A Alger, les cinéastes marocains chaleureusement accueillis
Le Maroc a remporté la majorité des prix du Festival d’Alger du cinéma maghrébin. Mohamed El-Aboudi, Yassine Marco Marroccu, Jalila Tlemci, Noureddine Lakhmari, Nabil Ayouch et Omar Mouldouira ont tous été récompensés.
Le cinéma marocain crève l’écran à Alger. Sur les 35 documentaires, courts et longs métrages projetés à la salle Mouggar et à la cinémathèque algérienne du 3 au 8 novembre, six films marocains ont brillé de mille feux.
«C’est un festival indépendant et non télécommandé organisé par des gens du métier, nous avons donc largement mérité ces prix. Sinon, l’ambiance était excellente, on a été chouchouté par le public d’Alger. Il y a également eu des connexions intéressantes entre les personnes présentes», nous confie Yassine Marco Marroccu, réalisateur marocain qui a remporté l’Amaya d’or du court métrage pour Entropya.
Son film qui dure 24 minutes a été tourné en 24 heures. « Le film a été tourné en une séquence. Amal Ayouch et Driss Khoukhe ont accepté de relever ce challenge. Et ils ont assuré », poursuit-il. Son film a été sélectionné au festival du film de Dubaï et sera projeté fin novembre à l’Institut du monde arabe.
Outre ce prix, le très convoité Amayas d’or du meilleur film a été décerné à Nabil Ayouch pour Les Chevaux de Dieu (1h55). Film choc qui parle de l'embrigadement de jeunes Marocains par les islamistes radicaux, il aborde la question du terrorisme via le prisme des attentats de Casablanca en 2003. Le réalisateur (45 ans), capte le basculement des jeunes du bidonville de Sidi Moumen vers le fanatisme religieux et les attentats suicides, dans un réalisme saisissant mais une écriture quelque peu schématique.
Nabil Ayouch a déjà été doublement primé à Alexandrie ; il a surtout été choisi par le Centre cinématographique marocain (CCM) pour concourir aux Oscars 2014.
Le prix du meilleur documentaire a été décerné Mohamed El Aboudi pour Femmes hors la loi, une production maroco-finlandaise épurée sur le refus de la résignation, à travers les péripéties de Hind, 22 ans, fille d’un dealer chassée de chez elle à 14 ans parce qu’elle a été violée, mais qui rêve pourtant d’un avenir plus radieux.
Le prix du meilleur scénario a été attribué à Noureddine Lakhmari pour son troisième long métrage Zéro. Avec pour principal thème la rédemption, ce film raconte l’histoire d’un policier looser en perpétuelle confrontation avec un père handicapé, imputant toutes ses frustrations et haines à son fils.
Ce film, inspiré (à la limite du plagiat) de certaines scènes de Scorsese et de Brian de Palma, a déjà remporté de nombreux prix.
Le prix spécial du jury dans la section documentaire est revenu à Omar Mouldouira pour Marjelle (29 min), film franco-marocain qui relate la vie d’un garçon de 7 ans qui se débat avec ses peurs d’enfant et son désir pressant d’être un homme. Il a été diffusé sur France 2 dans l'émission « Histoires Courtes ».
Le prix de la meilleure actrice a été décerné à Jalila Tlemci pour sa performance dans le film Androman d’Azlarabe Alaoui, une fiction de 96 minutes qui raconte la vie d’un charbonnier vivant dans une province reculée au pied de l’Atlas, et qui, privé de garçon, décide de changer sa fille aînée en garçon. Un synopsis qui rappelle celui de L'enfant de sable, de Tahar Ben Jelloun.
Au total, ces 6 distinctions font du Maroc le pays le plus primé de cette première édition du festival maghrébin du cinéma à Alger.
Palmarès complet :
- Prix d’interprétation féminine : Jalila Tlemci dans « Androman » d’Azlarabe Alaoui (Maroc)
- Prix d’interprétation masculine : Khaled Benaïssa dans « le Repenti » de Merzak Allouache (Algérie)
- Prix du meilleur scénario : « Zéro » de Noureddine Lakhmari, (Maroc)
- Prix Spécial Jury longs-métrages fiction : « Le Professeur » de Mahmoud Ben Mahmoud (Tunisie)
- Amayas d’or : « Les Chevaux de Dieu », Nabil Ayouch (Maroc)
Courts métrages :
- Mention spéciale : « Margelle » Omar Mouldouira, Maroc
- Mention spéciale : « Iminig » Menad Embarek, Algérie
- Prix du Jury : « Les Souliers de l’Aïd » Anis Lassoued (Tunisie)
- Amayas d’or : « Antropya » Yassine Marco Maroccu (Maroc)
Documentaires :
- Prix spécial Jury Documentaire : « El Oued El Oued », Abdenour Zahazah
- Prix de la meilleure recherche documentaire : « Maudit soit le phosphate », Sami Tlili (Tunisie).
- Le Grand prix du documentaire du Festival d’Alger du cinéma maghrébin : « Femmes hors la loi » de Mohamed El Aboudi (Maroc)
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.