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Le PJD fait le point: Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes

Lors du Conseil national du PJD, tenu les 28 et 29 décembre à Salé, Abdelilah Benkirane et Saâd Eddine El Othmani sont apparus plus unis que jamais dans une cérémonie qui a viré à l’autocongratulation.

Le PJD fait le point: Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
Samir El Ouardighi
Le 30 décembre 2013 à 19h16 | Modifié 30 décembre 2013 à 19h16

Ils ont démenti toute rumeur de querelles intestines et il semblerait qu’en apparence, ceux qui tablaient sur des dissensions internes avaient tout faux.

 

L’unanimité était de rigueur au complexe Moulay Rachid de Salé qui accueillait le 1er Conseil national du PJD post-remaniement ministériel.

Le face-à-face tant attendu par les observateurs entre les deux têtes d’affiche du parti n’aura finalement pas eu lieu contrairement au précédent conseil extraordinaire  où les débats avaient été houleux entre la tendance El Othmani et celle de Benkirane.

Si ce conseil national ordinaire a été marqué par une unanimité de façade, il faut cependant souligner que la journée du samedi a été ouverte à la presse mais que celle de dimanche s’est étrangement tenue à huis-clos.

Deux têtes d’affiche sur la même longueur d’ondes

Le secrétaire général du PJD qui n’a assisté qu’à la 1ère journée de cette grand-messe s’est félicité du «bilan positif» de son gouvernement en assurant que la première étape de son mandat «était réussie».

Il a présenté son rapport politique en assurant que les actions réalisées par son parti ont profité au pays désormais engagé dans une dynamique positive. Cette séance d’autocongratulation a été plutôt bien accueillie par sa base dont certains pensaient qu’elle serait plus critique et moins indulgente sur les réalisations et avancées économique, politique et sociale qui étaient à l’ordre du jour de son allocution... et de son programme.

Sur les critiques qui ont émaillé la crise de l’ancienne majorité gouvernementale, Benkirane a affirmé que les choses étaient désormais calées car sa nouvelle majorité avait su «ranimer l’espoir pour accélérer le processus de réforme».

Il a illustré son propos en citant la bonne gouvernance et l’amélioration des indicateurs socio-économiques à mettre au crédit de son action gouvernementale. Les grands chantiers à venir seraient le parachèvement des réformes de la justice, des caisses de retraite et de compensation. Toutefois, il s’est ménagé une défense au cas où il ne pourrait pas réaliser correctement ses promesses électorales en affirmant «rester fidèle à l'agenda des réformes prévues mais si par malheur, nous ne pouvons pas, les Marocains seront compréhensifs car ils savent que nous sommes crédibles». Une déclaration étonnante qui semble ménager l’avenir de ses promesses électorales.

Le président du Conseil national Saâd Edinne El Othmani s’est joint au concert de louanges en indiquant que le Maroc est épargné par la crise économique qui sévit dans les pays du nord et ne fait pas face aux mêmes défis politiques et sécuritaires auquel est confrontée la scène internationale.

A l’en croire, cela serait du à la bonne conduite des affaires de l’Etat par le gouvernement conduit par son parti. L’ancien ministre des Affaires étrangères en a profité pour démentir "les allégations faisant état de dissidences à l'intérieur du parti".

Le PJD connaît une dynamique interne saine car tous ses membres sont "conscients des enjeux de la conjoncture politique actuelle et des attentes du peuple marocain". Il n’y aurait donc pas de courant critique au PJD alors qu’il est notoire qu’il en est un chef de file.

Médias 24 en a profité pour interroger les dirigeants PJD sur plusieurs dossiers ou polémiques en cours.

Les mots du PJD en coulisses

Interrogé à ce propos, Saâd Eddine El Othmani tient d’emblée à rassurer et démentir le clash avec Benkirane tant attendu par nombre d’observateurs. Tout sourire, il nous assure que ce conseil national a été seulement l’occasion de faire le point sur l’action gouvernementale du SG et non le procès de ce dernier.

Il semblerait donc que les réponses du chef de l’exécutif ont pleinement rassuré le président du conseil national ainsi que la base du parti. Il est vrai que les débats ont été consensuels et aucune passe d’armes n’a été relevée. Il est cependant étonnant que la 2e journée du conseil national se soit tenue pour la 1ère fois de son histoire à huis clos.

Lahcen Daoudi, ministre de l’enseignement supérieur, a tenu à minimiser les déclarations fracassantes de Hamid Chabat visant Benkirane en nous assurant que c’était de bonne guerre. Il affirme que du temps où le PJD était dans l’opposition, son parti était tout aussi vindicatif mais que l’exercice du pouvoir rend pragmatique. "Le retrait de l'Istiqlal était une tentative méthodique visant à renverser le gouvernement mais nous ne sommes pas rancuniers car la démocratie rend nécessaire l’existence d’une opposition forte".

Idriss Azami El Idrissi, ministre du budget, nous déclare quant à lui que si la loi de Finances 2014 a été adoptée en 2e lecture à la chambre des députés, le budget 2014 n’a pas pu être promulgué car le recours introduit par l’opposition auprès du Conseil Constitutionnel a un effet suspensif. Il est cependant optimiste sur la fin de non-recevoir que devrait décider le conseil éponyme et pense que la décision finale devrait être rendue dans les 48 heures.

Mustapha El Khalfi, ministre de la communication, a tenu à nous entretenir du nouveau code de la presse qui devrait permettre «très vite» aux journalistes de la presse électronique d’avoir un statut officiel. A la question de savoir qu’en est-il du code numérique et de sa nature liberticide tant décriée, il assure que la balle est dans le camp de son collègue ministre de l’économie numérique Moulay Hafed El Alamy qui aurait décidé de prendre en compte les griefs de ses détracteurs.

Abdelali Hamieddine, vice-président du Conseil national, interrogé sur la récente démission de 10 membres du parti dans la ville de Hoceima avance que ce sont juste des problèmes locaux qui auraient motivé leur décision et que ce ne sont pas des figures du parti qui ont démissionné.

Tous nos interlocuteurs interrogés étaient étrangement laudateurs sur le bilan gouvernemental en coupant court à toutes les spéculations sur de prétendues dissensions internes.

S’ils ont tous tenté de nous prendre à témoin, il faut souligner que si les hostilités n’ont pas eu lieu au cours des débats publics, il apparaît possible que cela ait été le cas lors de la réunion fermée à la presse.

Pour faire court, en apparence, «tout le monde au sein du PJD, il est beau il est gentil et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes».


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Samir El Ouardighi
Le 30 décembre 2013 à 19h16

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