Prière du vendredi : Mohamed Fizazi appelle à la gratitude et à la mesure
C’est une prière du vendredi remarquée qu’a abritée ce 28 mars la mosquée Tarik Ibnou Zyad de Tanger. Mohamed Fizazi a vanté les mérites de la gratitude et de la mesure et souligné que la politique menée par le Souverain est source de «sécurité et de stabilité ».
Lors de son prêche, Mohamed Fizazi a notamment traité «des bienfaits de quiétude et de stabilité dont le Très Puissant a comblé la communauté des croyants, en la dotant des biens de subsistance nécessaires et en la mettant à l’abri de la crainte».
Dans ce verset, a dit l’imam, le Tout-puissant rappelle à la tribu de Qoraich, dont descend le prophète Sidna Mohammed, la bienveillance dont il l’entoure à travers les deux voyages (d’hiver et d’été) qu’elle effectuait tous les ans et qui s’apparentaient à de véritables marches de développement économique et social, en jetant ainsi des passerelles de communication et d’échanges commerciaux avec son environnement au nord et au sud, en vue de s’approprier ses biens de subsistance et de s’assurer une vie digne.
Ce verset énumère deux bienfaits de Dieu envers la tribu des Qoraich: celui de l’avoir nourrie contre la faim et celui de l’avoir rassurée contre la crainte. L’imam a relevé l’importance cruciale de ces deux bienfaits pour les humains, ajoutant qu’à la faveur de la quiétude et de la stabilité, se raffermit la foi, se consolident et se fructifient les bons rapports au sein de la communauté.
Il a noté que le Roi Mohammed VI, protecteur de la foi, ne cesse d’entreprendre des démarches et de lancer les grands projets pour réunir les conditions idoines à ces deux bienfaits: celui de la quiétude vis-à-vis de la sécurité des gens quant à leur intégrité physique et morale contre toute agression ou atteinte aux fondamentaux et aux constantes religieuses et aux valeurs éthiques de la oumma, et celui, non moins important, de la stabilité qui favorise la cohabitation entre les humains et la lutte contre l’ignorance et la pauvreté, en faisant prévaloir les vertus de la solidarité et de l’entraide .
En se prémunissant contre l’ignorance et la pauvreté, le musulman réunit les conditions de la dévotion sincère à Dieu, a ajouté l’imam, relevant que le Tout-Puissant ne peut perpétuer ses bienfaits sur les humains que si ces derniers lui en rendent grâce en contrepartie. «Pour ce faire, a indiqué l’imam, les humains doivent se conformer scrupuleusement aux recommandations divines en observant ce que Dieu a prescrit et en s’abstenant de ce qu’il a prohibé».
Rendre grâce à Dieu passe inéluctablement par la reconnaissance du bienfaiteur à travers lequel les bienfaits de Dieu parviennent et se perpétuent sur ses créatures, a ajouté l'imam, observant que l'un des fléaux de cette époque est le peu de grâce rendu à Dieu pour ses bienfaits et le peu de bienséance qui caractérise les relations entre les humains, notamment envers ceux qui veillent sur leur bien-être et leur quiétude.
L'imam a expliqué que «l'une des manifestations de ce fléau a trait à la recrudescence de la haine entre les gens, qui omettent de s'en remettre à Dieu, d'observer la mesure dans la revendication des droits ou de se soustraire aux devoirs», estimant que «la lutte contre ce fléau engage les érudits à déployer tous leurs efforts afin d'expliquer aux fidèles la relation entre droits et devoirs».
L’importance du prêche de ce vendredi par Mohamed Fizazi tient notamment au fait qu’après avoir été surnommé «l’émir des salafistes», il fut arrêté au lendemain des attentats du 16 mai 2003 de Casablanca et condamné à 30 ans de prison pour son influence sur la mouvance jihadiste. Fizazi sera ensuite libéré en avril 2011, quelques semaines après les manifestations du 20 février de la même année mais aussi quelques semaines avant le dramatique attentat du café Argana sur la place Jamaâ El Fna de Marrakech qui avait coûté la vie à près de 20 Marocains et étrangers.
La libération de Fizazi était intervenue suite à une recommandation du Conseil national des droits de l’homme, CNDH. Si Mohamed Fizazi a profondément évolué sur le plan politique, rejetant tout recours à la violence et toute forme de contestation politique violente, il reste un conservateur acharné, mais selon les critères de la société marocaine relativement mainstream, du mariage des filles mineurs ou de la charia en matière d’héritage des femmes.
Le contenu du prêche, auparavant validé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques, aura traité de bout en bout de la problématique du développement économique social, de la sécurité, de la responsabilité des citoyens dans la conduite des affaires publiques et du rôle des intellectuels et des parents dans l’éducation et l’explication des problématiques sociales. Des thèmes, tous, d’une forte actualité sur la région mais également dans tout le pays.
La région de Tanger et du Nord en général, tout en bénéficiant d’importants efforts en matière en matière économique et sociale, n’en connaît pas moins des tensions sociales dans certains domaines, sur les campus universitaires notamment et en matière de sécurité urbaine. Ces tensions, tout en restant contrôlables pour l’instant, n’en ont pas moins connue d’importants développements au cours de ces dernières semaines, ce qui a suscité de légitimes inquiétudes citoyennes.
Au cours de cette visite royale de 10 jours à Tanger qui s’achève demain samedi 29 mars par le lancement d’investissements de plus de 1,1 MMDH à Tanger-Med, le Roi avait cette semaine «zappé» une journée d’activités officielles pour consacrer son temps à la visite de quartiers de la ville, prendre le pouls social et urbain de la ville, seulement accompagné de quelques conseillers et de ses gardes du corps.
(Avec MAP)
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