Mehdi Bensaid: “Je rends hommage à toutes les plumes libres”
Devant le Parlement européen, Mehdi Bensaïd a eu des paroles courageuses et lucides. Sa condamnation de la violence est sans ambiguïté.
Invité à s’exprimer cette semaine à Strasbourg au Conseil de l’Europe à Strasbourg, le député du PAM et président de la commission des Affaires étrangères du parlement marocain a fustigé « les crimes perpétrés au nom de la haine ».
Le Conseil de l’Europe est un organe consultatif européen qui regroupe des élus de 49 Etats européens dont la Turquie et la Russie. Les élus des pays voisins de l’Europe sont régulièrement invités à s’exprimer et/ou à participer aux travaux de l’assemblée. Celle-ci dispose d’un fort pouvoir d’influence sur les gouvernements européens.
Dans son intervention, M. Bensaïd a choisi dès sa première phrase le pari de la clarté : « Je tiens d’abord à rendre hommage à toutes les plumes libres, les victimes du terrorisme où qu’ils soient. Les crimes perpétrés au nom de la haine ne sauraient être justifiés, ni excusés », a-t-il affirmé avec force, dans une claire allusion aux journalistes, aux policiers et aux clients de l’Hyper casher froidement assassinés à Paris les 7 et 9 janvier derniers.
Bensaïd est l’un des rares hommes politiques marocains à condamner la violence sans ambiguïté et sans sortir une théorie ou la « justifier » par l’offense des caricatures.
Bensaïd a rappelé « l’année 2015 qui débute au sceau du fanatisme et de la barbarie », citant les massacres perpétrés par Boko Haram au Nigéria au nom de l’islam et les crimes de guerres en Syrie et en Irak.
La violence, le terrorisme, « baraka »
L’autre partie de l’intervention de Mehdi Bensaïd a porté sur « quelle réponse la démocratie peut-elle donner pour endiguer le mal ? »
Relevant que « les foyers de terrorisme se multiplient et s’atomisent » Mehdi Bensaïd note que « tout citoyen peut subir un endoctrinement jihadiste sans avoir à quitter son salon, sans qu’il n’ait eu un seul contact direct avec des groupes ou des cellules organisés ».
« Que peut la société devant un individu qui cherche à mourir ? Que peut la répression devant le fanatisme, s’est interrogé le député marocain.
Les positions et interrogations exprimées par Bensaïd à Strasbourg cette semaine sont d’autant plus remarquables que la classe politique marocaine a réagi « sans grande colère » aux attentats qui ont endeuillé Paris les 7 et 9 janvier derniers.
Au-delà des condamnations « d’usage » d’actes qui ont décimé une rédaction de presse, envoyé au trépas deux agents de police –dont l’un musulman et d’origine marocaine- et des citoyens Français juifs, car juifs, l’accent était aussi souvent mis sur l’offense représentée par les caricatures.
Comme si une rafale de kalachnikov était une réponse « compréhensible », justifiable aux coups de crayons de dessinateurs impertinents, créatifs, libres penseurs. C’est peut-être aussi là que se situe dans la société marocaine un basculement de valeurs qui n’est pas très positif. La valeur de la vie, son respect et sa sacralité restent à conquérir.
Mehdi Bensaïd ne semble pas naïf lorsqu’il aborde le thème des causes dans son discours. « Sans être sa source exclusive, dit-il devant les élus de 49 nations, le terrorisme puise aujourd’hui ses ressources dans un fanatisme religieux né dans les travers de l’exclusion, de la stigmatisation et du désespoir ».
Pédagogue, universaliste et Marocain musulman, il a conclu en rappelant ce que dit le coran : « Quiconque tuerait une personne, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ; et quiconque fait don de sa vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes ».
Mercredi dernier à Strasbourg, on peut affirmer que le président de la commission des Affaires étrangères du parlement marocain a dignement représenté le visage du Maroc. Face à des élus de 47 nations, de l’Atlantique à l’Oural.
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