Croissance inclusive: le Maroc peut mieux faire
La fondation du Forum Economique Mondial (WEF) vient de publier un rapport de recherche portant sur la croissance et le développement inclusifs à travers le Monde. La lecture des données et des chiffres relatifs au Maroc accorde à celui-ci un bon classement, malgré quelques lacunes. Décryptage.
En effet, le travail derrière ce rapport du WEF vise à relier la croissance économique et l’inclusion sociale de façon à ce que les deux aillent de pair.
L’objectif de ce travail a été la compréhension de la façon avec laquelle chaque pays peut utiliser des incitations politiques, dans le but d’inclure toutes ses couches sociales dans sa poursuite de croissance, sans pour autant atténuer l’incitation à l’investissement ou à l’épargne.
Il s’agit en fait d’accompagner l’accroissement du PIB par une forte amélioration du niveau et la qualité de vie. Ou de répartir les fruits de la croissance d’une manière plus juste ou plus égalitaire.
Pour ce faire, le WEF a utilisé des méthodes rigoureuses, s’appuyant sur une classification économique et une analyse multicritères de 112 pays, pour déceler les principaux champs d’action liés à une croissance inclusive selon chaque pays.
En effet, le rapport a délivré une classification économique en quatre groupes: pays avancés, pays à revenus élevés et moyens, pays à revenus faibles et moyens, et pays à revenus faibles.
En parallèle, 140 indicateurs socio-économiques, répartis en 7 piliers de performance: L’éducation et le développement des compétences, l’emploi et la rémunération du travail, le développement des actifs et de l’entrepreneuriat, l’intermédiation financière des investissements dans l’économie, la corruption et les loyers, les services de base et l’infrastructure, et les transferts fiscaux.
Le Maroc fait partie de la catégorie des 38 pays à revenus faibles et moyens, et donc a fait l’objet d’une analyse pertinente relative aux spécificités de cette catégorie.
Malgré quelques carences, le Maroc a obtenu un classement favorable.
Il est classé troisième dans sa catégorie sur le volet des transferts fiscaux (réglementation fiscale et protection sociale), quatrième sur le volet du développement des actifs et l’entrepreneuriat (propriété de petites entreprises, propriété immobilière et propriété des actifs financiers), et sixième en ce qui concerne les services de base et les infrastructures (infrastructures de base et numériques, infrastructures et services sanitaires).
Enfin, le Maroc est classé 13ème dans le volet de l’intermédiation financière des investissements dans l’économie. Des résultats forts encourageants pour ces quatre piliers, qui témoignent des efforts fournis sur le plan économique.
Cependant, le Maroc a encore du chemin à parcourir sur le plan social. En effet, notre pays n’a pas réalisé un bon score quant aux trois autres piliers, qui se basent sur des considérations sociales. Des efforts restent à entreprendre notamment dans le pilier de l’emploi et de la rémunération du travail (emploi productif et rémunération du travail salarial et non salarial) où le Maroc est classé 27ème.
Cela va de soi pour l’éducation et le développement des compétences (accès, qualité, équité) où le Maroc est classé 24ème, derrière la Tunisie, l’Egypte ou le Ghana.
Sur le volet de la corruption et le loyer (éthique commerciale et politique, concentration des loyers), le Maroc est classé 18ème.
Le Maroc affiche donc des défaillances sociales assez considérables, en parallèle avec des incitations économiques significatives, témoins des réformes économiques dans lesquels le Maroc s’est engagé.
C’est dire que les données révélées par le rapport du WEF présentent une base de travail non négligeable pour l’élaboration d’un plan de croissance plus inclusif de toutes les composantes du pays.
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