Les Marocains apprécient de plus en plus la politique sociale du gouvernement
Le baromètre politique Tizi/Averty révèle aussi que la majorité et l’opposition profitent d’une meilleure opinion de la part des sondés.
Pour commencer, campons, pêle-mêle, les éléments du décor dans lequel le dernier baromètre politique Tizi/Averty a été réalisé en janvier 2015.
Le Chef du gouvernement se rétablit lentement du décès d’Abdellah Baha, survenu le 7 décembre. L'amnistie des changes, entamée quelques mois auparavant, commence à porter ses fruits. Le dialogue social, gelé depuis plusieurs mois, devait reprendre bientôt. Le décret relatif à l'aide directe aux veuves a été publié au bulletin officiel. La baisse des prix de 98 médicaments est effective. La période est aussi marqué par l’examen très médiatisé du projet de loi sur le travail domestique par le parlement et le limogeage de Mohamed Ouzzine, après le "scandale de la raclette" au Mundialito.
Dans la sphère partisane: majorité et opposition ont enterré, le temps d'un dialogue, leurs désaccords pour examiner les projets de lois organiques relatifs à la région, la commune et la province, offrant l'image d'une sphère politique unie, ouverte à la concertation et consciente des enjeux. Les chefs des partis ont également réduit le nombre de leurs sorties et ont fait preuve d'une plus grande retenue, après le décès d’Abdellah Baha. Les débats politiciens ont laissé place à des débats techniques, pendant l'examen de la loi des Finances de 2015.
Les leçons à tirer de ce baromètre politique:
-Le sud n'en veut pas (beaucoup) au gouvernement pour les dégâts des inondations. Malgré les inondations, la confiance envers le gouvernement, dans les régions du sud, a progressé de 6% en janvier 2015, atteignant ainsi 61%, contre 42% en juillet 2014.
-La perception de la politique sociale tend à s'améliorer. La politique sociale a, elle aussi, été jugée meilleure (par 49% des sondés en janvier 2015, contre 42% en juillet 2014), à quelques semaines de l'activation de l'aide directe aux veuves. La tranche d'âge de +55 ans, pourtant concernée par certaines décisions qualifiées d'impopulaires comme la réforme des retraites, a vu sa confiance dans le gouvernement progresser de 5% (42% en juillet 2014-47% en janvier 2015). La hausse la plus significative est, en revanche, celle de la confiance des 45-55 ans, qui a grimpé de 29% (35% en juillet 2014-64% en janvier 2015).
-La confiance des différentes CSP dans le gouvernement est presque la même. Le taux de confiance des différentes catégories socio-professionnelles envers le gouvernement tend à se rapprocher. Alors qu'entre juillet 2013 et juillet 2014, hausse de confiance des CSP AB signifiait chute de confiance des CSP E, la donne s'est équilibrée en janvier 2015. Le gouvernement Benkirane aurait-il compris qu'il ne pouvait se contenter d’être, périodiquement, un gouvernement des pauvres ou des riches, mais qu'il devait développer des programmes politiques adressés à la totalité des Marocains ?
-Le champ politique tout entier commence à inspirer confiance. Si Averty estime que "le regain de confiance en la personne du Chef du gouvernement rejaillit positivement sur la confiance envers le gouvernement, le champ politique marocain, et même l'opposition", nous ne pouvons que contester cette thèse de 'l'aura positif', pour lui préférer celle de l'étiolement du partisanisme pendant la période de la réalisation du sondage. Les partis politiques ont eu matière à travailler au parlement, avec la loi de Finances, et ont dû se montrer à la hauteur de l'enjeu, mobilisant ainsi leurs meilleurs économistes pour l'occasion. Enfin, la hausse de la confiance dans la totalité du champ politique (51% en janvier 2015, contre 37% en juillet 2014) doit aussi être vue comme un produit de la rentrée politique et législative, qui était caractérisée par un important activisme politique. Enfin, "l'absence des sorties médiatiques hasardeuses des ténors des partis d'opposition, ce dernier semestre, doit certainement expliquer cette amélioration sensible", note Averty.
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