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Hassan Aourid demande au mouvement amazigh de dépasser les marqueurs linguistiques et ethniques

C’est une prise de position intéressante exprimée par un penseur crédible et audible. Hassan Aourid, amazigh lui-même, demande au mouvement amazigh de sortir de sa singularité et de ses réflexes de solidarité mécanique pour s’inscrire dans une modernité plus large.  

Hassan Aourid demande au mouvement amazigh de dépasser les marqueurs linguistiques et ethniques
N.E.
Le 14 juillet 2014 à 14h40 | Modifié 14 juillet 2014 à 14h40

C’était une conférence-débat, et l’orateur a improvisé. Mais on en parlera pendant longtemps car, dans la vie des idées, elle va marquer son temps.

Hassan Aourid, que l’on ne présente plus, s’exprimait samedi 12 juillet à Agadir au sujet de "l’amazighité après le printemps démocratique". Cela se passait à Universiapolis, université internationale d’Agadir. Hassan Aourid, penseur, arabophone érudit, amazigh de naissance et à un certain moment d’engagement, n’a pas ménagé les mouvements amazighes, marocains et d’Afrique du Nord. Il a proposé d’autres lectures, d’autres postures, d’autres concepts. Passionnant !

Pour reprendre l’essentiel de ces idées :

- Il y a une recrudescence des revendications sociales et politiques de la part des mouvements amazighs, à l’échelle locale et régionale, jusqu’à la Libye (berbères de Jebel Nefoussa) et aux Touaregs. On se doit donc de reconnaître la dimension politique de ces revendications, mais celle-ci doit être canalisée.

- Le mouvement amazigh doit sortir des marqueurs identitaires comme la langue ou l’ethnie. Il doit exprimer une vision du monde. Pour cela, il doit répondre à des impératifs, dont :

            a. Etre fidèle à la conscience historique, intégrer toutes les données historiques ;

            b. S’insérer dans l’aventure humaine, la modernité. Réfléchir et agir selon les valeurs universelles de notre temps telles que démocratie, justice, raison.

- Le passage du culturel au politique impose de nouvelles règles. Il faut sortir des solidarités mécaniques sur la base de la culture et des marqueurs identitaires, pour aller vers une solidarité basée sur les valeurs. L’amazighité ne doit pas agir et s’inscrire dans sa singularité mais en tant que composante humaine, dans une communauté des valeurs humaines partagées.

- De ce fait, Hassan Aourid propose une nouvelle définition de l’amazighité qui est le rapport au sol, plutôt que les marqueurs identitaires linguistiques et ethniques. Il faut dépasser la phase du folklore, il faut aller bien plus loin et s’inscrire dans les valeurs universelles partagées par l’humanité.

- Hassan Aourid évoque l’unité de l’Afrique du Nord, pour laquelle il propose la nouvelle appellation, séduisante, d’Afrique mineure, en d’autres termes une Afrique miniature puisque c’est cette région qui a donné son nom à tout le continent.

- Enfin, il relève la recrudescence de mouvements "moyenâgeux". Un mouvement amazigh inséré dans la défense des valeurs universelles peut être une sorte d’antidote à ces velléités réactionnaires et il porte à cet égard une responsabilité historique.

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N.E.
Le 14 juillet 2014 à 14h40

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