Le PAM veut se positionner comme la principale voix moderniste au Maroc
Le PAM annonce clairement la couleur: pour les prochaines échéances électorales, il a choisi son positionnement principal. Ce sera la modernité et la lutte contre l’obscurantisme qui selon lui est contenu dans le projet PJD.
Il y avait plusieurs centaines de congressistes, ainsi que des figures connues comme Fatim Zahra Mansouri, la jeune et dynamique mairesse de Marrakech, Fatiha Layadi, Hakim Benchammach, Mustapha Bakoury, le secrétaire général du parti et Aziz Benazzouz, membre du bureau politique et responsable de l’organisation au sein du parti.
Le PAM, c’est l’authenticité et la modernité. Cette fois-ci, il a décliné la modernité, comme antidote aux menaces que véhicule selon lui projet obscurantisme du PJD. Aziz Benazzouz a pilonné le PJD à l’artillerie lourde. Ce n’étaient pas des mots, mais des missiles. Le parallèle a même été établi avec Daech, “un projet qui par le feu et l’épée, menace la jeunesse marocaine“.
C’est par ce positionnement qui du reste est à la fois cohérent et audible, que le PAM va se placer pour les prochaines élections, de 2015 et 2016. Le choix est intelligent. Mâtiné de quelques zestes de discours de gauche, tels que la défense du pouvoir d’achat, il positionne clairement le PAM dans le centre gauche progressiste. Chose que fait de moins en moins le PPS, allié du PJD au gouvernement. Tandis que le grand parti que fut l’USFP souffre de problème de tensions internes et de l’illisibilité de son alliance avec l’Istiqlal, peu progressiste dans le domaine sociétal.
Le PAM compte donc sur une forme de polarisation du paysage politique. Si polarisation il y a, entre conservatismes et progressismes, il aura effectivement préempté la bonne place.
Le reste des critiques exprimées par les orateurs à l’occasion de l’inauguration, c’est un peu du déjà vu, le catalogue des mécontentements et des insuffisances du gouvernement que diffuse régulièrement chaque parti d’opposition. D’ailleurs, les revendications sont parfois contradictoires: comment augmenter à court terme, à la fois la compétitivité des entreprises et les salaires?
Les travaux du congrès constitutif de l'Organisation de la jeunesse du Parti Authenticité et Modernité (PAM) ont donc été lancés, samedi à Rabat, sous le signe "Conscience de la jeunesse face à l'obscurantisme". L’obscurité en question étant, vous l’avez compris, celle que fait régner le parti de Benkirane.
Ce congrès, dont la séance d'ouverture s'est tenue à la salle Ibn Yassin, a poursuivi ses travaux au complexe international Moulay Rachid à Bouznika pour élire les membres du Conseil national de l'Organisation qui à son tour choisira, par la suite, le secrétaire général et le bureau de la Jeunesse.
Le secrétaire général du Parti, Mustafa Bakkoury a accusé l'actuel gouvernement et ceux qui l'ont précédé d’avoir échoué dans l'élaboration de politiques publiques efficientes relatives aux jeunes qui tiennent compte des enjeux stratégiques concernant cette tranche de la population, appelant à remédier à cette situation.
Séance tenante, un document présenté par le comité préparatoire du congrès a fait état de "l'escalade de la tension sociale, la dégringolade du pouvoir d'achat des citoyens, la défaillance du système éducatif public au profit du secteur privé et l'atermoiement de la réforme universitaire", affichant la solidarité "inconditionnelle et sans faille" de la jeunesse du PAM avec les diplômés chômeurs.
Ce document a relevé "la stagnation du tissu économique national, la faiblesse de sa compétitivité, le recul des investissements étrangers, et celui des indicateurs de la croissance interne dans plusieurs domaines vitaux à savoir l'habitat, la santé et l'éducation, en plus de la hausse du taux de chômage parmi les jeunes diplômés, outre l'endettement".
Le représentant de la branche marocaine de l'Union générale des étudiants palestiniens a remercié "le PAM pour ce qu'il a offert à la Palestine", et a évoqué la situation en Palestine, où "les armées de l'occupation nous ont confisqué le droit à la liberté et à l'indépendance". Arturo Jornet Espi, du parti des verts espagnol, a, lui, déclaré que "les quelques kilomètres séparant le Maroc de l'Espagne font que nous devons partager une conscience collective", et a parlé de la crise économique touchant l'Espagne, ainsi que des changements sociétaux survenus chez le voisin du nord, estimant que "les jeunes ne sont pas l'avenir, mais le présent", d'où la nécessité de les voir s'engager pour améliorer la situation présente.
Après 5 ans d'existence, un cadre pour les jeunes
Mohcine Hamdaoui, le président du comité préparatoire du congrès constitutif a expliqué dans son allocution que la chabiba du PAM devait voir le jour en raison "de l'expérience accumulée par les jeunes du parti, durant les 5 ans de son existence".
La décision de créer un cadre pour les jeunes du parti "a été prise durant le congrès national extraordinaire, durant lequel les lois et les chartes du parti ont été révisées, pour passer de l'étape de l'implication des jeunes dans la prise de décision au sein des organes constitutifs du parti, à l'étape où les jeunes auront leur structure parallèle".
Une décision qui déplaît à certains jeunes du PAM, qui "se sont habitués à contribuer, activement, à la vie du PAM au sein même des structures centrales, et qui ont montré des signes de maturité.
La chabiba, si elle n'est pas motivée par la volonté de marginaliser les jeunesses du parti, puisqu'elle constitue un cadre d'expression et d'action, va réduire leur impact sur l'action du parti", confie un jeune PAMiste, qui précise que les parlementaires et les membres des instances exécutives du parti ne pourront pas siéger au sein de la chabiba, ce qui "risque de créer une barrière entre ceux qui endossent des responsabilités au PAM, et les autres, les jeunes en l'occurrence".
Selon Aziz Benazzouz, les jeunes représentent 40% de l’effectif du PAM qu’il estime à 120.000 adhérents. La jeunesse du PAM va donc compter 50.000 membres.
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