Samir. Ce que Cheikh Al Amoudi a proposé à l'Etat
Suite à sa demande, Cheikh Mohamed Al Amoudi, actionnaire de référence de la Samir, a été reçu, jeudi 10 septembre, par trois ministres à Rabat.
Il a proposé de fragmenter le remboursement de sa dette. Les ministres ont refusé un arrangement sur cette base.
Pour s’adjuger les bonnes faveurs de l’Etat marocain, Cheikh Mohamed Al Amoudi, président directeur général de la Samir, doit mettre sur la table plus de 13 milliards de DH.
Ce chiffre représente les dettes et les pénalités exigibles par la douane à date d’aujourd’hui. N’oublions pas, le compteur des pénalités et des majorations tourne toujours.
Au lieu d’allonger un chèque rond, le Cheikh a cherché à gagner du temps en faisant une proposition minorée.
Selon des sources proches du dossier, l’actionnaire de référence de Samir a promis à Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, Mohamed Boussaid, ministre des Finances et à Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur de couper la poire en deux.
Lors de la réunion tenue jeudi 10 septembre au siège du ministère de l’Energie à Rabat, Al Amoudi s’est engagé à injecter 5 milliards de DH d’ici la fin de l’année et 2 milliards de DH au plus tard en juin 2016.
La proposition n’a pas fait mouche et les trois membres du gouvernement sont restés fidèles à leur position de fermeté : le patron de Samir doit régler la totalité de son ardoise pour être pris au sérieux. Surtout que, selon nos sources, Al Amoudi n'était pas clair sur "l'injection" dont il a parlé lors de la réunion avec les ministres. Ces derniers ne semblent pas cerner le sens de l'injection en question: sera-t-elle une augmentation de capital de Samir ou un remboursement de la dette contractée auprès de l'Etat?
Il faut dire aussi que le gouvernement est dans une situation confortable. Selon des sources autorisées, le ministère des Finances n’a pas comptabilisé la dette de Samir dans le poste recettes à pourvoir pour compléter son budget 2015, ni celui à venir pour 2016.
Pour le reste de la dette de Samir, surtout celle contractée auprès des banques nationales et qui se chiffre à 8,5 milliards de DH, Al Amoudi n’a pas encore donné de visibilité, ni au gouvernement et encore moins au marché.
A l'issue du conseil d'administration de Samir, tenu le mardi 8 septembre, le marché n'a pas été plus rassuré qu'avant. Lors de ce conseil auquel ont assisté les commissaires aux comptes et les représentants d'Attijari Finances Corp, Al Amoudi a proposé de réaliser un apport en fonds propre de 10 milliards de DH. D'ailleurs, il a promis de prendre son bâton de pèlerin pour approcher les banques et les membres du gouvernement pour les informer de cette décision et solliciter leur soutien.
Le conseil d'administration de ce vendredi apporte peut être plus de précisions.
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