle de facilitateur entre les collaborateurs, qui eux, participent à hauteur de 130 000 euros par an et disposent du même droit de vote”.
Les 19 actionnaires principaux et 17 partenaires associés ne comptent d'ailleurs pas uniquement des entreprises allemandes. Le MASEN (Agence Marocaine pour l'Energie solaire) dirigé par Mustapha Bakkoury, ou encore Leoni, l'industriel du câble électrique qui a rejoint le projet durant l'été 2012, ou encore Ismia en mai dernier, une entreprise marocaine de formation, comptent parmi les acteurs marocains phares du projet. Il faudra attendre la fin du mois pour que les différents collaborateurs du projet puissent s'entendre sur les projets à mener.
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