La difficile reconquête du Souss par Driss Lachgar
Le sixième congrès régional de l'USFP à Souss-Massa-Daraa s'est déroulé dans un climat de division. Le maire USFP d'Agadir n'y a pas participé, en protestation contre la gestion du parti par Driss Lachgar.
Vendredi 13 mars, le maire USFP d'Agadir Tariq Kabbage a annoncé, lors d'une conférence de presse, que son courant ne participera pas aux travaux du congrès régional.
Le courant de M. Kabbage accuse Driss Lachgar d'avoir "dissout le secrétariat provincial d'Agadir, sans donner d'explications à ce sujet". Tariq Kabbage a, en revanche, insisté sur le fait qu'il "ne mettra pas de bâtons dans les roues de Driss Lachgar, ni ne parasitera le congrès".
Un discours, plusieurs ennemis
Samedi 14 mars, Driss Lachgar se rendait à Agadir. Feu sur Kabbage: "le temps des notables est révolu. Chaque membre du parti, peu importe la classe sociale dont il est issu, peut aujourd'hui occuper un poste de responsabilité", a scandé le premier secrétaire de l'USFP.
La présence de Benkirane à Dcheira, vécue comme un affront par Driss Lachgar, qui croyait verrouiller la région de Souss-Massa-Daraa, a elle aussi eue droit à quelques critiques.
"Le chef du gouvernement mène une campagne électorale bien avant l'heure, assène des promesses qu'il ne tiendra pas, comme toutes ses promesses antérieures".
Il a réitéré sa menace de boycotter les élections et, plus insolite, a demandé au Roi d'intervenir pour "sauver le pays des dérapages du gouvernement". "La voie suivie par le chef du gouvernement est de nature à mener le pays vers l’inconnu", a-t-il estimé, ajoutant que "l’USFP ne saurait permettre au chef du gouvernement d’user de pratiques arbitraires dans notre pays, en l’absence d’une participation effective telle que stipulée par la Constitution, car l’USFP a consenti, de par le passé, de grands sacrifices pour combattre l’arbitraire sous toutes ses formes".
Abdelilah Benkirane a-t-il bénéficié du soutien tacite de Tariq Kabbage, à Dcheira? C'est du moins ce que soupçonnent le premier secrétaire de l'USFP et son entourage, qui estiment qu'il aurait été possible, pour le maire d'Agadir, d'organiser un événement parallèle à même de concurrencer le parti du chef du gouvernement. Tariq Kabbage, qui entretient des liens avec le courant Ouverture et démocratie, n'a jamais caché ses réserves pour l'actuel bureau de l'USFP.
Ennemis de l'intérieur, ennemis de l'extérieur
Si Driss Lachgar ne représente pas, comme un Hamid Chabat, cette opposition tous azimuts qui n'a d'autre programme que celui de s'opposer au gouvernement actuel, le premier secrétaire de l'USFP tombe, lentement mais sûrement, dans une dérive oppositionniste.
La disparition des éléments fondateurs de la pensée USFP de son discours, laissant place à un discours de gauche passablement populiste, vantant le mérite, l’ascension, et les présentant comme étant des nouveautés qu'il a apportées alors qu'elles sont au fondement de l'USFP; l'absence de programme politique clair, et surtout, clairement énoncé; son alliance avec l'Istiqlal, un parti conservateur duquel tout ou presque le sépare, vont certainement affaiblir l'USFP.
Les signes avant-coureurs sont déjà là: plusieurs localités, autrefois USFPéistes, lui ont échappé, 'emportées' par les membres du courant Ouverture et démocratie.
La multiplication de ses adversaires ou ennemis --courant Ouverture et démocratie, notables et figures USFPéistes dissidentes mais non affiliées à un courant-- font que le premier secrétaire de l'USFP adopte, de plus en plus, un discours refermé sur lui-même, présentant ses opposants comme des 'cars marginaux', alors que leur nombre au sein de l'USFP ne cesse de grandir.
La dissolution des secrétariats provinciaux proches du courant Ouverture et démocratie, comme celui d'Agadir, au lieu de négocier avec eux, ne fait que conforter leurs membres dans leur décision de se joindre au courant. La reconstitution de ces secrétariats avec des figures nouvelles, méconnues des électeurs de ces localités, risque de pénaliser l'USFP lors des prochaines élections.
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